Les multiples formes de surveillance numérique / SOS pour l’hébergement d’urgence / Pour un travail social indiscipliné

Violences conjugales : au-delà des logiciels espions, les formes multiples de la surveillance numérique

Le journaliste dans Le Monde, explique que les outils numériques du quotidien, comme les téléphones et les ordinateurs, sont souvent utilisés comme instruments de surveillance dans les affaires de violences conjugales. Les associations qui aident les victimes constatent cette réalité qui rend leur travail plus difficile.

Il n’est pas nécessaire d’installer un logiciel espion pour pirater un compte de messagerie. Dans le cas de violences conjugales, l’agresseur peut simplement trouver le mot de passe enregistré sur l’ordinateur familial, le deviner en utilisant le nom des enfants ou le connaître, car il a lui-même créé le compte. Un accès malveillant aux mails peut avoir de graves conséquences, en permettant à l’agresseur de maintenir son emprise sur la victime et d’obtenir des informations sensibles, comme le lancement d’une procédure de divorce. De manière générale, le piratage d’un compte Google ou Apple est facile. Cela peut donner accès à de nombreuses informations personnelles, comme l’agenda de quelqu’un ou son historique de recherche.

L’article du Monde donne des exemples de ces situations et présente la situation d’une mère de famille protégée par un téléphone grave danger. Elle avait déménagé à une adresse inconnue de son ancien compagnon, condamné pour violences. Cependant, sa fille de 12 ans avait un compte Snapchat qui permettait de partager sa localisation. L’ancien compagnon a sans doute retrouvé la famille grâce à cela. L’article ne précise pas comment se défendre de ces intrusions, mais donne des informations sur les pratiques actuelles. Ce n’est pas vraiment rassurant. (lire l’article du Monde)

 


Fonctionnement théorique, saturation endémique, solutions hypothétiques… Tout savoir sur l’hébergement d’urgence

Libération fait le point sur la situation avec Vanessa Benoit, directrice générale du Samu social de Paris et  Nathalie Latour, directrice générale de la Fédération des acteurs de la solidarité. En effet, les associations s’alarment une nouvelle fois sur la situation des services d’hébergement d’urgence. Ils sont déjà pleins alors que l’hiver vient juste de débuter et doit encore se poursuivre jusqu’à fin mars.

Le 115, le numéro d’urgence pour trouver un logement, est saturé et la situation est particulièrement tendue dans plusieurs grandes villes de France, comme Paris, Lyon et Strasbourg. Selon le Collectif des associations unies, qui rassemble 39 organisations, le nombre de nouvelles demandes d’hébergement d’urgence augmente notamment en raison de l’impact de l’inflation sur les ménages les plus modestes. Une partie des places d’hébergement d’urgence sont occupées par des personnes qui pourraient prétendre à d’autres formes de logement mais qui n’en trouvent pas. Cela rend difficile de « faire sortir les gens du dispositif », selon Nathalie Latour. Les demandeurs de logement sont de tous profils, allant de femmes seules ou avec enfants, à des familles et des personnes âgées.

L’article nous apprend que le gouvernement a pris des mesures pour faire face à l’urgence de la situation des sans-abris en réquisitionnant des lieux, comme l’ancien campus d’AgroParisTech à Paris et Thiverval-Grignon. C’est une façon de trouver des hébergements supplémentaires. Il a également demandé aux chefs d’entreprise de mettre leurs locaux inutilisés à disposition. Le gouvernement prévoit aussi de lancer au premier trimestre de 2023 un deuxième plan « logement d’abord » visant à trouver des hébergements durables, notamment par la construction de HLM à loyers très bas et par l’intermédiation locative, qui permet à des propriétaires privés de louer à des personnes en difficulté avec l’aide d’une association. Mais tout cela risque de prendre du temps et ne pas suffisamment répondre à la demande actuelle (lire l’article de Libération avec l’AFP)

Lire aussi sur ce sujet :


Travail social : « Dans la période que nous traversons, il est urgent de sortir du silence et de la résignation »

Le média en ligne Basta! donne souvent la parole aux travailleurs sociaux. Sa journaliste Nolwenn Weiler a cette fois-ci interrogé Anne Salmon, philosophe et sociologue. Cette professeure des universités au Cnam, responsable du master Recherche en travail social vient de publier chez Érès Pour un travail social indiscipliné, coécrit avec l’économiste Jean-Louis Laville.

« Le savoir-faire des travailleurs sociaux, pour une large part tiré de leur expérience au plus près des problématiques des personnes accompagnées, n’est pas du tout valorisé » dit-elle. L’auteure donne un autre exemple : celui des éducateurs de rue. Ils ont une connaissance fine des jeunes et des quartiers, ils sont en contact permanent avec les habitants. Or, ils sont confrontés à des commandes très ciblées – par exemple le travail avec des préadolescents – qui ne correspondent pas nécessairement à ce qui serait utile aux populations avec lesquelles ils sont en constante relation.

Nolwenn Weiler nous dit un peu ce que nous savons déjà : « le travail social est de plus en plus cadré par des logiques gestionnaires, par des appels à projets, par des réglementations tatillonnes, par des éléments largement issus du monde de l’entreprise …/… Ces logiques obligent les travailleurs sociaux à multiplier les tâches de « reporting », autant de temps qu’ils ne consacrent plus à la relation avec les personnes accompagnées. Or, le travail de l’éducateur ou de l’assistante sociale se construit dans la relation à l’autre.

L’auteure apporte toutefois un autre éclairage : « Ce que les travailleurs sociaux vivent aujourd’hui, c’est en définitive ce qu’ont vécu les entreprises publiques comme EDF ou France Télécom il y a vingt ans » résume-t-elle. « Les établissements sociaux et médico-sociaux n’ont pas une idée très claire de cette histoire et ils subissent par conséquent les mêmes coups, mais de façon plus dure encore parce que les processus de marchandisation sont mieux rodés par ceux qui entendent les imposer ». (lire l’article de Basta!)

 


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Note : Il n’était plus possible depuis quelque temps de rédiger de commentaires à la suite des articles. Ce bug étant dû à une mise à jour de WordPress. C’est désormais réparé. Vous pouvez, si vous le souhaitez, réagir aux articles et partager ainsi votre point de vue avec les autres lecteurs. Merci à Jean-Pierre qui m’a alerté sur ce sujet. Merci à vous de me prévenir si vous rencontrez ce type de difficulté (didier@dubasque.org)

 

Vous êtes allé(e) au bout de cette revue de presse ? Bravo et merci ! Merci aussi à Michelle Flandre qui m’a aidé à la réaliser.

 

Photo : freepik AAuE7mAGNC3DW34rFvbHhMYavGIv9znLB0X53CLmbYka=s96 c  user18526052

 

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Une réponse

  1. Commentaire sur « Un travail social indiscipliné »
    Un des soutiens forts qui peut être apporté aux travailleurs sociaux est la formation permanente en cours d’emploi.
    Avec un peu de chance, on peut y apprendre une ou deux choses nouvelles, ou y revivifier des choses connues mais un peu oubliées. Cette dimension là fait toujours plaisir aux gestionnaires qui considérent que leurs agents seront plus « productifs »….
    L’essentiel n’est pas là: 2-3-4 jours passés ensemble avec des collègues en fonction, c’est l’occasion d’échanger, de communiquer, de faire de l’intelligence collective, de comparer les conditions de travail, l’organisation. Surtout quand on peut mettre à profit les traditionnelles « pauses » pour être dans l’informel.
    A la fin, on se sent plus forts, on a des éléments de comparaison, des arguments pour les discussions futures en réunions d’équipes, et à exposer aux responsables hiérarchiques.
    Alors, travailleurs sociaux, publics ou privés, soyez « collectifs », alignez les arguments pour réclamer de la formation, dites bien que vous en avez besoin pour vous perfectionner, pour atteindre les objectifs, et profitez en pour vous ressourcer entre vous!

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