Agressions contre les travailleurs sociaux : #balancetontravailsocial

France 3 grand Est  a réalisé un reportage de la marche blanche samedi dernier à la mémoire de notre collègue conseillère en économie sociale familiale Audrey Adam. Cette manifestation a réuni près d’un millier de personnes. La journaliste Leila Salhi donne la parole à plusieurs travailleurs sociaux présents sur place. Ce drame qui survient sur fond de dégradation des conditions de travail écrit-elle : “C’est difficile, on se sent trop peu considérés, nous les travailleurs sociaux. Alors qu’on se donne beaucoup, notre métier on l’aime”, déplore une collègue d’Audrey Adam, présente à la marche blanche. Un malaise effectivement ressenti par l’ensemble de la profession.

L’onde de choc a dépassé les frontières de l’Aube. Sept professionnel(le)s, originaires de toute la France, viennent tout juste de créer un collectif pour rendre hommage à Audrey Adam et alerter sur les réalités d’un métier qu’ils jugent trop souvent méprisé. La journaliste présente dans son article le collectif Travail Social de Demain qui est à l’initiative d’une pétition qui a recueilli plus de 41000 signatures.     (lire l’article de France 3)

Faudrait-il créer un observatoire des violences à l’encontre des travailleurs sociaux ?

C’est la question que l’on peut légitimement se poser quand on constate que la presse se fait l’écho de 2 nouvelles agressions aux conséquences moins dramatiques bien sûr, mais qui interrogent :

La première agression nous est signalée par Yves Faucoup

une de la depeche

Gers. Une travailleuse sociale de l’Aide à l’enfance agressée, le Département porte plainte

Les faits se sont déroulés vendredi, vers 11 h 30, à Auch. Une employée de l’Aide sociale à l’enfance, a reçu trois coups de poing aux bras, en tentant de se protéger de l’agression d’une mère de 40 ans, originaire de Saint-Clar. Cette dernière bénéficiait d’une visite familiale, médiatisée, dans les locaux de l’Aide sociale à l’enfance indique le journaliste de la dépêche du midi.

Yves Faucoup nous en dit un peu plus, car il a rencontré le Président du Conseil Départemental Philippe Martin.  L’assistante sociale de l’Aide Sociale à l’Enfance [ASE] a effectivement été agressée dans l’exercice de ses missions. La professionnelle a reçu des coups de poing ayant nécessité une hospitalisation. La mère de famille, lors de la visite médiatisée l’a brutalisé. Le père, opposé au placement de son enfant, est connu pour mener campagne contre les décisions judiciaires.

« La Dépêche » (du Midi) de ce dimanche rapporte le propos que Philippe Martin a tenu publiquement  : « Même si les situations sont un peu tendues avec ces familles dont les enfants ont été placés dans des familles d’accueil par décision de justice, nous n’avions pas eu à déplorer de violences physiques comme ce qui s’est passé là» dit-il. Le Département et la professionnelle ont porté plainte. La mère doit être entendue par la gendarmerie. (lire l’article de la Dépêche – abonné, et  lire le message d’Yves Faucoup).
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Une autre agression (une séquestration) a eu lieu à Montpellier :

Montpellier : une travailleuse sociale séquestrée par un demandeur d’asile, deux policiers blessés

Mercredi dernier, deux policiers de la Sécurité publique de Montpellier sont venus libérer une travailleuse sociale séquestrée par un demandeur d’asile. Ils ont tous deux été blessés. Cette affaire racontée dans le détail sur le site Metropolitain actu.fr  Fort heureusement elles étaient deux à intervenir. Les travailleuses sociales sont arrivées lors d’un moment de grande dispute entre une femme et son conjoint alors qu’elles venaient tenter une médiation.

La femme est descendue dans la rue rejointe par une des travailleuses sociales, laissant seuls dans le logement sa collègue et le compagnon. le journaliste Jean-Marc Aubert raconte la suite : « Au bout de plusieurs minutes, la travailleuse sociale, depuis l’extérieur, a tenté de la joindre pour l’informer que la jeune femme refusait de remonter, craignant des représailles. N’obtenant aucune réponse, elle s’est inquiétée et a appelé la police nationaleé.

« Quand les gardiens de la paix ont tambouriné à la porte, le demandeur d’asile a ouvert, laissant apparaître la travailleuse sociale assise sur une chaise, blême et en état de choc. Elle a confirmé qu’elle avait été séquestrée, l’auteur présumé refusant de la libérer, tant que sa concubine ne revenait pas ». Le suspect qui n’a exercé aucune violence physique sur la travailleuse sociale a tenté de s’échapper. Il s’est rebellé et a frappé les deux policiers, qui ont été légèrement blessés. (lire l’article sur actu.fr)

#balancetontravailsocial

Combien de situations de ce type n’ont aucun écho et restent confidentiels tout simplement parce que les travailleurs sociaux préfèrent ne rien dire ? C’est aussi une réalité. Une bousculade, un coup porté, une menace de mort… Ce genre de fait, s’il se banalise, entre dans ce que certains considèrent comme des risques du métier. Or il ne faut jamais banaliser une menace, encore moins une agression physique. Problème, les professionnels, une fois l’acte passé ont souvent tendance à minimiser les faits.

En tout cas, le groupe Facebook Travail Social de Demain pose une bonne question : « Et si nous arrêtions de nous taire 🤫 ? Et si nous partagions les violences professionnelles que nous pouvons subir ? il a mis en ligne un hastag #balancetontravailsocial pour que les travailleurs sociaux puissent se faire entendre. Vous pouvez poster et partager sur vos réseaux sociaux (en précisant le #), vos témoignages qu’ils soient anonymes ou pas. Si vous préférez l’anonymat

N’hésitez pas à écrire sur le compte Facebook Travail Social de Demain pour qu’il puisse si vous le souhaitez relayer votre parole, « de manière anonyme ou pas ».

 

photo : Nari Sin « Knuckle V.I.O.L.E.N.C.E  Prise le 18 juillet 2010 Certains droits réservés

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