Violences faites aux femmes : c’est aussi une question d’inégalité

C’est aujourd’hui la journée internationale contre les violences faites aux femme. L’occasion de (re) publier ce billet qui rappelle  que c’est par l’éducation et le respect d’une égalité dans les relations hommes femmes dès le plus jeune âge que l’on pourra espérer diminuer le nombre de violences subies.

Les lois sont essentielles mais encore faut-il qu’elle soit appliquées sur tout le territoire et s’accompagnent d’une évolution des mentalités. Et la ce n’est pas gagné. Les lois ne suffisent pas. Une bonne connaissance de la réalité de des violences reste une condition qui vous permet de mieux aborder cette question lorsque vous êtes en relation avec une femme qui vous parle de ce qu’elle subit. En effet sa première réaction est faite de culpabilité.

Beaucoup de femme estiment que si elles sont frappées ou maltraitées, c’est aussi de leur faute. Si elles considèrent que vous êtes quelqu’un d’important à leur regard, elles pensent  souvent que vous pourriez moins les considérer après qu’elles vous en aient parlé et même en avoir honte. C’est pourquoi souvent, certaines personnes lors qu’elles ont « avouées » être maltraitées à un(e) ami(e), rompent toute relation avec elles, comme si il y avait un avant et un après et qu’elles ne s’estiment plus dignes de votre regard… Votre attitude face à une révélation est très importante. Ni jugement, ni condescendance et encore moins de « révolte » à la place de la victime. Certains conseils que des femmes ne pourront pas suivre  peuvent renforcer leur sentiment d’incompétence et renforcer leur propre dévalorisation.

Une réponse possible est de rappeler aux victimes que ce qu’elles vivent est partagé car ces violences sont subies par de nombreuses femmes qui ont des parcours et sont de milieux différents :

Selon une enquête INSEE1 rendue publique le 21 février 2008, les violences envers les femmes sont multiples. Cette enquête réalisée entre janvier et mars 2007 révèle que les femmes sont autant exposées à la violence dans leur ménage qu’en dehors. Les premières violences auxquelles les femmes sont confrontées sont les violences verbales telles que les injures (16,9 %) et les menaces (5,5%), puis viennent les violences physiques au sein du ménage (3%) ou à l’extérieur (2,5%) et enfin les agressions sexuelles à l’extérieur (1,5%) et à l’intérieur du ménage(0,7%).

Selon les témoignages recueillis par les statisticiens INSEE « une fois sur deux, c’est le conjoint qui est l’auteur des violences envers la femme à l’intérieur du ménage et c’est le cas trois fois sur quatre quand il s’agit de violences sexuelles ; un viol sur cinq est perpétué par l’ancien conjoint et la moitié des femmes victimes connaissent leur agresseur ». Au sein du ménage, les violences sexuelles sont moins fréquentes que les violences physiques. Ainsi selon l’étude parmi les femmes violentées physiquement chez elles, 12% sont également abusées sexuellement alors que 50% des femmes violées par leur conjoint sont également agressées physiquement.

L’étude montre enfin que 2 femmes sur 5, victimes de violence sexuelle au sein de leur ménage, ont été aussi agressées sexuellement en dehors. Dans le cas des violences sexuelles, les caresses, baisers et autres gestes déplacés sont les agressions les plus fréquentes et ont pour cadre le lieu de travail dans un quart des cas.

Enfin d’un point de vue sociologique, il apparaît que les femmes sans diplôme sont trois fois plus nombreuses à subir des violences domestiques que les plus diplômées.

Ces quelques éléments permettent de rappeler que les violences subies ne sont pas dues uniquement au parcours individuel de la personnes mais s’inscrivent bien dans des contextes qui les permettent.

1 Tourniol du Clos L, Le Jeannic T., « Les violences faites aux femmes », INSEE première, n°1180, février 2008 ;

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Une réponse

  1. Merci pour votre article.
    Plasticienne engagée, j’ai réalisé une oeuvre intitulée « Phallocratie » sur le sujet de la domination sociale, culturelle et symbolique exercée par les hommes sur les femmes.

    Quand l’art permet de parler toutefois avec humour de cette prégnance virile !

    A découvrir :https://1011-art.blogspot.fr/p/phallocratie.html

    Mais aussi une oeuvre plus pudique intitulée « Noli me tangere » sur l’inviolabilité du corps de la femme : https://1011-art.blogspot.fr/p/noli-me-tangere.html

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