Les foyers pour enfants, comme les éoliennes / Travail social en manque de moyens / Nice : la descente aux enfers

« Les foyers pour enfants, c’est comme les éoliennes, tout le monde est pour, mais personne n’en veut près de chez soi »

Le Journal de la Haute-Marne a révélé, le 27 mai dernier, la mobilisation d’une partie des villageois de Euffigneix, en Haute-Marne, pour empêcher l’installation d’un foyer de l’aide sociale à l’enfance (ASE) près de chez eux. Sous l’égide du conseil départemental, l’association Le Colibri, qui gère déjà sept foyers de l’ASE en France, s’apprêtait à acheter une maison de la commune pour y accueillir sept enfants âgés de 7 à 12 ans et leurs cinq éducateurs. Jusqu’à ce qu’un collectif de voisins rédige une lettre anonyme et obtienne le retrait du projet.

Les raisons invoquées ? Celle de voir « débarquer des bus de migrants », les dégradations, le bruit ont été aussi mis en avant par ces habitants fort peu solidaires. N’ayant honte de rien, ceux-ci estimaient que leurs maisons allaient être dévalorisées. Bref, le projet est parti ailleurs, Les habitants peuvent respirer même si le maire, Jérôme Aucordier a rappelé qu’il s’agissait de gosses qui doivent être protégés. En aucun cas d’enfants délinquants, qui eux sont pris en charge par la protection judiciaire de la jeunesse. »  Ouf on respire au village ! Imaginez la mobilisation si cela avait concerné les  enfants de la PJJ…  La douce France n’est plus ce qu’elle était (lire l’article du Monde)

 


Protection de l’enfance : le manque de moyens asphyxie les travailleurs sociaux

Voilà un article qui apporte de la confusion : l’AFP explique que la protection va mal par manque de moyens mais qu’il y a 1,3 million de travailleurs sociaux (éducateurs spécialisés, assistantes sociales, assistants maternels etc.) pour 300.000 mineurs suivis en protection de l’enfance dont près de 194.000  confiés à l’Aide sociale à l’enfance (ASE), Cela fait dire à des lecteurs du Figaro qu’il y aurait 6 travailleurs sociaux par enfant !

Fort heureusement, Florence Pik, syndiquée CGT et éducatrice spécialisée pour jeunes majeurs dans un service de l’ASE à Paris, interrogée dans cet article, remet les pendules à l’heure :  » dans son service à Paris, « chaque éducateur est chargé de 80 à 100 dossiers simultanément » précise-t-elle. « On gère des situations lourdes et stressantes. Pour les jeunes qui sont placés dans des hébergements personnels ou à l’hôtel, on est les seuls à les suivre, sauf qu’on est déjà débordés. Si eux ne se manifestent pas, on peut les oublier» (lire l’artice de l’AFP publié par le Figaro)

 


Violences, noyade, tentative de suicide : à Nice, la descente aux enfers du Foyer de l’enfance

« Plusieurs drames révèlent les graves manquements de cette institution chargée de protéger 150 mineurs en danger dans les Alpes-Maritimes et gérée par le département. « On n’en parle pas à TF1, mais ce qui se passe ici est aussi grave que dans les Ehpad », confie un éducateur spécialisé ». Cet article de Hélène Constanty sur Médiapart est une enquête au long cours.

Un incendie criminel, des fugues, des tentatives de suicides d’adolescents, une noyade, des mauvais traitements envers les enfants placés sous protection… Le parquet de Nice a ouvert une enquête préliminaire pour violence sur mineurs. Mediapart a consulté des rapports de contrôle-inspection confidentiels, effectués en décembre 2021, à la demande du département, soit un an auparavant. Dans une des structures, « les professionnels évoluent en autarcie, dans des conditions de travail dégradées […] En sous-effectif chronique, les arrêts maladie se sont accrus de manière exponentielle, nécessitant un recours massif à du personnel socio-éducatif en intérim ». Cette situation conduit à « de graves manquements dans la prise en charge des enfants ».

Le directeur des ressources humaines, recruté par la directrice mise en cause, n’a tenu que sept mois. Il a été tellement traumatisé par son expérience et par la noyade de l’enfant en juin 2021 qu’il a effectué un signalement au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale au procureur de la République de Nice, le 13 septembre 2021, indique la journaliste. Cette enquête édifiante est aussi consternante (lire l’article de Médiapart)

 


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Vous êtes allé(e) au bout de cette revue de presse ? Bravo et merci ! Merci aussi à Michelle Flandre qui m’a aidé à la réaliser.

Photo : freepik  master1305  @master1305

 

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