Canicules et fortes chaleurs, nous sommes tous concernés ! Le gouvernement également.

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L’épisode de chaleur intense et précoce qui touche notre pays nous montre les retards d’adaptation du pays au changement climatique. Accusé, notamment par la gauche, de ne pas en faire assez, le premier ministre, Sébastien Lecornu, a présidé, hier une réunion interministérielle sur le sujet. On ne peut que constater que le gouvernement se réveille au pire moment une fois que la canicule est là. La mise en place de mesures de prévention est rarement pensée en amont d’une crise, mais plutôt quand elle est là. Les premières victimes sont toujours les personnes les plus fragiles, les plus pauvres, surtout celles qui vivent dans des logements qui sont des passoires thermiques.

Si les maisons mal isolées laissent passer le froid l’hiver, elles laissent aussi passer la chaleur qui peut être étouffante et particulièrement dangereuse.  Patrick, un propriétaire d’une maison mal isolée à Lyon, témoigne de la difficulté de vivre dans une maison où la température atteint 29° jour et nuit. Il a pu effectuer des travaux d’isolation, réduisant ainsi les coûts énergétiques. Il a amélioré le confort de sa famille. Tant mieux pour lui, mais ce n’est pas le cas pour tous. Delphine Agier, directrice de  Soliha Rhône et Grand Lyon, souligne l’importance de l’information et de la prévention, notamment face à la tendance croissante à utiliser des climatiseurs peu efficaces, nuisibles pour l’environnement et pour le portefeuille.

Cette précarité via les fortes chaleurs ne concerne pas seulement les maisons anciennes. À Montpellier, Laura, une étudiante, évoque les défis de vivre dans un appartement avec une véranda qui surchauffe, rendant la vie difficile et coûteuse. Un sondage réalisé pour France Énergie révèle que 54% des jeunes entre 18 et 24 ans souffrent régulièrement de la chaleur dans leur logement.

De nombreuses initiatives sont mises en place.  En Gironde, le Service local d’intervention pour la maîtrise de l’énergie (SLIME) suit les ménages pendant un an pour évaluer les résultats de leurs interventions. À La Réunion, l’association des Compagnons Bâtisseurs propose des solutions adaptées à l’habitat traditionnel de l’île.

Mais en général rien ou presque n’est anticipé. C’est ce que dit la climatologue, membre du Haut Conseil pour le climat, Valérie Masson-Delmotte aux journalistes du journal Le Monde  « Tout cela n’est pas très bien anticipé, on a des consignes envoyées tardivement avec des enseignants qui ont le sentiment de devoir se débrouiller avec les moyens du bord »,

Les enfants sont plus vulnérables que nous le pensons

Les enfants, en particulier les bébés et les jeunes enfants, sont beaucoup plus vulnérables aux températures élevées que les adultes. Leur organisme a du mal à s’adapter aux fortes chaleurs. En effet, leur circulation sanguine est moins bonne et leur débit cardiaque plus faible que chez les adultes. Il leur faut de 10 à 14 jours pour s’adapter à la chaleur, contre environ sept jours pour les adultes. C’est ce qu’explique article publié par Sciences et Avenir : plus de la moitié des enfants en Europe sont exposés à des températures dangereusement élevées.

C’est pourquoi il est  important de savoir repérer les signes de détresse chez un enfant en période de canicule. Un enfant grognon ou qui pleure, des éruptions cutanées dans la couche, sont des signes à surveiller. Parmi les symptômes graves, on retrouve les pleurs sans larmes, les vomissements et la diarrhée, moins de couches usagées, une forte irritabilité et un enfoncement des yeux ou du front.

Plusieurs mesures simples peuvent être prises pour protéger les enfants. D’abord, c’est une évidence, il ne faut jamais les laisser dans un espace clos sans ventilation, comme une voiture mais aussi une pièce aux fenêtres fermées. Les enfants ne doivent pas jouer dehors plusieurs heures d’affilée sans surveillance lorsqu’il fait très chaud. Il leur faut au moins 30 minutes de repos lorsqu’ils jouent ou font de l’exercice, car ils se déshydratent très vite. La tenue aussi joue un rôle : on privilégie des habits légers.

L’hydratation est essentielle pour lutter contre la déshydratation. L’enfant doit boire régulièrement de l’eau à partir de six mois. Les femmes qui allaitent doivent aussi s’hydrater plus que d’habitude pour continuer à produire du lait et hydrater les bébés. Il faut constamment vérifier si l’enfant a soif, s’il transpire, s’il semble avoir chaud, s’il vomit, si sa bouche est sèche ou pâteuse, s’il a mal à la tête.

C’est aussi la responsabilité des gouvernements

« Le gouvernement ne peut pas tout » disent certaines bonnes âmes qui ont tendance à tout renvoyer sur la responsabilité de chacun. Au-delà des mesures individuelles que nous pouvons prendre pour protéger les enfants et les adultes vunérables, le GIEC rappelle que des changements à grande échelle sont indispensables et appelle les États à prendre leurs responsabilités. Les émissions de gaz à effet de serre doivent être réduites de façon significative pour éviter que le réchauffement climatique ne s’aggrave. Les gouvernements sont comptables de cette dégradation du climat tout comme les grandes entreprises. Ils doivent prendre des mesures pour protéger leurs populations.

Les États doivent prendre plusieurs mesures pour protéger leurs populations des effets des canicules. Voici quelques-unes des actions les plus courantes et logiques telles que j’ai pu les trouver en effectuant une rapide recherche sur internet.

  • Les gouvernements doivent mettre en place des systèmes d’alerte efficaces. Il s’agit de pouvoir informer la population en temps réel des risques de canicule et des mesures à prendre pour se protéger (Source : « Changement climatique et santé » | OMS )
  • Il est essentiel d’établir des plans d’action spécifiques pour les canicules. Ils incluent des mesures telles que l’ouverture de centres de rafraîchissement, la distribution d’eau potable gratuite et l’assistance aux personnes âgées et vulnérables (Canicules : Le dispositif d’alerte et de surveillance et le dispositif de prévention de Santé publique France).
  • Les gouvernements doivent également investir dans l’éducation et la sensibilisation du public aux risques liés aux canicules et aux moyens de se protéger. Cela peut inclure des campagnes d’information dans les médias, des programmes scolaires et des formations pour les professionnels de la santé. Des mesures qui ne coutent pas cher. On pourrait en attendre plus

 

La précarité énergétique est un enjeu majeur qui nécessite une action collective et solidaire. Il est essentiel de rester vigilant et de renforcer les solidarités pour faire face à cette réalité. Là aussi, comme ailleurs, le chacun pour soi n’a pas sa place.

Sources

 

 


J’avais rédigé cet article en 2023 ! Rien n’a vraiment changé depuis sauf les sources de articles que j’ai modifié pour fare référence à l’actualité

 

Photo en une : freepik freepik

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