Bonjour et bienvenue à cette revue de presse ! Cette semaine, le monde du social ressemble à une mer agitée : entre les départements qui cherchent des économies sur le RSA ou les Ehpad, des étudiants qui décrochent dans les formations sociales, et des associations qui redoutent l’asphyxie budgétaire en 2026, les signaux d’alerte se multiplient. Derrière ces articles, c’est tout un système d’entraide et de solidarité qui s’interroge sur son avenir… mais aussi une multitude d’acteurs qui continuent à se mobiliser et à chercher des solutions. Sans oublier les multiples liens susceptibles de vous intéresser… Bonne lecture !
Dépenses sociales : quand les départements trouvent des leviers d’action
Le journaliste Frédéric Ville nous dévoile sur le site Weka.fr comment certains départements français comptent trouver des marges de manœuvre substantielles pour maîtriser leurs dépenses sociales. Christophe Baron, DGA du Pôle des solidarités au Département de la Vendée, a brisé un tabou. Il affirme qu’avant de réclamer davantage à l’État, les départements devraient d’abord exploiter les leviers déjà à leur disposition. L’Assemblée des Départements de France a d’ailleurs créé un groupe de travail dédié à cette question, reconnaissant que c’est l’accumulation de petites économies qui pourrait générer des résultats significatifs.
Les départements disposent de plusieurs outils pour optimiser leurs dépenses. Dans le domaine de l’insertion, la récupération des indus du RSA représenterait environ 1 million d’euros sur 40 millions en Vendée. L’idée est aussi d’orienter certains allocataires du RSA vers des dispositifs différents comme l’Allocation adulte handicapé ou le minimum vieillesse. Bref, les contrôles vont se multiplier et accroitre le non-recours
Le secteur du handicap offre des perspectives encore plus importantes : les dépenses de prestation de compensation du handicap ont presque triplé entre 2010 et 2024, passant de 1,1 à 3,1 milliards d’euros, alors que l’État ne compense ces allocations qu’à 35-40%. En Vendée, la création d’un poste de contrôle à 40.000 euros annuels aurait permis de récupérer 3 millions d’euros sur 15 millions de PCH. Les établissements pour personnes en situation de handicap financés par dotations globales peuvent également voir leur financement révisé lorsque le taux d’occupation ne correspond plus au nombre de places initialement prévu.
Dans le domaine de la vieillesse, l’article souligne que la Vendée a réduit les dotations dépendance versées aux Ehpad en fonction de la baisse des taux d’occupation. Cela aurait permis à la Vendée d’économiser 2 millions d’euros sur 250 millions au total. Certains départements sous forte contrainte budgétaire, comme le Nord, le Pas-de-Calais ou le Gard, imposent même des taux directeurs négatifs aux tarifs d’hébergement.
Je vous laisse prendre connaissance des mesures liées à la protection de l’enfance en Vendée. Christophe Baron anticipe des mesures comme la fermeture d’établissements qui pourraient être discutées lors de la prochaine loi de finances. Ces mesures toucheraient directement notre modèle social. (Lire l’article sur Weka.fr)
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Les abandons dans les formations sociales : un secteur en tension
L’Observatoire régional de l’emploi et de la formation de l’Institut Paris Région révèle les causes profondes des abandons dans les formations sociales en Île de France. C’est un phénomène qui traduit les difficultés structurelles de notre secteur. Cette étude s’inscrit dans la continuité du Livre blanc du travail social et analyse spécifiquement les formations d’assistant de service social, d’éducateur spécialisé, d’éducateur de jeunes enfants et d’accompagnant éducatif et social. L’analyse confirme une tension croissante dans un secteur pourtant essentiel, marqué par un déficit d’attractivité qui se répercute sur les parcours de formation.
On y apprend que les profils des étudiants ont évolué ces dernières années : ils éprouvent davantage de difficultés face aux réalités du terrain tout simplement parcequ’ils sont plus jeunes et sans expérience préalable du secteur. Le nombre de bacheliers professionnels et technologiques a augmenté dans ces formations, et ces néo-bacheliers sont souvent moins préparés aux exigences académiques et méthodologiques de l’enseignement supérieur.
L’orientation vers ces formations soulève une question, car la méconnaissance des métiers du social conduit à des choix par défaut qui fragilisent l’engagement des étudiants. Les conditions de vie constituent également un frein majeur : les contraintes financières pèsent lourdement sur le quotidien, particulièrement en Île-de-France où l’accès aux services universitaires est limité pour ces étudiants géographiquement éloignés des campus. Le recours à l’apprentissage, en augmentation, permet de préserver certains étudiants des difficultés économiques à l’origine d’abandons. Les établissements observent par ailleurs une montée des problématiques psychosociales qui rendent les étudiants plus vulnérables.
Face à ces constats, les établissements de formation renforcent le suivi individualisé et développent des dispositifs d’aide. Cela inclut de plus en plus le soutien psychologique et social. Cet accompagnement demeure toutefois coûteux en temps et en ressources humaines. Les formations d’accompagnant éducatif et social concernent des élèves en moyenne plus âgés et plus expérimentés professionnellement. Mais ils présentent davantage de difficultés liées à leur niveau de formation initial et à des problématiques personnelles.
Les auteurs de l’étude estiment que pour endiguer la baisse d’attractivité des métiers et des formations du secteur, il est indispensable de repenser l’orientation des étudiants. Comment ? en renforçant les synergies avec d’autres filières de l’accueil et du soin, et de soutenir les initiatives portées par les établissements pour s’ajuster aux problématiques de leurs étudiants. (Lire l’étude complète de l’Institut Paris Région)
« Si l’État ne rembourse plus, il faudra fermer » : l’inquiétude des structures sociales face au budget 2026
France Info rapporte l’anxiété croissante des structures sociales dépendantes des financements publics face aux perspectives budgétaires 2026. Les associations et établissements du secteur social redoutent une dégradation supplémentaire de leur situation financière si l’État ne maintient pas ses engagements. Ces structures, qui assurent des missions essentielles d’accompagnement des publics fragiles, fonctionnent déjà avec des budgets contraints et des trésoreries fragiles. Le non-remboursement ou les retards de paiement de l’État pourraient conduire à des fermetures d’établissements. Cela menace directement la continuité des services rendus aux personnes les plus fragiles.
Les acteurs de terrain témoignent de leur situation précaire. Ils disent leurs craintes quant à leur capacité à maintenir leurs activités dans un contexte où les besoins sociaux augmentent tandis que les moyens se réduisent. Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de tensions budgétaires . Les structures s’interrogent sur leur pérennité et sur les conséquences qu’auront les choix budgétaires gouvernementaux sur l’accompagnement des personnes vulnérables.
L’article souligne que ces structures se trouvent dans une impasse : elles ne peuvent réduire leurs dépenses sans compromettre la qualité de leurs services. Elles ne peuvent non plus continuer à fonctionner sans garantie de financement stable de la part des pouvoirs publics. Cette dépendance aux financements publics les place dans une situation d’incertitude qui affecte leur capacité de planification et leur attractivité auprès des professionnels du secteur. Les organisations interpellent les pouvoirs publics sur la nécessité de clarifier rapidement les engagements financiers pour 2026 afin de leur permettre de maintenir leurs missions auprès des publics qui en ont le plus besoin. (Lire l’article de France Info)
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Cette semaine sur l’ e-communauté « inclusion sociale » du CNFPT (inscrivez-vous c’est gratuit sans pub ni captation de vos données)
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Vous êtes allé(e) au bout de cette revue de presse ? Bravo et merci ! Merci beaucoup à Michelle Flandre qui m’a aidé à la réaliser.


