Pauvreté : 4 millions de Français supplémentaires fragilisés, la cohésion sociale menacée ?

Une étude du CREDOC menée par Sandra Hoibian et Patricia Croutte confirme ce que beaucoup pressentaient. La crise sanitaire et sociale a fragilisé plusieurs millions de Français dans la perception qu’ils en ont. En mai 2021, 31 % des Français ont indiqué se sentir en situation de vulnérabilité. C’est dix points de plus qu’en 2018, où la question avait été posée à l’identique. Soit une augmentation de 4 millions de personnes.

Les trois quarts des « nouveaux vulnérables » (ceux qui pointent l’impact négatif de la crise sanitaire sur leur situation) sont confrontés à un cumul de fragilités (logement, emploi, santé, isolement, relégation territoriale) contre  30 % des Français qui estiment ne pas  être en situation de vulnérabilité. Cela se mesure aussi par les charges financières de celles et ceux qui ne parviennent pas à les assumer

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La cohésion sociale menacée

Les conséquences ne sont pas seulement individuelles, elles sont également préoccupantes pour la cohésion sociale indique le CREDOC. La défiance dans les institutions, émanant de personnes fragilisées par les mesures d’endiguement de la pandémie, est marquée. En particulier, les « nouveaux vulnérables » se montrent moins confiants dans la protection  sociale. un « nouveau vulnérable » sur deux pense que la société française a besoin de changements radicaux. 

Ces Français fragilisés se montrent également plus compréhensifs vis-à-vis d’actions violentes contre les biens ou les personnes pour s’opposer à une décision que l’on désapprouve fortement ou pour faire triompher une cause à laquelle ils adhèrent. Cette réalité divise les Français notamment parce que ceux qui sont intégrés ne comprennent plus les réactions de ceux qui sont fragilisés et se vivent comme des exclus des aides sociales qui « profiteraient » à d’autres qu’eux.

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L’étude montre aussi l’impact positif des soutiens apportés pendant la crise par les associations ou les pouvoirs publics sur la capacité de ces personnes à aller de l’avant. Il faut donc relativiser les inquiétudes.

 

Comme si cela ne suffisait pas, la hausse des prix de l’énergie constitue une nouvelle alerte pour des millions de familles pauvres ou modestes : celle de basculer ou de s’enfoncer un peu plus encore dans la pauvreté explique Pascal Brice, président de la fédération des acteurs de la solidarité dans une tribune publiée par Ouest France

Certes, l’explosion de la pauvreté tant redoutée a pu être limitée. Le gouvernement a fait le nécessaire et les collectivités comme nos associations y ont pris toute leur part. Mais la pauvreté est plus que jamais là, elle augmente même. Elle s’ancre et s’enracine. Il ne faut donc pas baisser la garde.

« La pauvreté ne disparaîtra pas toute seule ».

Le combat doit plus que jamais être mené de manière structurante, dans la durée et non plus dans une urgence coûteuse. Il faut explique Pascal Brice prévoir les moyens de l’accompagnement social pour sortir de la rue et de la précarité, pour l’hébergement ; en comblant les failles de la prise en charge des souffrances psychiques ; en développant l’insertion par l’activité économique ; en sortant des impasses administratives imposées à tant de personnes en migration ; en se donnant les moyens de sortir de la panne du logement social.

Et là sans vouloir être pessimiste, nous ne sommes pas partis pour régler ce problème endémique du manque de logement au-delà les promesses qui n’engagent que ceux qui y croient.

 

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