Rixes entre bandes rivales, « il faut privilégier l’action sociale , l’éducation et la médiation »

Une tribune rassemblant plus de 110 signataires a été publiée hier mercredi sur franceinfo.fr  C’est un apport conséquent avec une analyse et des propositions d’actions qui visent à tenter d’éviter de nouveaux « drames terribles » face aux bagarres et agressions entre bandes rivales.

Notre société à un devoir d’éducation et de protection expliquent les signataires. « Nous ne pouvons pas rester sans réagir et nous pouvons apporter nos analyses et propositions de solutions. »Les regroupements violents des adolescent(e)s et jeunes majeur(e)s viennent signifier aux adultes et aux institutions leurs difficultés à vivre dans certains de nos quartiers et de nos villes ». Le collectif fustige à cette occasion les commentaires de comptoirs que l’on entend dans les radios et les télévisions. En effet « Les réponses simplistes seront une fois de plus insuffisantes à régler un problème de fond et n’apporteront que quelques satisfactions médiatiques à des citoyens inquiets. »

Se regrouper en bande « c’est une façon de se protéger », face à un monde dangereux parfois relégué explique le collectif

Pourquoi de telles situations ?

Il est d’abord fait plusieurs constats avec :

  • une absence de dialogue avec la jeunesse. (Les jeunes de banlieues ont plus à faire avec les policiers qu’avec des éducateurs. Le dialogue est forcément limité voire inexistant).
  • une prévention spécialisée absente ou en recul dans beaucoup de territoires de notre pays.
  • la plupart des services publics sont menacés et fonctionnent avec des moyens ne leurs permettant pas d’offrir un service de proximité et de qualité à la population avec des horaires adaptés pour tous les âges, notamment les jeunes.
  • le monde associatif est présent, mais il est fragilisé  (les actions menées ne peuvent s’appuyer dans la durée sur du bénévolat. Par ailleurs il les association sont prévcarisées et il leur faut sans cesse courir après les subventions.)

Comment agir alors ?

Les signataires de cette tribune font de multiples propositions j’y ajoute en italique quelques compléments avec

  • La mise en place d’une éducation à la non-violence en direction des enfants et des adultes avec l’ensemble des acteurs de l’éducation et de la protection de l’enfance, dans laquelle l’Éducation nationale devra avoir un rôle, majeur, à jouer ;
  • Le renforcement des services de la prévention et de la protection de l’enfance ; Il faut des moyens dans ce domaine. (Et si certains considèrent que les moyens sont trop importants, il faut alors assumer des réaffectations)
  • Le renforcement de la place et du rôle des familles, loin des paroles et mesures stigmatisantes ; (il faut pour cela les soutenir, les accompagner et valoriser leurs actions)
  • La création de postes supplémentaires de médiateurs sociaux, bien formés, disponibles sur l’espace public et à des horaires adaptés ; (La médiation est à mon sens essentielle sur ce sujet)
  • Le soutien des associations locales est lui aussi prioritaire en terme de moyens au regard de leur rôle primordial et complémentaire dans les solidarités et la prévention quotidienne;
  • Le développement d’une politique de soins à l’adresse de certains jeunes en grande souffrance psychologique notamment par la mise en place de services de pédopsychiatrie et de CMP en nombre suffisant et accessibles, permettant de détecter les difficultés le plus tôt possible, (Les centres médico-psychologiques pour adolescents font cruellement défaut et à ma connaissance, quand ils existent sont avec des listes d’attente de plusieurs de mois)
  • Un accroissement de la place des adultes auprès des jeunes en établissant une politique où chacun peut par son action participer à la co-éducation, ceci afin d’intervenir avant qu’il ne soit trop tard.

Les jeunes ont avant tout besoin d’être écouté(e)s, valorisé(e)s, accompagné(e)s, de percevoir qu’un avenir est possible pour elles et eux dans la société, et ceci grâce à un étayage par des adultes rassurants et repérés. ». Aujourd’hui, il faut faire le choix de la prévention et de l’éducation conclut le collectif de signataires. Puisse-t-il être entendu !

Lire la tribune« Face aux faits de violences entre jeunes, privilégions l’action sociale, l’éducation et la médiation ! » sur le site de FranceInfo:

lire aussi : « IIs pensent que la personne va revivre » : un médiateur assure qu’incessamment confrontés au monde virtuel, les jeunes confondent avec la réalité. FranceInfo:

 

Photo créé par jcomp – fr.freepik.com


En annexe voici la liste des signataires de la tribune privilégions l’action sociale, l’éducation et la médiation !

Françoise Dumont, présidente d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme
Katia Dubreuil, présidente du Syndicat de la magistrature
Estellia Araez, présidente du Syndicat des avocats de France (SAF)
Sonia Ollivier, co-secretaire nationale du Syndicat national des personnels de l’education et du social à la protection judiciaire de la jeunesse (SNPES-PJJ-FSU)
Benoît Teste, secrétaire général de la FSU
Malik Salemkour, président de la Ligue des Droits de l’Homme
Marwan Mohammed, sociologue
Laurence De Cock, historienne, membre de la LDH
Rodrigo Arenas, co-président de la FCPE
Brice Castel, co-secrétaire général SNUASFP FSU
Carlos Lopez, éducateur à la PJJ, ancien co-secrétaire national du SNPES-PJJ-FSU
Yazid Kherfi, association Médiation nomade.
Carole Sulli, avocate, commission mineurs du SAF
Lakdar Kherfi, militant associatif
Laurence Roques, présidente de la Commission Libertés et Droits de l’Homme du CNB
Nathalie Andrieux Hennequin, co-secretaire générale SNUASFP FSU
Sophie Legrand, secrétaire générale du Syndicat de la magistrature, juge des enfants
Meriem Ghenim, avocate au barreau de la Seine-Saint-Denis
Hélène Puertolas, co-Secrétaire générale SNUTER-FSU
Pascal Filleul, secrétaire départemental Inter 87-FSU
Nadir Kahia, président de Banlieue +
Belabbas Mehdy, militant associatif, éducateur PJJ
Nathalie James, co-secrétaire nationale SNPES-PJJ/FSU
Carla Dugault, co-présidente de la FCPE
Simon Duteil, co-délégué général Union syndicale Solidaires
Murielle Guilbert, co-déléguée générale Union syndicale Solidaires
Herve Hamon, magistrat honoraire, ancien président du tribunal pour enfants de Paris, membre de l’AFMJF
Anne Leclerc, éducatrice retraitée,
ancienne secrétaire générale du SNPES-PJJ/FSU
Christophe Caron, éducateur PJJ, co-secrétaire national SNPES-PJJ/FSU.
Élisabeth Audouard, avocat
Claire Grover, présidente et bénévole de l’Association Bagagérue
Benoît Hubert, secrétaire général du SNEP-FSU
Pierre Lecorcher, secrétaire général adjoint CGT PJJ
Aurélie Trouvé, porte-parole d’ATTAC
Raphael Pradeau, porte-parole d’ATTAC
Alexandra Meynard, dirigeante confédérale en charge du service public
Yannick Apy, chargé de mission formation professionnelle
Philippe Piau, comédien, metteur en scène, membre du réseau des Dialogues en humanité
Fanny Salane, enseignante-chercheuse en sciences de l’éducation, Université Paris Nanterre
Christian Delorme, prêtre du diocèse de Lyon, ancien membre du Haut Conseil à l’Intégration, co-initiateur de la Marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983
Malek Boukerchi, anthropologue du lien social, philoconteur, ultramarathonien de l’extrême
Pierre Ravinet, responsable associatif
Jean-Jacques Yvorel, éducateur, historien, chercheur associé au CESDIP.
Esther Tonna, membre de la CE de l’UFAS CGT
Sophie Herlin, membre de la CE de la Fédération des Services Publics CGT
Céline Verzeletti, responsable confédérale CGT
Christophe Daadouch, formateur
Christine Cayre
Marc Brzegowy, directeur honoraire Protection Judiciaire de la Jeunesse
Nicolas Beriot, citoyen
Jeanne Demoulin, maîtresse de conférences en sciences de l’éducation, université Paris Nanterre
Éric Roulot, maire (PCF) de Limay.
Xavier Beaudoin, formateur spécialiste en pédagogies créatives, praticien-chercheur en économie circulaire, optimisation et mutualisation des usages.
France Doerler
Muriel Scibilia
Bertrand Baudez, facilitateur de relations humaines – Médiateur
Myriam Correcher, enseignante, visiteuse de prison (Fresnes)
Aïcha Naceh, directrice adjointe de centre de loisirs, travailleur social.
Murielle Maffessoli, directrice pour l’association Observatoire Régional de l’Intégration et de la Ville (ORIV)
Stéphane Danancier
Pavo, dessinateur de presse.
Pascal Marcault
Anne de Béthencourt, fondatrice de Reset the World, directrice du développement de la Heart Leadership University
François Besse, ancien détenu
Olivier Brito, maître de conférences en sciences de l’éducation, Université Paris Nanterre
Lucille Rouet, secrétaire nationale du syndicat de la magistrature, juge des enfants
Kristel Lepeu, avocate
Florence Chopin, avocat
Céline Azema, vice-présidente du tribunal pour enfants de Toulouse
Anaïs Vrain, juge des enfants
Josiane Morel Faury, avocat
Michèle Zemor, professeur retraitée, ex-conseillère région Île-de-France, vice-présidente de l’association Plaine Commune, adjointe au maire de Saint-Denis
Juliette Beigelman, ancienne éducatrice PJJ, élève-avocate
Valerie Perret, avocate
Dominique Attias, avocate d’enfants, ancienne vice-bâtonnière du Barreau de Paris
Hervé Heurtebize, éducateur spécialisé, secrétaire national SNUTER-FSU
Catherine Delanoë Daoud, avocate, membre de l’Antenne des mineurs
Gaelle Chollet, assistante de service social SNUTER18-FSU
Rachida El Hajoui, adjointe au maire de la ville de Limay (jeunesse, insertion professionnelle et emploi)
Sandrine Fornara, conseillère en formation continue, GIP Formation tout au long de la Vie (Nancy) en charge de la professionnalisation des médiateurs sociaux en contrat adultes-relais du Grand-Est
Sébastien Carpentier, juge des enfants au tribunal judiciaire de Nanterre
Julie Maire,
Isabelle Roth, avocat au Barreau de PARIS
Johanne Sfaoui, avocate au Barreau de PARIS
Thierry Brigodiot, chef d’une petite entreprise
Dominique Gregori Gilbert,
Delphine Colin, secrétaire nationale UFSE CGT
Marie Buisson, secrétaire générale FERC CGT
Sophie Leonard, psychologue/musicothérapeute
Jacques Lecomte, docteur en psychologie, président d’honneur de l’Association française de psychologie positive, membre du mouvement convivialiste et du comité scientifique de la Fondation Nicolas Hulot.
Odile Barral, juge des enfants
Éric Roulot, maire de Limay
Samia Chiki, journaliste et militante associative
Nawel Oumer, avocate et médiatrice, antenne des mineurs du barreau de Paris
Judith Zaoui, avocat
Nancy Bragard, facilitatrice
Annie Lahmer, conseillère Régionale Ile de France
Samir Allel, sociologue
Béchir Saket Bouderbala, consultant en affaires publiques, porte-parole de L630
Pierre Serne, conseiller régional écologiste d’Ile-de-France, conseiller municipal de Montreuil (93)
Nour Durand-Raucher, 
conseiller de Paris délégué à la prévention, médiation, sûreté dans le 11e.
Jérome Casteran, co-secrétaire national du SNPES PJJ FSU
Jean-François Monino, président d’Aubermédiation, maire adjoint honoraire d’Aubervilliers
Khaled Benmohamed, 
adjoint au Maire de Vitry-sur-Seine
Jean Marc Soubeste, 
conseiller municipal et communautaire. La Rochelle
Vanina Padovani, 
avocate
Gérard Gilbert,
retraité
Paul Devin,
président de l’Institut de recherches de la FSU, secrétaire général du SNPI-FSU
Clémentine Autain, députée (La France insoumise) de Seine-Saint-Denis
Elsa Faucillon, députée (PCF) des Hauts-de-Seine
Rabah Bouchaib,
Éliane Assassi, sénatrice (PCF) de la Seine-Saint-Denis
Vito Fortunato, Co-secrétaire national du SNPES-PJJ/FSI
Nabila Keramane, cadre EELV, ex-consillère régionale 78

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