Revue de presse | Un incroyable guichet unique ! / La feuille de route du HCTS / La Caf se veut plus transparente

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Bonjour et bienvenue à cette revue de presse qui nous emmène au plus près des réalités sociales d’aujourd’hui : nous partirons à Nîmes découvrir un ancien collège devenu vaste maison commune des solidarités où 150 professionnels accueillent chaque jour les habitant·es d’un quartier très populaire. Nous parlerons ensuite de la  nouvelle feuille de route du Haut Conseil du Travail Social sans oublier les productions de ses groupes de travail. Il sera fait un focus sur les algorithmes de contrôle des prestations sociales de la CAF et  la baisse du nombre d’allocataires RSA obtenue au prix de radiations et d’emplois précaires… Sans oublier les multiples liens susceptibles de vous intéresser… Bonne lecture !

 


A Nîmes, un guichet social fort de 150 professionnels mobilisés contre l’exclusion

Dans le quartier très populaire de Valdegour-Pissevin à Nîmes, le département du Gard a transformé un ancien collège en un lieu unique en France : l’Espace Diderot. Ce pôle social de 8.000 m² regroupe depuis cinq ans les services départementaux – protection maternelle et infantile, insertion, aide sociale à l’enfance – ainsi que de nombreux partenaires publics et associatifs. Dans ce quartier où 72% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, entre 400 et 600 personnes viennent chaque jour y chercher un accompagnement, une formation ou un conseil.

Rassemblant 150 professionnels, l’Espace Diderot mise sur la proximité et le travail collectif. On y trouve un Pimms médiation labellisé France Services, une permanence de la CAF, une maison de la justice et du droit, ainsi que des associations et des organismes de formation. Tous partagent des salles et un restaurant commun, favorisant des collaborations concrètes au service des habitants. Cette organisation, à rebours de la dématérialisation, permet de maintenir un lien humain essentiel et de mutualiser les compétences.

Le lieu est aussi un creuset d’initiatives. Formateurs, médiateurs et éducateurs s’entraident, tandis que des événements facilitent la rencontre entre jeunes, entreprises et structures d’insertion. Pour Ahmed El Hanbali, coordinateur des associations, cette coopération produit des résultats visibles : des jeunes formés trouvent un emploi durable, et les acteurs du social y gagnent en efficacité. L’Espace Diderot prouve ainsi qu’un travail collectif peut être un puissant levier contre l’exclusion. (Lire l’article de la Gazette des communes)

 


La feuille de route 2024-2026 du Haut Conseil du travail social

feuille de route hctsLe Haut Conseil du travail social s’est doté pour la période 2024-2026 d’une feuille de route qui vise à rendre concrètes les recommandations du Livre blanc du travail social publié en décembre 2023. Ce programme s’appuie sur l’observation des pratiques de terrain et cherche à transformer ces enseignements en mesures opérationnelles. L’ambition affichée est de mieux soutenir les professionnels et de renforcer la qualité de l’accompagnement proposé aux personnes.

Un premier axe fort consiste à mieux articuler l’accès aux droits et l’accompagnement social. Il s’agit de réorganiser les tâches administratives afin de dégager du temps pour les travailleuses sociales et travailleurs sociaux, et leur permettre de se recentrer sur leur cœur de métier : l’accompagnement des personnes. Le texte met en avant des pistes concrètes pour libérer l’initiative professionnelle et redonner toute sa place à la relation avec les usagers.

Un second volet relève d’un véritable plaidoyer pour le travail social, présenté comme la « clef de voûte » des politiques de solidarité. Des outils de communication sont proposés pour les élus, le grand public, les futurs professionnels et les personnes amenées à présenter le Livre blanc, afin de mieux faire connaître et reconnaître ce champ. Le Haut Conseil met aussi en avant un texte de repères éthiques et déontologiques commun à l’ensemble des professionnels, ainsi qu’un document de prospective à horizon 2050, qui esquisse les grandes évolutions attendues et les investissements nécessaires pour l’avenir du travail social. (Lire l’article du Ministère des Solidarités)

Ne manquez pas les travaux des groupes de travail du HCTS qui viennent d’être publiés :

 

J’y reviendrais dans quelques jours…

 


Prestations sociales : la Cnaf donne le mode d’emploi de son nouvel algorithme de ciblage des contrôles

La Cnaf va déployer en 2026 un nouvel algorithme d’appui aux contrôles, baptisé « DMDE 2026 ». Il est destiné à mieux cibler les dossiers présentant un risque élevé de trop-perçus de prestations sociales. Présenté comme un outil d’aide à la décision, ce modèle de datamining s’appuie sur les données internes des CAF et sur le dispositif de ressources mensuelles, déjà utilisé pour le calcul des aides au logement et, depuis mars 2025, pour le pré-remplissage des déclarations de RSA et de prime d’activité. L’institution insiste sur le fait qu’il s’agit de données « fiables et maîtrisées », puisqu’elles servent déjà au calcul des droits.​

Échaudée par les vives critiques suscitées par le précédent algorithme, jugé discriminatoire envers les plus pauvres, la Cnaf tente cette fois de montrer patte blanche. Elle vient de publier le code source du modèle en détaillant sa démarche. Elle a aussi mis en place un comité éthique associant notamment des représentants d’usagers et des experts en droit. Enfin, elle adopté une charte encadrant le recours aux algorithmes et à l’intelligence artificielle. Lors de la conception du DMDE 2026, toutes les variables potentiellement discriminatoires ont été passées au crible : certaines, comme le genre, l’adresse ou la nationalité, ont été écartées d’emblée, tandis que d’autres, comme certains critères liés à l’âge ou à la situation économique, ont été conservées lorsqu’un lien avec la réglementation pouvait être clairement établi.​

La Cnaf assume que l’algorithme cible davantage les foyers à faibles ressources, puisque nombre de prestations sont conditionnées aux revenus. Mais elle souligne que les foyers sans aucune ressource restent surtout contrôlés via des campagnes aléatoires. En 2024, 166.000 contrôles ont été issus du DMDE, soit moins de 1% des 31,5 millions de contrôles réalisés auprès de 6,4 millions d’allocataires ; 92% des corrections restent le fait de régularisations automatiques liées aux échanges de données, notamment avec France Travail. Les contrôles issus de l’algorithme représentent une part significative des contrôles sur place et une fraction limitée des contrôles sur pièces. 7% d’entre eux aboutissent à une qualification en fraude, un poids appelé à croître à mesure que la « cartographie du risque d’erreur » se précise. (lire l’article de Caroline Megglé, pour Localtis)

 


Le saviez vous  ?

Là où le nombre de bénéficiaires du RSA baisse le plus c’est au prix d’emplois précaires et de radiations massives

Dans une de ses notes, Michel Abhervé revient sur les départements qui se targuent d’une forte baisse du nombre de bénéficiaires du RSA. Il montre à quel prix cette évolution est obtenue. Derrière les chiffres mis en avant par certains exécutifs locaux, il décrit une réalité marquée par des radiations massives et une sortie du dispositif qui doit plus à des sanctions administratives qu’à une réelle amélioration de la situation des personnes concernées. Il insiste sur le fait que cette diminution du nombre d’allocataires ne signifie pas que la pauvreté recule, mais plutôt que l’accès au droit se fragilise.

Son propos révèle le rôle des politiques locales d’insertion, de plus en plus orientées vers l’obligation d’activité et le contrôle, au détriment d’un accompagnement social de qualité. Il souligne que, dans les territoires les plus “performants” en termes de baisse du RSA, on observe surtout une multiplication des emplois de courte durée, faiblement rémunérés et peu protecteurs. Ces formes d’emploi, souvent discontinues et imposées, permettent de faire baisser les statistiques du RSA sans garantir une véritable insertion professionnelle durable.

Michel Abhervé s’inquiète enfin des conséquences humaines de ces pratiques : pression accrue sur les personnes, insécurité financière persistante, et sentiment d’injustice chez des allocataires déjà fragilisés. Il rappelle que la politique sociale ne devrait pas se réduire à une gestion comptable des effectifs, mais viser à sécuriser les parcours et à respecter la dignité des personnes. En filigrane, son billet interroge la responsabilité des départements et de l’État dans cette orientation vers plus de contrôle et de sanctions. (Lire le billet de Michel Abhervé sur le site d’Alternatives économiques)

 


Lire aussi 

 

et ailleurs…

 

Dans la presse professionnelle


Vous êtes allé(e) au bout de cette revue de presse ? Bravo et merci ! Merci aussi à Michelle Flandre pour son soutien

Photo : depositphotos

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