« Travailleurs sociaux :  13 métiers, tous indispensables ! »

L’UNSA vient de publier un dossier sur la place des travailleurs sociaux lors de la pandémie. Ce syndicat très actif dans la fonction publique a été auditionné par la mission d’information sur le suivi de la crise Covid-19 diligentée par l’Assemblée nationale. Cela a été l’occasion pour l’UNSA de « mettre en avant des travailleurs souvent invisibles, au service de populations invisibles ».

Les  effets  délétères  du  confinement  ont  généré une dégradation de situations. Les personnes bénéficiant d’un accompagnement par un professionnel se sont retrouvées, du fait de la « distanciation sociale » et d’un fonctionnement des services en « mode dégradé »  en risque majeur d’isolement  explique l’UNSA.

L’absence de matériel de protection a obligé de nombreuses structures à se retirer physiquement du terrain. Continuer à  « aller vers» est  resté  compliqué du fait des mesures de distanciation. Le système de garde pour les enfants des travailleurs sociaux a été  mis en place de manière décalée.  la diffusion de l’information par les employeurs auprès de leurs personnels semble avoir été inégale.

Des services « désorganisés »

L’urgence s’est opposée à la logique de service public qui s’inscrit dans la durée. Les acteurs de terrain ont été en difficulté pour mettre en place une organisation efficiente. L’absence de visibilité sur les effectifs mobilisables, la nature possible des actions, l’absence d’outils adaptés ont grandement désorganisé les services. des  différences  très  nettes  sont  apparues  également  selon  les  types  d’organisation  (dans  les  conseils  départementaux notamment précise l’UNSA)

Le syndicat constate également que le télétravail n’est pas sans poser de questions telles celles qui concernent le maintien des liens d’équipe. La continuité d’appartenance à un service, à une institution,  a  été  vécue  très  diversement  :  l’attention  de  la  hiérarchie au management spécifique du télétravail est loin d’être acquise également  (posture et formation)

L’UNSA s’interroge aussi sur l’appel à la « réserve sociale » composée d’étudiants en travail social volontaires. Le syndicat parle de cafouillage quant à leur statut durant cette période. L’impact sur le cursus de formation des étudiants et la rupture d’égalité avec ceux qui  ne voulaient pas ou ne pouvaient pas s’y investir démontre que  ce  type  de  dispositif  ne  peut  pas  s’improviser. Il ne faut pas négliger non plus  le risque sanitaire pris, puisque la plupart des intervenants étaient sans protection ou en protection notoirement
insuffisante notamment dans les EHPAD.

Une perte de cohérence dans les interventions

« Une  même  personne,  habituellement  accompagnée  dans  différents registres, a pu se retrouver sans interlocuteur, ou  devant un seul, via le téléphone : plus d’accueil physique, de visite à domicile, de travail de rue, de prise en charge individuelle ou  collective. La désarticulation du tissu associatif, la fermeture de services ou de structures,ont posé la difficulté du maintien du lien dans ces circonstances.

L’action s’est imposée différant le temps de la réflexion. Le  manque  de  temps  et  d’espaces dédiés à la réflexion éthique ont rendu difficile la pratique des acteurs de terrain.  Ils ont été « pris en étau » entre le souhait de se protéger eux- mêmes ainsi que leur cellule familiale et la crainte d’abandonner les personnes qu’ils accompagnent.

Un manque de soutien et de reconnaissance

Le discours public sur les métiers du social est quasi inexistant explique Martine Vigneau auteure de cet article. Pire même, ce discours dans les médias est  le  plus  souvent  péjoratif  (les  «  scandales »  de  l’ASE,  le  «pognon de dingue »  en  faveur  des  plus  démunis).

Pourtant,  accueillir, accompagner ou protéger les adultes, les enfants, les personnes âgées, handicapées est une mission qui requiert de la technicité, des connaissances, un savoir-faire qu’on ne peut ignorer.

Face à ces constats l’UNSA fait un certain nombre de propositions que vous pouvez retrouver dans l’article que vous pouvez télécharger ici

Parmi celles-ci j’en retiens trois ou quatre. L’UNSA suggère que

  • Il faudrait un  retour  d’expérience  et  la  réflexion  sur  la  sortie  du   confinement. Il devrait associer les travailleurs sociaux, leurs encadrants et leurs directions, ainsi que les élus concernés  (conseils d’administration, collectivités locales) ;
  • Il est utile de soutenir le développement des comités locaux du travail  social  et  du  développement  social. L’action du Haut Conseil du Travail Social  devrait être renforcée.
  • Il faudrait promouvoir  davantage  des  espaces  de  collégiaux de réflexion  pour clarifier les difficultés et les lignes pratiques d’action à   emprunter ensemble. Il est donné en exemple les  travaux du Haut Conseil du travail Social et de développement de comités éthiques locaux.
  •  La co-construction de réponses adaptées ne devrait  pas être que technique ou procédurale. La pandémie et situation de crise nécessitent de faire appel à  l’intelligence  collective  de  tous  les  acteurs,  avec là aussi  l’appui du Haut Conseil du Travail Social.

 

Note : je n’ai pas d’intérêt particulier avec un syndicat quels que soient sa couleur ou ses orientations.

 

Photo : pch.vector de freepik.com

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2 réponses

  1. d’accord pour ces propositions mais le problème est que l’ADF (association des départements de France) ne se sent pas concernée (à part quelques personnes ) par la réflexion et les préconisations du haut conseil du travail social
    depuis la décentralisation les conseils départementaux sont « maitres » sur leur territoire et n’ont pas de conseil à recevoir (j’ai retrouvé dans les mes archives une lettre du président à l’ANAS qui renvoyait celle-ci dans les cordes : on a rien à voir avec vos conseils, vos réflexions sur la déontologie, etc…)
    la loi de février 1986 prévoyait la création d’un conseil départemental de développement social au sein duquel toutes les parties étaient représentées (y compris les TS) : elle a été abolie en aout 1986!!!!!
    la question aujourd’hui est
    comment restructurer une instance qui permette aux TS des conseils départementaux de réfléchir, de penser voire d’apporter leurs reflexions sur la situation sociale: cf: mon article « appel au service social départemental…  » sur ce même site

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