Didier Dubasque
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Addictions aux écrans : « il est urgent d’accompagner les parents »…

« Fais ce que je dis, pas ce que je fais… ». Cette injonction mérite d’être étudiée dans les usages des outils numériques quand on sait combien les enfants sont sensibles aux exemples et pratiques de leurs parents.  Une étude parue il y a 3 ans menée par l’Observatoire de la Parentalité et de l’Éducation Numérique (OPEN) et l’Union Nationale des Associations Familiales (UNAF) qui a fait appel à Médiamétrie nous en apprend un peu plus sur ce sujet. Puis plus récemment en février 2022 une autre enquête insiste sur l’urgence d’accompagner les familles face aux addictions constatées.

Parents addicts aux écrans = enfants dépendants

Haro sur le mythe de l’enfant qui passe son temps sur internet : ce sont les parents qui sont surconnectés. : 96% des parents utilisent internet au moins une fois par jour, contre seulement 35% des enfants. Attention cependant, précise OPEN, il s’agit du temps en ligne, et pas uniquement du temps d’écran : télé, console de jeux, jeux sur smartphone ou tablette ne sont pas forcément représentés dans ce chiffre.

Pour autant le taux d’équipement des enfants est vraiment impressionnant : ils sont très tôt propriétaires de leurs propres appareils. À 10 ans, ils sont 35% à posséder leur propre console de jeu, 28% leur propre tablette, et 11% leur propre téléviseur. Le téléphone portable arrive très vite aussi : entre 11 et 14 ans, ils sont 65% à posséder le leur.

Comment aider les parents ?

Certains résultats de l’étude laissent songeur : 81% des parents utilisent leur portable devant leur enfant – encore un exemple du «fais ce que je dis, pas ce que je fais…». Pour Thomas Rohmer, président d’OPEN, ce résultat est aussi révélateur d’une tendance plus profonde : les parents plus jeunes sont constamment bombardés d’injonctions éducatives souvent contradictoires et inutilement anxiogènes. Mais cela ne règle pas les problèmes.

Pourtant, il existe des solutions – et les parents les connaissent déjà. Des parents prennent déjà les choses en main et utilisent de multiples stratégies pour faire diminuer le temps d’exposition de leurs enfants aux écrans. L’étude montre bien que certains parents sont créatifs et volontaires quand il s’agit de fixer des règles….

Familles & numérique : il est urgent d’accompagner les parents

En février dernier, OPEN et UDAF ont récidivé en publiant une nouvelle étude avec cette fois-ci IPSOS. Le premier constat de cette étude est sans surprise : les clics ont augmenté pendant les différents confinements ! La consommation numérique s’est accrue de 44 % pour les parents, contre 53 % pour les enfants.

Ce travail d’enquête nous en apprend un peu plus : L’un des points notables est la très nette différence de perception entre les parents et leurs enfants ; les parents sous-estiment très largement les activités numériques de leurs enfants et cette méconnaissance s’accroît chez les enfants les plus jeunes. 27 % des parents interrogés indiquent que leur enfant, âgé de 7 à 10 ans, utilise un smartphone alors que les enfants déclarent être 52 % à le faire !

La vision des risques est également très différente. Les parents évoquent des risques sociaux comme la dépendance (51 %) ou le cyberharcèlement (49 %) alors que les enfants parlent de problématiques sanitaires (maux de tête pour 53 %, difficultés d’endormissement, 42 % ou passivité, 39 %).

Un autre aspect peut nous interroger :  41 % des parents interrogés ont déjà utilisé un logiciel d’espionnage (dont 30 % en concertation avec leur enfant) soit une progression de 70 % en 2 ans. « On ne parle plus ici de contrôle mais de flicage ! » Pour Jocelyn Lachance, membre du comité d’experts de l’OPEN et spécialiste des nouveaux usages numériques, « les parents s’informent de plus en plus aujourd’hui à travers les traces. Les données remplacent peu à peu les échanges, ce qui accentue la disparition du dialogue ». Selon lui, la géolocalisation en est la meilleure illustration de cette surveillance qui ne donne plus la possibilité de déroger aux contraintes établies par les parents. Cela contribue à renforcer la défiance. Or les ados ont besoin de garder une part d’ombre sur leurs activités sans que cela soit perçu comme un danger.

L’observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique, il existe un besoin d’accompagnement important des familles. S’agit-il de l’accompagnement des parents ou des enfants ? La question se pose quand on apprend que près d’un parent sur deux ne se sent pas suffisamment accompagné, mais seul un parent sur quatre reconnait qu’il est prêt à adapter son comportement numérique.

 

J’aborde aussi le sujet des écrans et des enfants dans mon ouvrage que vous pouvez découvrir ici 

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Crédit photo : freepik – fr.freepik.com

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