Travail social vert : et si votre voix faisait la différence ? La première enquête nationale sur ce sujet attend vos réponses

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Il y a eu les rapports du GIEC, il y a maintenant les canicules, les feux de forêts et en d’autres saisons les inondations. Pourtant, un fossé persiste entre les discours politiques et les réalités de terrain. C’est celui qui sépare les grands principes des actions concrètes. Ce qui sépare aussi les intentions des résultats. Dans ce paysage, une question s’impose : où se situe le travail social ? Pas en spectateur, pas en simple témoin, mais en acteur d’une transition écologique qui ne peut plus se permettre d’ignorer les plus vulnérables.

Car c’est bien là que réside un paradoxe de notre époque : alors que les inégalités sociales et environnementales se renforcent mutuellement, les professionnels de l’accompagnement social restent trop souvent relégués au rang de figurants dans les débats sur la transition écologique. Pourtant, ce sont eux qui, au quotidien, voient se jouer les conséquences les plus immédiates des crises environnementales. La précarité énergétique, l’insalubrité des logements, l’accès inégal à une alimentation saine ou à des espaces verts ne sont pas des abstractions pour les travailleurs sociaux. Ce sont des réalités tangibles et des vies qui se compliquent. Et cela empire avec désormais des « réfugiés climatiques » qui dans les Landes ou en Gironde ont tout perdu.

Mais ces réalités, comment les transformer en leviers d’action ? Comment passer de la constatation à la transformation ? Comment faire en sorte que les politiques publiques intègrent enfin ces dimensions dans leurs réflexions ? C’est tout l’enjeu de l’enquête nationale « Vers un travail social vert » que vient de lancer la Fédération des Acteurs de la Solidarité (FAS) et ses partenaires. Une enquête qui ne se contente pas de poser des questions, mais qui cherche à cartographier les pratiques existantes, à identifier les freins, et surtout, à donner la parole à celles et ceux qui, chaque jour, inventent des réponses sur le terrain.

Une enquête, pour quoi faire ?

L’idée n’est pas nouvelle. Depuis plusieurs années, des professionnels du travail social expérimentent des approches qui intègrent la dimension écologique dans leurs missions. Jardins partagés dans les quartiers prioritaires, ateliers de réparation ou de réemploi, groupes d’entraide sur la sobriété énergétique, accompagnement vers des modes de vie plus résilients… Ces initiatives, souvent nées de l’initiative locale et de l’engagement individuel, restent pourtant trop souvent méconnues, dispersées, et surtout, peu relayées auprès des décideurs.

C’est précisément ce manque de visibilité que l’enquête « Vers un travail social vert » cherche à combler. Conçue comme un outil de diagnostic et de plaidoyer, elle s’adresse à l’ensemble des professionnels du secteur : assistantes sociales, éducateurs, conseillères en insertion, animateurs, psychologues, et bien d’autres. Son objectif ? Recenser les pratiques existantes, évaluer leur impact, et surtout, identifier les obstacles qui empêchent leur généralisation.

Le questionnaire, dont l’architecture est disponible en ligne, est structuré pour couvrir plusieurs dimensions clés. Il interroge d’abord les pratiques de terrain : quels projets sont menés dans votre structure ? Comment sont-ils organisés ? Quels publics touchent-ils ? Il explore ensuite les freins institutionnels : manque de moyens ? absence de formations ? résistance des hiérarchies ou même des collègues ? ou encore difficulté à faire reconnaître ces initiatives comme légitimes dans le cadre des missions traditionnelles du travail social ? Depuis longtemps les actions collectives en travail social se sont heurtées à de divers freins qu’il a fallu apprendre à lever.

Mais ce qui fait la force de cette enquête, c’est qu’elle ne se limite pas à un simple état des lieux. Elle pose aussi des questions sur les conditions de réussite : quels partenariats ont été noués avec les acteurs locaux (associations, collectivités, entreprises) ? Comment les personnes accompagnées sont-elles associées à ces projets ? Quels outils ou ressources supplémentaires seraient nécessaires pour amplifier ces dynamiques ?

En d’autres termes, cette enquête ne se contente pas de documenter. Elle cherche à fédérer, à inspirer, et à pousser à l’action. Car une chose est sûre : le travail social vert ne peut pas se construire dans l’isolement. Il a besoin de visibilité, de reconnaissance, et surtout, de relais politiques.

 

Le travail social, parent pauvre de l’écologie ?

Pourtant, cette enquête arrive à un moment où les contradictions du système sont plus criantes que jamais. D’un côté, les discours officiels célèbrent la « transition juste », la « résilience sociale », la « justice environnementale ». De l’autre, les réalités du terrain racontent une toute autre histoire. Les travailleurs sociaux voient leurs missions se complexifier, leurs effectifs se réduire, leurs budgets se serrer, tandis que les besoins explosent.

Ce paradoxe n’est pas anodin. Il révèle une vérité que beaucoup préfèrent ignorer : l’écologie, dans le travail social, est souvent perçue comme un luxe, une préoccupation secondaire, un sujet qui vient s’ajouter à une liste déjà interminable de priorités. Pourtant, comme le soulignent de plus en plus de professionnels, ces enjeux sont indissociables. La précarité énergétique, l’insalubrité des logements, l’accès à une alimentation saine… Ce ne sont pas des problèmes sociaux classiques. Ce sont des problèmes écologiques qui ont des conséquences sociales.

Et inversement,  Quand une mère célibataire vous dit qu’elle ne peut plus payer ses factures d’électricité, votre rôle n’est pas seulement de lui donner un chèque énergie. C’est de l’aider à comprendre comment réduire sa consommation, comment isoler son logement, comment accéder à des aides pour des travaux… C’est ça, le travail social vert.

Pourquoi votre participation compte-t-elle ?

Parce que vous êtes les mieux placés pour répondre à ces questions. Parce que votre expérience de terrain est une mine d’informations que personne d’autre ne peut fournir. Parce que, sans votre voix, cette enquête ne serait qu’un exercice de style, une coquille vide et un simple rapport de plus.

vers un travail social vertPrenez le temps de remplir ce questionnaire. Vingt minutes à quarante minutes seront nécessaires pour partager ce que vous observez, ce que vous inventez et ce que vous souhaiteriez voir se généraliser. Ce n’est pas un temps inutile. Vous pouvez ainsi contribuer à un mouvement qui pourrait bien redéfinir, à terme, les contours mêmes des pratiques de travail social.

Il me semble que dans les temps actuels, que le travail social vert n’est pas une option. Ce n’est pas un supplément d’âme, une lubie écolo ou une mode passagère. C’est une réponse à une crise qui nous concerne tous : une crise climatique qui impacte le vivant au sens large du terme. Mais c’est aussi une crise sociale. Et cette crise, vous la vivez au quotidien. Vous la combattez. Vous la transformez, parfois, en solutions.

Alors, et si c’était à vous de montrer la voie ?

 

Les freins à l’action (et comment les surmonter)

Bien sûr, participer à cette enquête demande un effort. Un effort de temps et de réflexion. Dans un contexte où les équipes sont sous pression, où les dossiers s’accumulent, où les conditions de travail ne sont pas au top, trouver une heure pour remplir un questionnaire peut sembler inutile.

Pourtant, c’est précisément parce que les conditions de travail sont difficiles que cette participation est nécessaire. Parce que c’est en partageant vos réalités, vos frustrations, vos idées, que vous pourrez contribuer à faire évoluer les choses. Et puis, si, en participant à cette enquête, vous donniez aussi un peu de sens à votre métier ?

Et demain ?

Une fois les réponses collectées, la Fédération Solidarité et ses partenaires s’engagent à en faire un outil de plaidoyer. Les résultats de l’enquête serviront à alimenter les discussions avec les pouvoirs publics, à nourrir les réflexions des formations initiales et continues, et à inspirer de nouvelles politiques sociales plus résilientes.

Mais pour que cela fonctionne, il faut que l’enquête soit représentative. Il faut que les voix de tous les territoires, de toutes les structures et de tous les métiers du travail social soient entendues. Alors, même si vous n’avez pas encore mené de projet écologique dans votre pratique, votre avis compte. Même si vous doutez de l’impact de vos actions, votre expérience mérite d’être partagée. Même si vous vous sentez isolé(e), sachez que vous n’êtes pas seul(e) sur ce sujet.

Le travail social vert est à la fois une question de collectif, de solidarité et de justice sociale.

Alors, prêt(e) à faire entendre votre voix ?

 

 

Pour aller plus loin :

 


Photo : DepositPhotos

 

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