« Je la kiffe Monique ! » / Il faut « délester le pilotage du travail social » / Précarité énergétique : informer est une nécessité

« Je la kiffe Monique ! »

Mon ami Vince, éducateur spécial(isé) vient de publier sur Lien Social une tribune pour nous expliquer combien il « kiffe » Monique qui travaille dans le service AEMO qu’il dirige. Ce n’est pas pour ses beaux yeux, qu’il est admiratif, mais pour sa pratique professionnelle. « Voilà plus de 30 ans qu’elle s’évertue à porter un regard positif sur les familles qu’elle accompagne » écrit-il.

« Les parents désignés comme défaillants poussent souvent nos portes avec ce regard résigné ou dégradé sur eux-mêmes. Ils viennent déjà de passer à la moulinette du jugement (au sens propre) lors de l’audience chez le Juge des Enfants qui leur a bien renvoyé leur incompétence …/…  Monique, elle prend le contre-pied du stigmate. Elle sait qu’en considérant d’abord les compétences et les ressources de ces « mauvais parents » elle leur permet d’être déjà en mouvement, avant même de les accompagner dans la mesure éducative »

Nous connaissons tous des travailleurs sociaux qui ne tombent pas dans les pièges du jugement et qui savent ressourcer celles et ceux qui sont stigmatisés que ce soit dans le champ de l’exclusion, la pauvreté, le handicap, ou encore comme avec ce témoignage la protection de l’enfance. Comment favoriser le développement de cette pratique ? Comment dépasser les préjugés et les peurs professionnelles ? En tout cas cet article nous donne à voir « ce regard bienveillant inconditionnel ». Il devrait sans aucun doute animer chaque travailleur social. Facile à dire, parfois beaucoup moins à mettre en œuvre. Conclut notre collègue. (lire l’article de Lien Social)


“La solidarité territoriale suppose fidélité au pacte républicain et innovation sociale”

Dans un tout autre domaine, je vous invite à découvrir cette analyse de Marc Rouzeau, ancien assistant social devenu  coordonnateur de la recherche « Gouvernance et territorialisation de la Stratégie nationale de prévention et de lutte la pauvreté » à la chaire Territoires et mutations de l’action publique de Sciences Po à Rennes. Il est interrogé par Sylvain Henri pour le site Acteurs Publics.

Il cite Pierre Rosanvallon, pour qui la vie sociale contemporaine est traversée d’épreuves qui mettent à mal le lien social et déclenchent des anxiétés, des colères ou des renoncements. Le territoire peut être une forme de soutien et de ressources pour faire face à ces épreuves, car la solidarité a besoin de proximité (mais aussi d’une certaine distance précise-t-il).

« Force est de constater » dit-il « que, depuis de nombreuses années, la problématique du financement des allocations capte les énergies et affectent les positions des uns et des autres ». Il se demande s’il ne faudrait pas délester le pilotage du travail social de la distribution des allocations si nous voulons que les élus locaux prennent une véritable place dans l’animation de projets territoriaux des solidarités. J’ajouterai qu’il faudrait dans ce sens dégager les travailleurs sociaux de la bureaucratie administrative relative à la gestion des prestations sociales qui embolisent les professionnels (lire l’article d’ Acteurs Publics)


Précarité énergétique : pour contrer le non-recours aux aides, une amélioration de l’information est nécessaire

Le journal Le Monde publie un article de l’AFP qui fait état d’une étude publiée par nos amis universitaires de l’ODENORE, L’observatoire des non-recours aux droits et services. Alors que l’envolée des prix de l’énergie pèse sur les ménages, les chercheurs Antoine Rode, Rania El Fahli et Héléna Revil de l’université Grenoble-Alpes se sont penchés sur les effets de la précarité énergétique dans l’agglomération de Roanne (Loire).

Cette étude montre une grande méconnaissance par les ménages concernés des aides auxquelles ils pourraient prétendre : 78 % des enquêtés ne connaissent pas les aides financières de rénovation thermique (crédit d’impôt, MaPrimeRénov’) et 38 % ne connaissent pas celles pour alléger les charges d’énergie (fonds de solidarité pour le logement, chèque énergie). (entre nous pour toucher MaPrimeRénov il faut un bac + 5 pour arriver à remplir les imprimés et à satisfaire l’administration)

Les chercheurs ont aussi repéré que « le chèque énergie fait l’objet d’un non-recours au sujet duquel la Cour des comptes a déjà interpellé les pouvoirs publics : en 2019, 25 % des ménages ayant reçu ce chèque ne l’avaient pas utilisé ». La priorité des travailleurs sociaux devrait porter sur l’information des publics vulnérables et concernés par ces aides, car l’explosion du montant des factures va en mettre un bon nombre en grande difficulté. (lire l’article du Monde)

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Vous êtes allé(e) au bout de cette revue de presse ? Bravo et merci !

Merci aussi à Michelle Flandre qui m’a aidé à la réaliser

 

 

Photo créée par benzoix – fr.freepik.com

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