Didier Dubasque
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Émeutes : la répétition et la rage / L’addiction aux jeux vidéos par l’exemple / protection de l’enfance : « on est épuisé ! »

La répétition et la rage, au cœur des émeutes françaises

François Dubet sociologue bien connu dans le champ du travail social, analyse sur le site « The Conversation » les émeutes urbaines qui, rappelle-t-il, se répètent depuis les années 1980. Elles sont souvent déclenchées par des incidents impliquant la police et des jeunes de quartiers défavorisés. Ces révoltes sont caractérisées par une rage destructrice dirigée contre les symboles de l’ordre et de l’État, ainsi que par un vide institutionnel et politique. Cela « révèle un vide institutionnel et politique dans la mesure où les acteurs locaux, les élus, les associations, les églises et les mosquées, les travailleurs sociaux et les enseignants avouent leur impuissance et ne sont pas audibles ». Malgré la récurrence de ces événements, aucun mouvement significatif ne semble émerger de ces colères.

Le sociologue souligne que les politiques urbaines ont échoué à atteindre leurs objectifs. Malgré d’importants efforts pour améliorer le logement et les infrastructures, la mixité sociale et culturelle des quartiers s’est dégradée. Les habitants qui réussissent à s’élever socialement quittent leur quartier d’origine, laissant derrière eux une population encore plus pauvre et marginalisée. François Dubet évoque un processus de ghettoïsation, avec un clivage croissant entre les quartiers et leur environnement, et un sentiment d’exclusion de la société malgré les politiques sociales et le travail des élus locaux.

Dans ce contexte, un face-à-face tendu se construit entre les jeunes et les policiers, fonctionnant comme des « bandes » avec leurs propres territoires et animosités. L’État est réduit à la violence légale et les jeunes à leur délinquance réelle ou potentielle. Cette « guerre » se joue habituellement à un niveau bas, mais lorsqu’un jeune est tué, tout explose, jusqu’à la prochaine révolte qui surprend toujours autant.

Enfin, il signale deux nouveautés dans cette répétition tragique. D’une part, la montée de l’extrême droite et un discours de plus en plus raciste sur les révoltes de banlieue. D’autre part, la paralysie politique et intellectuelle de la gauche, qui dénonce les injustices, mais semble manquer de solutions politiques, à l’exception d’une réforme nécessaire de la police. Tant que le processus de ghettoïsation se poursuit et que le face-à-face entre les jeunes et la police persiste, il est difficile d’imaginer que la prochaine bavure et la prochaine émeute ne sont pas déjà en germe. (lire l’article de The Conversation)

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« J’ai vu ma fille se faire siphonner le cerveau en 3 semaines » : un père alerte sur l’addiction aux jeux vidéo

Eric (prénom d’emprunt) témoigne sur France 3 Occitanie auprès de la  journaliste Christine Ravier. Il lui raconte en détail son expérience concernant l’addiction de sa fille de 15 ans à un jeu en ligne, Genshin Impact. Il commence par remarquer que sa fille passe de plus en plus de temps sur son écran, puis au fil du temps se retire de la vie familiale et se concentre presque exclusivement sur le jeu. Lorsqu’il tente de la sevrer en confisquant son téléphone, elle montre des signes de détresse intense, similaires à ceux d’une personne en manque de drogue. Eric est choqué par l’emprise du jeu sur sa fille.

Ce père de famille est particulièrement préoccupé par l’absence de mises en garde concernant les dangers potentiels de ces jeux pour les jeunes. Il compare l’addiction de sa fille à celle de personnes qu’il connaît qui ont pris des drogues dures dans leur jeunesse. Il souligne également la facilité avec laquelle les enfants peuvent contourner les contrôles parentaux et accéder à des jeux en ligne via diverses plateformes. Lorsqu’il finit par convaincre sa fille de supprimer l’application du jeu, il doit lui arracher physiquement le téléphone des mains.

Aujourd’hui, Eric est soulagé que sa fille réussisse à surmonter son addiction. Par chance, sa fille a fini par mesurer la disproportion de son investissement et l’état dans lequel ça l’a mise. Mais il reste préoccupé par le manque d’information et de sensibilisation sur le sujet. Il estime que ces jeux peuvent avoir des effets dévastateurs sur certains jeunes, en particulier dans le contexte actuel de crises mondiales et de peurs omniprésentes. Il espère que son témoignage pourra aider à alerter d’autres parents et les autorités sur les dangers potentiels de l’addiction de certains jeux en ligne. (lire l’article de France 3 Occitanie)

 


« On est épuisé » : le cri d’alarme des travailleurs sociaux à la ministre chargée de l’Enfance

La secrétaire d’État chargée de l’Enfance, Charlotte Caubel, était attendue à Nantes pour clôturer les 16e Assises de la protection de l’enfance. Cependant, en raison du contexte de violences urbaines, elle a dû limiter ses déplacements et s’est donc adressée aux participants par vidéo. Elle a détaillé sa feuille de route, notamment sur la lutte contre les violences faites aux enfants, dont un plan sera dévoilé mi-septembre. La journaliste Stéphanie Bazylak vient de publier un article sur ces assises publié par Ouest France.

Elle explique que Charlotte Caubel a souligné la gravité de la situation des violences faites aux enfants en France. La secrétaire d’État s’appuie sur les travaux de la CIVISE qui indiquent qu’un enfant est victime de violences sexuelles toutes les trois minutes et un enfant meurt dans son environnement familial tous les cinq jours. La ministre a exprimé son désir de sensibiliser la société à cette réalité et de faire des violences faites aux enfants une priorité, à l’instar de ce qui a été fait pour les violences faites aux femmes. La ministre a également exprimé son intention de mobiliser la société pour soutenir les enfants les plus vulnérables, notamment ceux en situation de handicap et les enfants protégés.

Cependant, son discours a été accueilli par des huées de la part des travailleurs sociaux présents.« On est épuisé ! » « Pensez aux enfants ». Ils ont ainsi exprimé leur désarroi et leur frustration face à la tension immense dans le dispositif de protection de l’enfance. Leur réaction immédiate et émotionnelle a souligné l’urgence de la situation et le besoin de soutien et de ressources supplémentaires pour les professionnels. Charlotte Caubel n’ayant pas de retour de la salle n’a pas répondu à cet appel, ce qui en a surpris plus d’un.

Malgré l’absence physique de la secrétaire d’État et les tensions lors de son discours, de nombreux participants se sont dits satisfaits de ces assises. Ils ont souligné l’intérêt de partager des expériences et des idées avec d’autres professionnels confrontés aux mêmes problématiques. Cependant, ils ont également souligné les contraintes budgétaires et de temps qui limitent leur participation à de tels événements, ajoutant à leur sentiment d’épuisement et de frustration. (lire l’article de Ouest France)

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Vous êtes allé(e) au bout de cette revue de presse ? Bravo et merci ! Un grand merci aussi à Michelle Flandre qui m’a aidé à la réaliser.

 

Photo : capture d’écran lors du JT de 20 heures de France 2 vendredi 30 juin

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