Revue de Presse | FAS : la solidarité, pas le chaos / Travail social : des femmes à + de 90% / TISF, quésaco ?

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Bonjour et bienvenue à cette revue de presse qui vous invite à plonger dans l’univers du travail social, entre solidarité, engagement et quotidien parfois méconnu. Découvrez comment les acteurs de la solidarité se mobilisent pour le logement et l’hébergement d’urgence des plus fragiles d’entre nous. Un article des ASH nous explique combien le secteur reste majoritairement féminin et quelles réalités se cachent derrière ses chiffres. Sans oublier un éclairage sur le métier de TISF présenté par le département des Landes. Ces professionnelles de l’ombre changent, elles aussi, la vie des familles. Sans oublier les multiples liens susceptibles de vous intéresser… Bonne lecture !

 


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La Fédération des acteurs de la solidarité a réuni cette semaine les professionnel(le)s de la veille sociale et des SIAO. Ils étaient invités à s’interroger sur leur place dans le Logement d’abord. Pour ouvrir cette journée nationale, Pascal Brice, président de la FAS, a rappelé que « le logement d’abord ne peut pas être appliqué de façon dogmatique parce que les personnes que nous accompagnons ne peuvent pas être rangées dans des cases. ». Je reprends ici une grande partie du post sur LinkedIn de la Fédération :

Lors de la première table ronde, Stéphane Routier, administrateur de la Fédération Nationale des Samu Sociaux a évoqué la nécessité de débloquer « les accès aux titres de séjour pour les personnes en CHRS et hébergement d’urgence. Cela pourrait libérer des places et peut être même éviter de construire plus d’hébergement. » …/…

Elisa Herbage, présidente du GAN 115 SIAO de la FAS a insisté sur l’importance de faire « évoluer les politiques locales d’attribution ».  Elle suggère de « développer les plates-formes d’accompagnement pour mieux repérer les publics qui peuvent accéder directement à un logement. »

Jérôme d’Harcourt, délégué interministériel pour l’hébergement et l’accès au logement des personnes sans abri ou mal logées, a rappelé les chantiers en cours.. Nathalie LATOUR, directrice générale de la FAS a conclu le tour de table en s’adressant aux travailleuses sociales et travailleurs sociaux présent⸱e⸱s dans la salle : « On a besoin de vous ! Ne lâchez rien ! C’est dans la tempête qu’on a le plus besoin d’être ensemble » (aller à la source de l’info)

Rappelons au passage que la FAS tiendra son assemblée générale le 20 juin à la Cité du Refuge, 12 Rue Cantagrel, 75013, Paris

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Travail social : un secteur féminisé à plus de 90%

Le secteur du travail social  affiche une très forte féminisation, avec plus de 90% de femmes parmi les 1,1 million de professionnels recensés en 2022. Ce n’est pas nouveau mais la tendance ne s’infléchit pas. Ce chiffre atteint même 97,7% pour les métiers d’assistants maternels, de gardes à domicile ou d’aidants familiaux. Les métiers les plus représentés restent l’aide à domicile, qui regroupe 475.000 personnes, loin devant les éducateurs spécialisés ou les accompagnants d’élèves en situation de handicap ou encore les assistantes sociales dont les métiers sont de niveau 6. Même dans les secteurs considérés comme plus « masculins », comme les professions socio-éducatives, les femmes constituent toujours près de 68% des effectifs.

Cette prédominance féminine s’accompagne d’une précarité notable. Cela s’explique par le fait que 75% des aides à domicile travaillent à temps partiel. Ce temps partiel n’est pas toujours choisi : 30% des professionnelles du social déclarent y être contraintes faute de trouver un emploi à temps complet.

Il faut toutefois relativiser ces chiffres. Toutes ces statistiques fournies par la DREES et l’INSEE sont impactées par le grand nombre d’aides à domicile dont les conditions de travail sont différents de certains autres métiers.

L’âge moyen des travailleurs sociaux s’élève à 46 ans, avec une part importante de plus de 50 ans, notamment parmi les assistants maternels et les aidants familiaux. Leurs conditions de travail sont souvent difficiles, marquées par des horaires irréguliers, des interventions le soir ou le week-end. Ces contraintes pèsent sur la vie personnelle, avec une proportion non négligeable de célibataires ou de familles monoparentales parmi ces professionnelles.

Enfin, le secteur associatif demeure le principal employeur, concentrant 42% des effectifs, devant les entreprises privées et les particuliers employeurs. La aussi, ces chiffres sont liés à la nature des emplois d’aides à domicile. La réalité statistique des travailleurs sociaux de niveau 6 est minorée du fait qu’ils ne représentent que 10 % des professionnels. (lire l’article des ASH) (lire l’étude de la DREES)

 


Travail social : TISF, quésaco ?

Moi qui suis né à Mont de Marsan, j’adore cette question « Quésaco » ?  Cette fois-ci c’est le département des Landes qui la pose dans un article qui présente le métier de techniciennes en intervention sociale et familiale (TISF). Elles ont un rôle souvent méconnu, mais essentiel auprès des familles fragilisées. Loin des clichés d’« aide-ménagère » ou de « seconde maman », ces professionnelles du travail social interviennent directement auprès des familles, généralement lorsqu’elles rencontrent des moments difficiles : arrivée d’un enfant, séparation, maladie, handicap ou difficultés économiques. Comme le souligne Laurence Arotçaréna, coordinatrice du service Vest’A de l’ADMR, leur mission est claire : « aider les parents et faire grandir leurs enfants dans les meilleures conditions possibles ».

Présentes sur tout le territoire national, le quotidien des TISF, comme on les appelle, est marqué par une grande polyvalence. Dans cet article, Emmanuelle, forte de dix ans d’expérience, décrit un métier « multifonctions, multi-casquettes ». Elle peut passer de l’aide à l’organisation d’une chambre à des conseils sur la gestion d’un budget ou l’alimentation. Elles assurent aussi dans le soutien à la parentalité, notamment lors de visites médiatisées pour des enfants placés. Il s’agit alors  de sécuriser les retrouvailles avec leurs parents. Leur présence, parfois imposée, s’inscrit dans la durée et la confiance : « On rentre dans leur intimité, toutes les semaines, et la confiance se développe. Sans elle, on ne peut rien transmettre », confie Lucile.

Le financement de ces interventions provient principalement de la CAF et des Conseils départementaux., Dans les Landes, cela apporte plus de 11.000 heures d’accompagnement par an. Au-delà des visites à domicile, les TISF organisent des ateliers collectifs – couture, jardinage, sorties à la plage – pour rompre l’isolement et valoriser les compétences des familles. Valérie, ancienne commerçante, témoigne de ces moments où « parents et enfants redécouvrent des compétences et se revalorisent », offrant ainsi un nouveau souffle dans des quotidiens pouvant être pesants.

Face à l’évolution des problématiques – isolement, usage excessif des écrans, harcèlement scolaire – les TISF sont conduites aussi à adapter leurs pratiques. Elles bénéficient  de formations régulières et d’un travail d’équipe basé sur l’écoute et la bienveillance. Leur engagement, souvent discret, contribue à remettre de l’ordre dans les maisons… et dans les vies. (lire l’article sur xlandes-info.fr)

 


Vite dit, vite écrit :

  • J’ai reçu avant-hier le magazine des ASH de ce mois de mai. C’est la version « papier » et c’est copieux. Vous y retrouverez des reportages intéressants tel celui qui nous présente « la maison Sésame » une structure cogérée avec des personnes en exil. C’est super de penser l’intégration de cette façon-là. Vous y trouverez aussi un entretien avec la psychanalyste Laurie Laufer qui a publié un livre qui s’intitule « les héroïnes de la modernité ». C’est un hommage à toutes ces femmes insoumises qui ont été traitées de « vicieuses et d’hystérique ». Vous visiterez dans ce numéro une pension sociale pour les sortants d’hôpital sans domicile avec des témoignages de professionnels. Dans le cahier juridique, ce cher Raymond Taube nous parle dans ce numéro de l’IA en travail social : pour le meilleur et pour le pire, nous dit-il. Ses chroniques sont toujours très instructives et je n’en manque pas une. Le dossier juridique porte sur le soutien à la parentalité et présente les dispositifs à renforcer… Sans oublier une multitude de dossiers et d’articles dont je n’ai pas le temps de vous parler. Seule réserve ce titre en Une « Inceste : aider les pros à rompre le secret ». Ce titre me heurte un peu et je le trouve un peu racoleur alors que le contenu du dossier ne dit pas vraiment cela. Une grande place est donnée à la CIIVISE. J’aurais aimé trouver plus de témoignages de travailleurs sociaux de terrain…

 

  • Ne manquez pas cette tribune du sociologue Daniel Verba publiée par le Média Social. J’aurais aimé avoir le temps de la commenter. Elle s’intitule « Pour une écologisation du travail social »  C’est un sujet qui me tient à cœur. Il nous explique que « l’écologisation du travail social peut prendre deux formes : d’une part, les professionnelles peuvent transmettre aux personnes qu’elles accompagnent les pratiques les plus adaptées à un équilibre entre consommation et sobriété consentie. D’autre part, elles peuvent, au sein des organisations sociales et médico-sociales promouvoir des modes d’action volontaristes visant à réduire les consommations nuisibles à l’environnement et à dépenser l’argent économisé pour l’investir dans des équipements et des pratiques favorables à la déconsommation. » Le travail social « vert » reste un peu dans les limbes actuellement…

 


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Vous êtes allé(e) au bout de cette revue de presse ? Bravo et merci ! Merci aussi à Michelle Flandre qui m’a aidé à la réaliser. Michelle assure une veille sociale indispensable !

Photo : Fédération des Acteurs de la Solidarité sur son post LinkedIn

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