Précarité : le blues des travailleurs sociaux qui croulent sous l’administratif…

Précarité : le blues des travailleurs sociaux…

Il y a un sérieux malaise nous rappelle le journal Libération.  Hausse des demandes, turnover important, effectifs réduits, travail de moins en moins axé vers l’accompagnement : depuis le premier confinement, les travailleurs sociaux évoquent une situation devenue « ingérable » explique le journaliste Zaid Zouihri. ce n’est pas vraiment nouveau, mais la crise a eu pour conséquence d’amplifier les difficultés.

Dans cette crise sanitaire, le temps est un luxe dont les travailleurs sociaux manquent dans un contexte où le nombre de bénéficiaires du RSA a grimpé de 7,5 % voire bien plus de 10% dans certains Départements. « Dès le premier confinement, les services d’aides sociales ont dû gérer un flot croissant de personnes venues solliciter des aides pour payer leur loyer, avoir des soins d’urgence ou du soutien psychologique. » Plusieurs témoignages sont édifiants. « on voit tous les jours notre action glisser vers de plus en plus d’administratif et de moins en moins de travail social et de contact avec le public. Mon travail ne devrait pas se résumer à cela, je devrais passer plus de temps avec mes jeunes, pour mieux les comprendre et ainsi mieux les orienter. » On comprend bien le malaise effectivement.

Curieusement cet article parle d’un métier dont je ne supposais pas l’existence : une « accompagnatrice sociale » travaille à l’ASE. Tiens, il n’y a pas d’éducateur, d’assistante sociale ou de conseillère ESF. Nous connaissions le terme généraliste de travailleur social. Mais accompagnateur social, voilà qui contribue à rendre encore plus flou nos métiers.  (lire l’article de Libération)

C’est le même sujet ou presque qu’aborde le média social car…

Les assistant(e)s de service social croulent sous « l’administratif »

Pascal Nguyên, journaliste rappelle d’abord qu’une grosse partie du travail des assistants de service social consiste à effectuer des tâches administratives. Ouverture de droits, rédaction de rapports, échanges de mails… La cour est pleine. Ces tâches font partie du travail d’accompagnement, mais elles doivent, autant que possible, ne pas empiéter sur le temps et l’énergie consacrés à la relation avec les usagers.  Or franchement ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Le média social donne la parole à Joran Le Gall le président de l’ANAS. Il travaille dans un service de psychiatrie et évoque sa propre situation. Actuellement la réunion des justificatifs nécessaires à l’octroi d’une aide prévue par un dispositif peut parfois, s’apparenter à un véritable parcours du combattant. Joran Le Gall prend pour exemple une personne qui pouvait bénéficier du fonds solidarité logement ».  Il lui a fallu deux mois pour réunir toutes les pièces du dossier auprès des différents organismes (caisse d’allocations familiales, bailleur…) ». Cela sans compter les informations à croiser à partir de nombreux documents émanant des services fiscaux, de Pôle emploi, de la sécurité sociale, des CAF, des employeurs, des services de cantine ou de transport…  dès lors que l’on intervient de façon globale sur une situation.

Dans de nombreuses situations les travailleurs sociaux naviguent en Absurdie. Ce pays où finalement le but n’est pas d’aider les gens, mais de gérer des documents tous considérés comme plus importants les uns que les autres sans s’intéresser à la situation réelle des demandeurs. D’évidence, la crise ne nous a rien appris ? (lire l’article du Média Social)

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Photo créée par wayhomestudio – fr.freepik.com

 

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Une réponse

  1. L’autonomie des personnes est de plus en plus limitée car la plupart des administrations ne les reçoivent plus ou au compte goutte! De ce fait, ils viennent nous voir…leur sentiment de honte est accru..Déjà, alors qu ils savent lire et écrire le français, ont accès à internet..rien n’avance..alors, les autres personnes …le travail en partenariat est complexifié…notamment avec le télétravail.. Notre énergie et notre temps passe désormais à résoudre des problèmes notamment CAF aïens..au détriment de l’écoute et du temps passé avec l’usager…

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