Ensemble, refusons la misère ! C’est une question de dignité

La pénurie de carburants ne doit pas nous faire oublier que c’est aujourd’hui la journée mondiale du refus de la misère. « La plus grande misère, c’est de ne pas être en connexion avec les autres, ne pas réfléchir avec les autres. Le rejet, c’est la mort, la destruction de l’autre », dit Anne, militante Quart Monde à la Réunion. L’association publie sur son site un édito signé par 37 organisations.

À Paris, le rendez-vous est donné ce jour à 17h30, au Trocadéro. Au programme : des animations et des prises de parole de personnes en situation de pauvreté et de représentants associatifs retransmises en direct ici. Rappelons que cette manifestation est mondiale. Des manifestations sont prévues dans de très nombreux pays, notamment d’Amérique latine et d’Afrique.

« La pauvreté est une violence subie »

Dans son communiqué, ATD Quart Monde appelle à en finir avec la « pauvrophobie » et demande l’effectivité des droits. L’association s’inquiète de la multiplication, ces dernières semaines, des discours laissant croire que les pauvres seraient responsables de leur situation ou qu’ils s’en satisferaient. Ces discours ont des conséquences délétères : en plus de pointer du doigt des personnes qui sont déjà fragilisées dans leur accès aux droits, ils servent à justifier le recul des droits, comme en témoignent les réformes à venir du RSA et de l’assurance chômage. Ils contribuent à augmenter encore le taux déjà alarmant de non recours aux droits.

« Ces discours sont d’autant plus inquiétants au moment où l’inflation pèse lourdement sur les plus pauvres. Aujourd’hui, 9 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en France dont 3 millions d’enfants. 9 millions de personnes qui voient leurs conditions de vie déjà précaires se dégrader face à l’augmentation de l’énergie, de l’alimentation et des loyers. Autant de postes de dépenses incompressibles qui pèsent plus lourdement sur le budget des plus pauvres. Et ce ne sont pas les 4 % d’augmentation des minima sociaux, la hausse de 3,5 % des APL ou les primes distribuées ponctuellement qui permettront de faire face durablement à l’augmentation du coût de la vie. »

Marie-Aleth Grard, présidente d’ATD Quart Monde rappelle que « La Journée mondiale du Refus de la Misère, le 17 octobre, est l’occasion de rappeler que la pauvreté n’est pas un choix, mais une violence subie. Nous ne connaissons aucune personne qui fasse volontairement le choix du chômage ou du RSA. Nous devons sans relâche lutter contre les discours qui affirment le contraire, car en renvoyant les pauvres à leur responsabilité individuelle, on veut faire oublier celles de l’État qui n’est pas à la hauteur dans la lutte contre la pauvreté. Il y a urgence à mettre en œuvre des réformes qui renforcent les droits et leur application au quotidien, au lieu de détricoter notre système de protection sociale sur fond de pauvrophobie. L’État doit prendre sa part de responsabilité dans la lutte contre la grande pauvreté et pour cela nous avons besoin d’être rejoint par le plus grand nombre dans ce combat.»

Une journée internationale axée sur la dignité de l’être humain

La journée est reconnue par les Nations Unis sous le titre de « International Day for the Eradication of Poverty » (Journée internationale pour l’éradication de la pauvreté) ce qui est un peu différent. Cette journée animée par l’ONU en est à sa trentième édition. Le thème retenu s’intitule « Mettre en pratique la dignité pour tous » : La dignité de l’être humain n’est pas seulement un droit fondamental en soi, mais constitue la base de tous les autres droits fondamentaux. La « Dignité » n’est donc pas un concept abstrait : elle appartient à tous et à chacun. Aujourd’hui, de nombreuses personnes vivant dans une pauvreté persistante voient leur dignité niée et non respectée.

L’ONU rappelle aussi que, malgré les crises, nous vivons dans un monde caractérisé par un niveau sans précédent de développement économique, de moyens technologiques et de ressources financières. C’est contradictoire avec le fait que des millions de personnes vivent dans l’extrême pauvreté.  Tout cela ne peut que susciter une profonde indignation morale. En outre, les personnes qui vivent dans la pauvreté doivent faire face à de nombreuses discriminations, dans de nombreux pays, si ce n’est la totalité, avec notamment :

  • Des conditions de travail dangereuses ;
  • Des conditions de logement insalubres ;
  • Des carences en aliments nutritifs ;
  • Un accès inégal à la justice ;
  • Une absence de participation politique.
  • Un manque d’accès aux soins de santé.

 

Il existe aussi un comité international de la journée du 17 octobre. La vidéo qui suit sous-titrée en français vous permet de mieux comprendre qui le compose et ce qu’il fait. Vous remarquerez que l’association ATD Quart Monde y est très investie.

Le comité édite sur son site (en bas de la page d’accueil)  une carte interactive qui permet de voir là où les pays s’engagent pour cette journée avec des détails sur ce qui se passe dans les différents pays.

carte des manifestations jirm

En France les manifestations sont nombreuses, mais elles ne sont pas toutes identifiées dans les différentes villes. On peut les retrouver dans une autre carte dédiée ici sur le site d’ATD Quart Monde ou en agrandissant la carte suivante et en cliquant dessus :

Certaines manifestations se sont déjà déroulées samedi, d’autres ont lieu aujourd’hui. Voici donc un aperçu des articles de presse :

france journee refus misere

 

 

Photo : les membres du comité international de la journée du 17 octobre (photo extraite du site du comité)

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