Alerte… enfance ! Procès médiatique après la mort de la petite Vanille tuée par sa mère : l’ASE à nouveau mise en cause

« Après la mort de la petite Vanille, tuée par sa mère, un silence de recueillement devrait être de mise. Mais c’est sans compter sur ceux qui se font concurrence, avec la complicité de médias surfant sur cette émotion extrême, et qui désavouent l’Aide sociale à l’enfance, militant pour une rupture de liens définitive entre enfants en danger et leurs parents » nous explique Yves Faucoup

Sans même s’interroger, Martine Brousse, présidente de La Voix de l’enfant, déclare tout de go sur FranceInfo que « sans doute aurait-on pu éviter ce meurtre » Elle interpelle Agnès Buzyn, ministre de la Santé et Adrien Taquet, secrétaire d’État à la protection de l’enfance, pour voir « la réalité, combien de familles relèvent de la psychiatrie aujourd’hui et ont la responsabilité de leur enfant ».

Yves Faucoup analyse sur son blog l’émission C à vous (France 5) qui, dit-il, ne pouvait être en reste au sujet de ce drame : « les producteurs auraient pu inviter des professionnels du social, de la psychiatrie, de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), Mais non ». Ils ont invité Martine Brousse dont les propos sont systématiquement à sens unique et Lyès Louffok déjà très présent dans les médias. Yves Faucoup relève au fil de l’émission les incohérences de leurs propos allant même jusqu’à constater que c’est la journaliste qui garde une position mesurée. Mais là n’est pas l’essentiel.

« Anti-familialistes », « familialistes », même combat  : s’en prendre à l’ASE source de tous les drames…

Au final il n’y a pas deux positions mais trois dans ces débats même si l’on entend toujours les mêmes. Il y a, telle Martine Brousse,  les « anti-familialistes », qui considèrent qu’il faut systématiquement couper les liens entre les enfants placés et leurs parents pour éviter tout risque.

Mais il y a également les « familialistes » qui, eux aussi, sont très virulents sur le web mais peu présents sur les plateaux télés. Ce sont généralement des parents dont les enfants ont été placés. Ils vivent cela comme une injustice et un déni de Droit. Ils expriment leur rage et leur colère liées à la souffrance provoquée par la séparation. J’en ai croisé certains qui manifestaient devant les locaux du ministère des Solidarités à Paris. Je n’ai pas osé les aborder tant ils étaient énervés pour ne pas dire plus. Pour eux il ne faut surtout pas couper les liens entre enfants et parents.

Familialistes et anti-familialistes ont un point commun : tous critiquent et même vilipendent  l’Aide Sociale à l’Enfance qu’ils accusent de tous les maux.

La 3ème voie :  l’Aide Sociale à l’Enfance

L’Aide Sociale à l’Enfance représente pourtant la 3ème voie :  ni familiariste ni antifamiliariste. Parfois elle accompagne des parents afin qu’ils puissent à nouveau vivre avec leurs enfants, et  parfois elle s’oppose à ces retours et même à tout contact quand la situation de protection s’avère nécessaire et que le risque est identifié. Cette voie est celle qui étudie les situations au cas par cas. L’ASE quoi qu’on en dise ne cesse de rendre compte de son travail notamment lors des procès. Ce sera aussi le cas pour le décès de la petite Vanille. Certes, certains fonctionnements et pratiques de l’ASE sont critiquables et doivent être améliorés mais comment expliquer cet « ASE bashing » quasi permanent ?

C’est sans doute aussi parce que la complexité et le cas par cas, ça n’intéresse pas les médias ni celles et ceux qui penchent d’un bord ou de l’autre. Il faut des personnes bien clivantes sur les plateaux de télévision et de radio. Surtout pas de professionnels expérimentés (Vous êtes des milliers de travailleurs sociaux à l’ASE capables d’expliquer comment vous travaillez et pourquoi vous agissez de telle ou telle façon)

Alors chers collègues qui travaillez à l’ASE, Prenez la parole;  Ne vous laissez pas malmener. Vous avez déjà des conditions de travail difficile et, quand un drame survient, votre travail est de surcroit dénigré. Expliquez la complexité de votre mission et sa valeur aussi. Dites comment vous intervenez. S’il vous plait arrêtez de vous laisser disqualifier. Vous méritez beaucoup mieux que cela.

Merci à Yves Faucoup qui dans ses écrits remet les pendules à l’heure

photo : Licence Pixabay

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2 réponses

  1. Ce qui est fait ne correspond pas à la réalité de la Dass qui a fait du mal aux enfants de la Dass j’ai vécu avec une personne victime 😱😱

    1. Oui, il faudait aussi pouvoir écrire sur la souffrance des enfants face à la séparation familiale et le fait d’être élevé paa une famille qui n’est pas la sienne. Parfois cela se passe bien heureusement mais souvent la séparation affecte le psychisme de l’enfant dont les parents sont disqualifiés. C’est un sujet difficile à aborder car il provoque des émotions fortes et l’on ne peut pas rester indifférent au regard de la propre histoire de chacun

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