Quelles seront les futures évolutions de la famille d’ici à 2050 ?

Le magazine slate.fr nous rappelle d’abord q’une famille en 2020, ce n’est plus forcément un papa, son épouse et leurs enfants biologiques. Dans un article consacré par le Guardian aux mutations des schémas familiaux, une statistique toute simple résume bien cette évolution: aux États-Unis, moins de la moitié des enfants vivent avec leurs deux parents biologiques dont c’est le premier mariage.

Alors que va devenir la famille ? Le journal anglais The Guardian nous en propose un portrait tot à fait nouveau. En effet « La technologie et l’économie pourraient changer radicalement notre compréhension de la famille dans les années à venir – et renforcer les privilèges hérités »

La famille, un modèle qui évolue imperceptiblement

Aujourd’hui le modèle dominant en Angleterre comme en France, reste le couple hétérosexuel. Mais il y a un certain nombre de faits qui nous montrent une lente évolution. Un nombre croissant de femmes devient le soutien de la  famille, mais n’imaginez pas que ce sont toutes des femmes à revenu élevé supportant facilement le fardeau financier; la plupart sont à faible revenu et les chiffres incluent les mères célibataires.Autre réalité  les pressions financières sur les jeunes adultes les incitent  à rester chez leurs parents plus longtemps. Il y a eu une augmentation de 46,3% du nombre de jeunes adultes vivant avec leurs parents au cours des deux dernières décennies.

Le nombre de personnes vivant seules augmente, tout comme le nombre de femmes qui choisissent de ne pas avoir d’enfants, et nous avons aussi moins d’enfants qu’avant.

La technologie va-telle contribuer à recomposer la famille ?

La technologie de reproduction se développe et évolue parallèlement au changement des attitudes sociales. Susan Golombok, directrice du Center for Family Research de l’Université de Cambridge, et auteur du livre à paraître « We Are Family » explique par exemple qu’il existe aujourd’hui un nombre restreint mais croissant de personnes qui se rencontrent sur Internet pour avoir des enfants ensemble, sans relation amoureuse. « Nous ne savons pas encore comment cela fonctionne pour eux ou pour les enfants » précise-t-elle.

«Au cours des deux dernières décennies, nous avons constaté une augmentation considérable du nombre de mères célibataires par choix – les femmes célibataires qui décident de faire cavalier seul et d’avoir des enfants, grâce à l’insémination par donneur – mais, dit-elle nous commençons maintenant à voir des célibataires pères par choix. C’est un très petit groupe. Certains d’entre eux sont des hommes homosexuels, ce qui est en quelque sorte plus évident, mais il existe également des hommes hétérosexuels célibataires ayant des enfants par le biais de la maternité de substitution et du don d’ovules.

Il y a également une augmentation du nombre de parents transgenres. « … En raison de l’évolution de la procréation assistée et des personnes capables de conserver les ovules et les spermatozoïdes, davantage de personnes transgenres ont des enfants après leur transition » indique Susan Golombok.

La technologie au service des plus riches avec des enfants génétiquement modifiés ?

« Les progrès technologiques créeront des débats éthiques de plus en plus importants ».  En effet les futurs parents vont être capables de sélectionner des embryons pour éliminer les maladies et affections héréditaires. Mais d’ici 2050, ils pourraient payer pour choisir non seulement pour une bonne santé mais pour des traits tels que l’intelligence, l’attrait ou les capacités physiques.

Les bébés de parents riches pourraient être génétiquement supérieurs à ceux nés dans des familles à faible revenu. «Les ovules et le sperme artificiels sont à l’horizon», dit Susan Golombok, «ce qui ne sera pas seulement utile aux couples hétérosexuels infertiles, mais permettra aux couples de même sexe d’être tous les deux les parents biologiques de leurs enfants. Cela signifie que les hommes peuvent produire des œufs et le sperme, et les femmes aussi. Pour les célibataires qui veulent avoir des enfants, il leur serait même possible de produire des ovules et du sperme.» Est ce de la science fiction ? Plus vraiment aujourd’hui car cette évolution apparait tout à fait crédible.

Les tests génétiques seront de  plus en plus courants. Il sera plus difficile pour les parents de garder le secret de l’origine de leurs enfants tels qu’ils ont été conçus en utilisant des ovules ou du sperme de donneurs.

Evidemment avec ces évolutions des problèmes nouveaux vont apparaitre. Mais rappelons toutefois que la génétique n’est pas primordiale dans le concept de famille. «La famille n’est plus nécessairement liée à la parenté biologique – La famille est aussi celle des « parents » non biologiques qui élèvent et prennent soin de l’enfant.

Dois aller plus loin dans la traduction de cet article ? La journaliste du Guardian  Emine Saner (@eminesaner) va beaucoup plus loin. 

Des utérus artificiels seront sur le marché

D’ici 2050, Il faudra compter  sur  des utérus artificiels pour faire grandir les bébés. «Ils sont développés actuellement pour aider les bébés très prématurés à reproduire autant que possible l’utérus humain. Mais finalement, il est possible à terme que des utérus artificiels soient utilisés à la place de la grossesse.» Cela aurait pour conséquence de  « libérer » des femmes pour qui la grossesse – et ses conséquences physiques et psychologiques, ainsi que le coup financier qu’elles subissent en prenant du temps sur leur carrière – est quelque chose de subi plutôt qu’apprécié ». On imagine la suite…

Un nombre croissant de femmes congèlent leurs ovules et l’âge auquel les femmes ont leur premier enfant augmente également. En 2050, sera-t-il plus normal pour les femmes dans la cinquantaine, voire la soixantaine, de devenir mères? «C’est techniquement possible», explique Susan  Golombok. Mais il lui semble peu probable que de nombreuses femmes souhaitent réellement le faire.

Photo PRO Steve C  Famille-B -Steve.C-  le 29 novembre 2014 Certains droits réservés

Partager

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email

Articles liés :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :