Bonjour et bienvenue à cette sélection d’articles récents ! Cette semaine, je marche au ralenti car j’encaisse dur dès que le thermomètre dépasse 30°. Mais bon le ventilateur est en marche le temps de taper cette revue de presse qui, je l’espère, vous intéressera. Commençons par cette bonne nouvelle. Les CCAS ne sont plus sous la menace de leur suppression. Nous parlons ensuite d’un rapport du Sénat qui traite de la montée du masculinisme. Ce phénomène touche de plus en plus de jeunes et inquiète sérieusement les spécialistes dont les travailleurs sociaux. Nous irons aussi faire un tour du côté des métiers du travail social, avec un beau reportage sur des stagiaires qui découvrent le terrain en Seine-Saint-Denis, et un autre, plus préoccupant, sur la crise de vocation qui frappe les assistants de service social en Vendée. Et comme toujours, je vous ai concocté un florilège d’articles qui parlent de protection de l’enfance, de canicule, de CCAS, ou encore de la place de l’empathie dans un monde qui en aurait bien besoin… Ce de multiples liens susceptibles de vous intéresser… Bonne lecture !
Victoire pour l’action sociale de proximité : le Sénat renonce à rendre facultatifs les CCAS
Les centres communaux d’action sociale (CCAS) restent obligatoires : le gouvernement renonce à l’idée de permettre aux communes de s’en passer, sous la pression d’une mobilisation très forte des élus locaux et de l’Unccas. Cette marche arrière protège le rôle des CCAS comme premier accueil social pour les habitants, en particulier les plus fragiles.
Au départ, le gouvernement voulait, au nom de la « simplification » des normes, laisser aux communes le choix de créer ou non un CCAS. Un amendement soutenu au Sénat allait en ce sens : il rendait la création de ces centres facultative pour l’ensemble des communes françaises, au nom de la « libre administration » des collectivités. Concrètement, chaque maire aurait pu décider de remplacer le CCAS par un simple service administratif interne ou par d’autres dispositifs, sans garantie de maintien d’un vrai lieu d’accueil social identifié.
Sur le terrain, cette perspective a provoqué une réaction immédiate. L’Unccas, qui fédère plus de 15.000 CCAS et CIAS, s’est mise « vent debout » contre ce projet, en alertant sur les conséquences pour les habitants les plus vulnérables. De nombreux élus locaux, associations et professionnels de l’action sociale ont relayé cette inquiétude. Ils expliquent que pour une personne isolée, un retraité modeste ou une famille en grande précarité, le CCAS est souvent la seule porte d’entrée visible vers les droits sociaux : aides alimentaires, énergie, logement, accompagnement des personnes âgées ou handicapées, orientation vers les services spécialisés, etc.
Les CCAS sont des acteurs de proximité irremplaçables. Ils sont ancrés dans l’histoire de la solidarité locale et disposent d’une gouvernance qui associe élus, associations et personnalités qualifiées.Cette configuration permet de repérer finement les situations de détresse, d’organiser des visites à domicile, de monter des dispositifs très concrets comme le portage de repas, les colis alimentaires, des permanences d’écrivain public ou l’accompagnement de familles surendettées. Une formule revient souvent chez les défenseurs de ces structures : les CCAS agissent comme un « amortisseur social » face à l’augmentation de la pauvreté, au renchérissement du coût de la vie et à l’isolement des personnes âgées.
Pour l’Unccas et les acteurs locaux, ce recul du gouvernement n’est pas seulement une bonne nouvelle juridique ; c’est aussi la preuve qu’une parole collective, étayée par des exemples concrets de terrain, peut encore infléchir une réforme nationale. L’organisation insiste toutefois sur la nécessité de rester vigilante et de continuer à défendre ces services publics sociaux, en les renforçant plutôt qu’en les affaiblissant : moyens adaptés aux besoins, coopération intercommunale, évolution des missions face aux nouvelles formes de précarité. L’enjeu n’est pas uniquement la survie des CCAS, mais leur capacité à répondre, au quotidien, aux demandes très concrètes des habitants. (Lire le communiqué de l’UNCCAS)
Lire aussi :
- Victoire pour l’UNCCAS : le gouvernement renonce à rendre les CCAS facultatifs | Weka
- La mobilisation des CCAS a payé | ASH
Le masculinisme, une idéologie en expansion : plus diffuse, plus violente et plus populaire chez les jeunes
Voilà un article du Monde qui nous invite à réfléchir sur un phénomène très inquiétant. Il reprend un rapport du Sénat qui vient de paraitre : Celui-ci nous explique que le masculinisme est une idéologie en nette expansion, plus visible en ligne, plus violente et attirant un public de plus en plus jeune. Il insiste sur ses liens avec l’extrême droite, le complotisme et, dans ses formes les plus radicales, sur un risque de bascule vers des actes terroristes.
Le texte, long de 260 pages, est présenté comme le premier rapport parlementaire consacré à la montée de ces réseaux. Les autrices y expliquent que ce courant ne se limite pas à une simple critique du féminisme : il remet en cause l’égalité elle-même et s’inscrit dans un mouvement de retour en arrière sur les droits des femmes et des personnes LGBTQIA+. Le rapport parle d’un contexte mondial de backlash, c’est-à-dire de réaction contre des avancées sociales déjà conquises depuis de nombreuses années.
Le phénomène est décrit comme un ensemble très hétérogène. Il peut toucher de jeunes hommes en mal-être, mais aussi des influenceurs qui diffusent une haine ouverte des féministes et des femmes. Le rapport rappelle qu’après les données du Haut Conseil à l’égalité, 17 % de la population française adhère à un sexisme dit « hostile », dont deux tiers d’hommes. Cette diversité des profils explique, selon les autrices, la capacité du mouvement à circuler dans des milieux très différents.
L’un des points centraux de ce développement est le rôle des réseaux sociaux. Les contenus masculinistes se propagent vite, à travers des vidéos courtes, des mèmes, des références à la pop culture et un langage codé qui renforce le sentiment d’appartenir à un groupe choisi. Le rapport cite une étude de l’université de Dublin selon laquelle il faut 26 minutes pour qu’un utilisateur se voie proposer des contenus masculinistes sur TikTok et YouTube Shorts. C’est ce mélange de divertissement, de provocation et de conseil personnel qui rend ces messages particulièrement efficaces auprès des ados.
Le Monde souligne aussi ce que le rapport appelle une « économie de la misère psychologique » : les influenceurs promettent des recettes de séduction, de réussite sociale, d’argent et même de pseudo-accompagnement psychologique. Le cas de l’influenceur américain Clavicular est cité comme exemple d’un discours qui vend des modèles de virilité et de domination tout en cherchant à séduire un public jeune. Dans le même esprit, le « looksmaxxing », c’est-à-dire la transformation du corps pour le rendre plus désirable, est présenté comme une pratique qui pousse à la performance permanente.
Le rapport alerte aussi sur des effets très concrets dans la vie quotidienne. Laurence Rossignol dit avoir été marquée par les récits de filles, de mères et de sœurs confrontées à des jeunes hommes qui tentent d’exercer un pouvoir sur elles au nom de cette idéologie. L’article cite également un chiffre frappant : parmi les hommes exposés à ces contenus masculinistes, 35 % disent qu’ils ont reconsidéré l’usage du préservatif dans leurs relations sexuelles, et 45 % chez les 25-34 ans. Cela montre que le phénomène ne reste pas cantonné aux écrans.
La partie la plus inquiétante concerne la radicalisation violente. Le rapport relie le masculinisme à des cyberharcèlements organisés, à la banalisation du retrait des femmes du débat public, et à certaines violences meurtrières, dont des féminicides. Il mentionne aussi que des auteurs de tueries masculinistes, comme Elliot Rodger, sont parfois vénérés comme des « saints » dans la « manosphère ». La Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI) est citée dans le rapport. Pour elle, la mouvance comprend désormais une branche idéologique antiféministe et une branche « incel », plus radicalisée et disposée à employer le viol ou le meurtre pour rétablir une suprématie masculine et blanche. C’est assez terrifiant. (lire l’article du Monde)
Faire son stage dans le social : c’est comment ? | Seine-Saint-Denis.fr
En Seine-Saint-Denis, le département s’intéresse au regard de jeunes en stage dans des structures sociales du territoire. Ce mini reportage vidéo (short) sur YouTube est plutôt réussi. On y entend plusieurs stagiaires qui découvrent le quotidien du travail social au contact direct des publics : accueil, écoute, accompagnement dans les démarches, travail en équipe avec les professionnels de terrain. À travers leurs expériences, on mesure la variété des situations rencontrées, la charge émotionnelle parfois forte, mais aussi la dimension profondément humaine de ces stages, permettent de se confronter à la réalité des inégalités et des besoins sociaux. Une belle initiative :
Bonus
Le métier d’assistant de service social en crise de vocation | TV Vendée
À La Roche-sur-Yon, un reportage de la télévision locale nous fait entrer dans les coulisses de Sup Social, une école du travail social qui forme plus de 300 apprenants, entre jeunes bacheliers et adultes en reconversion. On y découvre le métier d’assistant de service social. Il est présenté comme un métier d’accompagnement des personnes pour les rendre plus autonomes, que ce soit dans le champ de l’insertion, de la santé ou au sein des collectivités territoriales. Cette année, ils et elles ne sont que 19 à être admis en première année de formation assistant de service social, un chiffre mis en regard avec la forte capacité de l’école et l’ampleur des besoins sur le terrain. Les responsables de la formation insistent sur le sens de ce métier de proximité, indispensable au quotidien de nombreux publics fragilisés.
Le reportage souligne en parallèle une tendance préoccupante : les candidats se font de moins en moins nombreux alors que les besoins restent très importants dans le secteur. À la sortie de la formation, les débouchés sont pourtant variés et bien réels, que ce soit en milieu hospitalier, en collectivités ou dans des associations. Le contraste entre offre et demande est au cœur du sujet : d’un côté, un métier utile, qui permet de soutenir, orienter, redonner des repères ; de l’autre, une baisse d’attractivité qui met en tension les établissements de formation comme les structures employeuses, déjà confrontées à des postes difficiles à pourvoir. (lire l’article de TV Vendée)
Lire aussi
- « Si on voit qu’ils ne vont vraiment pas bien, on peut aussi appeler le médecin traitant » : des assistantes sociales mobilisées pour prendre le temps | La Dépêche
- Dans l’Amérique polarisée de Donald Trump, l’empathie fait l’unanimité contre elle | Le Monde
- S’assurer de leur état de santé face à la canicule : un dispositif est mis en place à Ploumagoar | Le Télégramme
- Fraude à la CAF : les escrocs avaient créé plus de 1 000 faux comptes dans 75 caisses différentes pour toucher le RSA | Le Parisien
- Radiée du RSA, une maraîchère face à la traque des précaires menée par le Finistère | Reporterre
- L’interdiction des mariages d’étrangers sans papiers de retour à l’Assemblée nationale avec le soutien du gouvernement | Le Monde
- Julien Damon : « Il faudrait centraliser les prestations sociales et décentraliser l’humain » | Weka
- Prendre en compte la parole des jeunes : l’association Beauvallon mise sur la prévention en Côtes-d’Armor | Ouest-France
- ( Belgique ) Des affiches contre les visites domiciliaires placardées sur le CPAS de Mouscron : « Nos visites à domicile font partie de nos missions légales » | DH Les Sports+
- Nouvelle tentative parlementaire pour rendre les CCAS facultatifs | Weka
- Loi « simplification » : les normes vont-elles faire disparaître les centres communaux d’action sociale ? | 20 Minutes
Dans la presse pro
- Les CCAS de nouveau menacés de dissolutions | La Gazette des communes
- Police municipale : comment mieux recueillir la parole des victimes de violences sexuelles ? | La Gazette des communes
- Podcast « Les voix du social » – Angélique Revest : penser le travail social | Le Média Social
- Anne Devreese : « Le projet de loi inquiète les acteurs de la protection de l’enfance » | Le Média Social
- Ehpad et domicile face à la canicule : « Nous avons besoin d’actes » | Le Média Social
- Commob, travail social : porte-voix des luttes du social | ASH
- Parents et proches au cœur des Assises de la protection de l’enfance | ASH
- « Sans vision, sans moyens, sans professionnels » : les critiques pleuvent sur le projet de loi relatif à la protection des enfants | Enfance & Jeunesse Infos
- Les magistrats jugent que le projet de loi sur la protection des enfants restera largement théorique sans moyens | Enfance & Jeunesse Infos
Vous êtes allé(e) au bout de cette revue de presse ? Bravo et merci !
Photo en une : générée par IA ( les personnages et le lieu sont fictifs )
Photo dans le texte : Depositphotos


