Didier Dubasque

Comment aider les parents face aux effets de l’exposition de leurs enfants devant les écrans ?

L’exposition des enfants aux écrans est devenue une préoccupation majeure pour de nombreux parents à l’ère numérique. Les écrans sont omniprésents dans notre quotidien, et il est essentiel de comprendre leur impact sur le développement des enfants. La place des parents est essentielle dans la régulation de cette exposition. C’est un peu du rôle des travailleurs sociaux de les informer lorsqu’ils ne le sont pas sur les conséquences néfastes de ce type d’exposition.

Des effets physiques et mentaux

Selon un rapport du Haut Conseil de la santé publique (HCSP), l’exposition excessive aux écrans peut avoir des conséquences particulièrement néfastes aussi bien sur la santé physique que mentale des enfants. Les risques associés comprennent des troubles du sommeil, une augmentation du risque d’obésité, des troubles de la vision, ainsi que des effets sur le développement cognitif et les compétences sociales.

Par exemple, les enfants qui passent beaucoup de temps devant les écrans ont du mal à s’endormir et à maintenir un sommeil de qualité. Cela entraîne de la fatigue, de l’irritabilité et des problèmes de concentration. De plus, l’exposition prolongée aux écrans peut contribuer à une prise de poids en raison de la sédentarité et de la consommation accrue de collations.

En ce qui concerne le développement cognitif, les enfants qui passent trop de temps devant les écrans peuvent avoir des difficultés à développer des compétences essentielles. Lesquelles : il y a leur manque de communication, leur difficulté à résoudre des problèmes mais aussi une perte ou du moins un grand manque de  créativité. De plus, une exposition excessive aux écrans peut limiter les interactions sociales et affecter la capacité des enfants à établir des relations équilibrées avec les autres.

Il est nécessaire de rappeler l’importance de l’activité physique

Un autre aspect à considérer est la relation entre l’exposition aux écrans et l’activité physique. Une étude menée par l’Institut national d’études démographiques (INED) a révélé que les enfants qui passent plus de temps devant les écrans ont tendance à être moins actifs physiquement. À l’âge de 2 ans, près de 60% des enfants passent plus d’une heure par jour devant un écran, et cette durée augmente avec l’âge. Cette sédentarité accrue contribue à des problèmes de santé à long terme.

Il est essentiel d’encourager les enfants à pratiquer des activités physiques régulières. Elles permettent de favoriser leur développement moteur, leur coordination et leur santé globale. Les parents peuvent jouer un rôle actif en proposant des activités ludiques et en limitant le temps d’écran.

Agir auprès des parents est difficile et délicat

Les parents sont souvent eux-mêmes très accros aux écrans qu’ils peuvent parfois consulter des heures durant. Face à ces réalités, il est logique que les enfants les imitent. Mais ce n’est pas sans conséquences. Les retards de langage peuvent apparaitre, les interactions avec les autres enfants sont très appauvris. Il est donc essentiel que les parents puissent être informés des risques associés à une exposition excessive. Les mères acceptent plutôt bien de cesser de boire de l’alcool ou de fumer pendant leur grossesse. Cet exemple nous montre qu’elles peuvent tout autant protéger leurs enfants des écrans.

L’idée est que les parents puissent mettre en place des stratégies pour limiter le temps d’écran de leurs enfants. Cela peut inclure la mise en place de routines quotidiennes, la limitation de l’utilisation des écrans avant le coucher, et l’encouragement à des activités hors écran.

Le souci est que les écrans sont, ont l’a vu aussi avec la télévision, des « garants » de la tranquillité des parents. Mettez un enfant devant un écran et il vous laissera tranquille. Du coup, il faut lutter contre cette tendance qui vise à utiliser un écran comme gardien de l’enfant. Cette forme de tranquillité peut se payer aussi par des colères en fin de journée et des excès d’intolérances à la frustration.

Une façon de biaiser et de faire appel à des contenus adaptés à l’âge de leurs enfants, mais à la condition que les parents les regardent avec eux pour favoriser la discussion et la compréhension. En tout cas, il est clair qu’aucun enfant ne devrait être exposé à un écran avant l’âge de 3 ans. Et ça, c’est loin d’être gagné ! Les petits ont besoin d’autres stimuli, ceux des adultes et des autres enfants qui les entourent.

Attention aux fausses bonnes réponses

Il y existe une tendance croissante à pathologiser les comportements des enfants conséquence de leur très longue exposition aux écrans. Les orthophonistes en sont conscients. Trop d’écrans tue la concentration des plus jeunes. Du coup, de nombreux enfants atterrissent dans leurs cabinets. Certains parents qui n’y ont pas recours préfèrent obtenir des solutions médicamenteuses. Or, il existe de par le monde un nombre sans précédent d’enfants soumis à un traitement psychotrope à long terme. Cette tendance est préoccupante et a été soulignée par des instances telles que le Comité d’éthique suisse et le Comité des droits de l’enfant des Nations Unies.

Il serait préférable alors d’adopter une autre approche. Pascal Rudin, représentant de la Fédération Internationale du Travail Social auprès des Nations Unies, préconise une approche par le travail social plutôt que de simplement pathologiser et médicaliser ces enfants. Comme pour les puéricultrices, les travailleurs sociaux prennent en compte l’histoire de chaque enfant. Ils identifient les facteurs de risque environnementaux et les traumatismes possibles.

Sans être médecins, ils examinent les significations possibles du « comportement anormal » d’un enfant. Ils cherchent à les comprendre et à les aider en évitant les approches médicales simplifiées ou simplificatrices. De plus, ils se considèrent comme des défenseurs des enfants, dans une posture d’alliance avec eux pour éviter leur marginalisation qui à terme se produit immanquablement.

En conclusion, l’ère numérique a certes apporté de nombreux avantages, mais elle a également introduit des problématiques majeures pour le développement équilibré des enfants. L’exposition excessive aux écrans, avec ses conséquences potentielles sur la santé physique et mentale, est une préoccupation croissante pour les parents et les professionnels.

Toutefois, avec une prise de conscience accrue, une éducation appropriée et un soutien adéquat, il est possible de naviguer dans ce paysage numérique tout en assurant le bien-être de nos enfants. Les travailleurs sociaux, s’ils se forment sur ce sujet, peuvent jouer un rôle essentiel aux côtés des parents. Il s’agit de les encourager à garantir que les enfants grandissent dans un environnement équilibré, où la technologie est utilisée de manière responsable et bénéfique et limitée.

Sources

 


Photo : fotomelia

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