Didier Dubasque
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Amnésie numérique : quand nos smartphones remplacent notre cerveau !

Ah, la technologie ! Elle nous apporte tant de choses merveilleuses ! Des selfies avec nos animaux de compagnie, la possibilité de commander ce que l’on veut sans quitter son canapé, mais aussi, l’amnésie numérique. Oui, vous avez bien lu. Notre cerveau a tendance à oublier depuis que nous confions nos données à nos smartphones. Mais avant de jeter votre doudou numérique, dont nous ne pouvons si peu nous passer désormais, laissez-moi vous apporter quelques explications.

L’amnésie numérique, selon une étude de Kaspersky Lab, est définie comme l’oubli d’informations confiées à un appareil numérique qui les stocke et les mémorise pour vous. En d’autres termes, c’est cette sensation que vous ressentez lorsque vous réalisez que vous ne pouvez pas vous souvenir du numéro de téléphone de votre meilleur ami ou de votre compagnon. Par contre vous parvenez encore à vous rappeler du numéro de votre maison lorsque vous étiez un(e) adolescent(e) dans les années 90 quand, les téléphones étaient encore reliés à un fil ! Comment expliquer cela. Nous oublions des choses récentes, mais nous gardons en mémoire celles qui sont plus anciennes.

Notre cerveau : un disque dur fatigué ?

L’étude a révélé que la majorité des consommateurs connectés français ne peuvent pas se rappeler des numéros de téléphone importants. Par exemple, 58% ne se souviennent pas du numéro de leur enfant, 89% oublient le numéro de l’école de leurs enfants, et 51% ne peuvent pas se rappeler du numéro de leur travail. Mais attendez, là où cela devient étonnant, toujours selon cette étude : 50% des personnes peuvent instantanément se rappeler du numéro de leur domicile lorsqu’ils avaient entre 10 et 15 ans. C’est peut-être la preuve que notre cerveau a une capacité de stockage limitée, comme un vieux disque dur, et qu’il doit faire de la place pour de nouvelles informations. Une autre hypothèse plus crédible est que nous étions simplement plus attentifs avant l’ère des smartphones.

Les conclusions de Kaspersky Lab suggèrent que notre incapacité à conserver des informations importantes est due au fait que nous transférons la responsabilité de mémorisation à nos appareils numériques. En effet, près de la moitié (43%) des jeunes consommateurs européens interrogés ont déclaré que leur smartphone mémorise presque tout ce dont ils ont besoin de savoir ou de se rappeler. C’est comme si nous avions externalisé une partie de notre cerveau.

Une dépendance qui a un coût.

Imaginez perdre les données stockées sur votre smartphone. Pour beaucoup, cela serait dévastateur. Près de quatre femmes sur dix en Europe (38%) seraient particulièrement chagrinées car elles ont des souvenirs stockés sur leurs appareils. les perdre et ne pas pouvoir les récupérer serait très stressant et somme toute assez triste. Une femme européenne sur cinq (20%) serait même « catastrophée » car leurs appareils sont le seul endroit où elles stockent leurs photos et leur carnet d’adresses.

Malgré cette dépendance croissante, beaucoup ne parviennent pas à protéger efficacement leurs appareils. Seulement un tiers des personnes interrogées par cette étude avait installé un logiciel de sécurité sur leur smartphone (34%) ou leur tablette (24%).  21% d’entre eux ne protègent aucun de leurs appareils avec un logiciel de sécurité.

Utilisons nos cerveaux !

En conclusion, oui, les appareils connectés enrichissent nos vies, mais dans le même temps, il y a un prix à payer. Ils développent en nous une amnésie qui fait que nous faisons de moins en moins travailler notre mémoire. Nous devons en comprendre les implications à long terme. Il nous faut penser notre façon de mémoriser et de réfléchir à la manière dont nous pouvons protéger nos précieux souvenirs. La mémoire est un bien précieux. Ceux qui connaissent des personnes qui l’ont perdu le savent bien. Il faut régulièrement la stimuler.

Alors n’oubliez pas, la prochaine fois que vous vous demanderez où vous avez mis vos clés, ne cherchez pas sur Google. Essayez plutôt de vous souvenir où vous les avez laissées la dernière fois. Après tout, un peu d’exercice mental n’a jamais fait de mal à personne !

 

 

photo : shurkin_son Shurkin Son  sur Freepik

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Une réponse

  1. c’est ce que Bernard Stiegler, et, une soixantaine d’années avant, Gilbert Simondon, appellaient la « grammatisation »… et ça ne concerne pas que le téléphone, loin s’en faut…

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