Bonjour et bienvenue à cette revue de presse. Alors que la jeunesse se mobilise partout en France et que les blocus gagnent désormais les écoles de travail social, cette édition fait le tour d’une actualité qui nous concerne toutes et tous. Vous y découvrirez pourquoi tant de personnes, parfois même avec un emploi, n’arrivent plus à manger à leur faim, avec des témoignages qui font réfléchir. Nous verrons aussi comment les centres communaux d’action sociale voient apparaître de nouveaux visages de la précarité. Sans oublier que samedi 17 octobre, la Journée mondiale du refus de la misère donnera lieu à des rassemblements dans plus de cinquante villes, peut-être près de chez vous ! Nous terminerons les multiples liens susceptibles de vous intéresser… Bonne lecture !
Mobilisation des jeunes : les blocus s’étendent aux écoles de travail social

À Angers, Montpellier et Poitiers, les étudiants en travail social ont rejoint la mobilisation lycéenne. Par solidarité, mais aussi parce que leurs propres conditions d’étude sont en cause. À l’Arifts d’Angers, à l’IRTS de Montpellier et à l’IRTS Poitou-Charentes de Poitiers, les blocages et rassemblements font remonter les mêmes alertes : manque de moyens, locaux à rénover, stages difficiles, précarité étudiante.
- « On voit la souffrance » : l’école des travailleurs sociaux d’Angers bloquée par solidarité avec le mouvement lycéen | Ouest-France
- « Semaine noire » à Montpellier : l’Institut régional du travail social bloqué et une nouvelle manifestation ce jeudi | Hérault Tribune
- « Des moyens pour étudier et travailler dignement » : les étudiants de l’Institut régional du travail social se mobilisent à Poitiers | La Nouvelle République
Le mouvement dépasse ces trois établissements. La Fédération nationale des étudiants en milieu social (Fnems) recense aussi des actions à Nancy, Paris, Montrouge, Grenoble, Nantes, Metz, Bordeaux et Rennes. Elle soutient les mobilisations, sans appeler au blocus : les étudiants en alternance, notamment, risquent de perdre leur salaire s’ils manquent les cours. Même la contestation doit donc composer avec la précarité qu’elle dénonce.
Les revendications sont concrètes : recruter davantage de formateurs, mieux accompagner les stages, rénover les bâtiments, garantir l’accès aux services du Crous et rendre les frais de formation transparents. À Montpellier, le blocage de l’IRTS et l’appel à manifester s’inscrivent dans une « semaine noire » décrite par Hérault Tribune ; à Poitiers, plus de 90 personnes ont bloqué l’entrée de l’IRTS, selon La Nouvelle République. Les futurs travailleurs sociaux réclament des conditions dignes pour apprendre un métier auquel on demandera, demain, de réparer les dégâts de politiques publiques sous-financées. (lire l’article du Média Social)
et aussi
Voilà le paradoxe : il est attendu du secteur social qu’il tienne malgré le manque de moyens évident de celles et ceux qui s’y forment et y travaillent. Les étudiants le disent déjà, avant même d’entrer dans le métier : la solidarité ne se décrète pas avec de belles paroles. Encore faut-il donner aux étudiants et aux formateurs les moyens nécessaires pour ne pas s’épuiser.
10 revendications pour les étudiants du travail social
Dans un communiqué publié le 13 octobre, la Fédération nationale des étudiants en milieu social (FNEMS) soutient les mobilisations pacifiques de lycéens et d’étudiants. Elle en profite aussi pour présenter dix revendications pour améliorer les conditions de formation en travail social. Cette liste, issue de travaux antérieurs, sera complétée après une enquête auprès des étudiants.
Une première série de demandes porte sur les ressources et l’égalité d’accès aux formations : la fédération souhaite que tous les étudiants en travail social puissent bénéficier des services du CROUS, notamment pour le logement, les repas et la santé. Elle demande aussi de transférer la gestion des bourses régionales vers le CNOUS et les CROUS, afin d’harmoniser leur attribution.
Pour les établissements, elle réclame davantage de financements pour recruter des formateurs. Objectif : mieux accompagner les étudiants dans leur recherche de stages. Le communiqué insiste également sur des stages accessibles et correctement encadrés, le respect des droits et de la gratification, la prise en compte des frais de déplacement, ainsi que des procédures confidentielles pour signaler les maltraitances.
Les autres propositions concernent la transparence des frais de formation, l’harmonisation des conventions entre établissements et universités, et une représentation étudiante dans les instances de décision. La FNEMS demande enfin aux régions de financer la rénovation et l’entretien des bâtiments : elle cite notamment l’accessibilité, la sécurité, les équipements dégradés et les ascenseurs fonctionnels. La fédération appelle à « réfléchir et agir » pour de meilleures conditions d’études. (Télécharger le communiqué) (contacter la FNEMS)
D’une mobilisation à une autre : et si nous arrêtions vraiment ?

Hier les associations se sont mobilisées un peu partout en France à l’appel de l’UNIOPS, la FAS et bien d’autres organisations. À Paris, à Lille, à Caen et à Arras, les acteurs du secteur associatif ont fait entendre leur voix auprès des élus et décideurs publics. Leurs demandes sont claires :
- Garantir aux associations les moyens d’agir face à la hausse des besoins.
- Ne plus prendre de décisions budgétaires sans mesurer les conséquences humaines.
- Reconnaître la valeur du travail des 1,2 million de professionnels du secteur.
Ces milliers de personnes se sont mobilisées partout en France cette semaine pour rappeler une réalité : si les associations s’arrêtent, ce sont des millions de personnes qui se retrouveraient sans protection, sans accompagnement ou sans solution d’hébergement. Une pétition en ligne est à signer : elle recueillait hier plus de 23.500 signatures. N’hésitez pas à la signer ici en cliquant sur cette vignette :
« C’est épuisant » : en France, la part préoccupante de ceux qui ne mangent pas à leur faim

Selon l’enquête d’Action contre la faim rapportée par le HuffPost, 13 % des Français déclarent manquer parfois ou souvent de nourriture. La proportion atteint 25 % chez les 18-24 ans. Derrière ces données, des arbitrages qui n’ont rien d’abstrait : acheter du dentifrice ou des goûters, prendre des couches ou autre chose, faire plusieurs magasins pour grappiller quelques euros. Pour Jade, mère de trois enfants et pourtant en emploi, les courses deviennent un travail à part entière. Un travail épuisant, sans garantie de remplir correctement son panier de courses.
Nathalie quant à elle, se tourne vers une épicerie solidaire après la baisse des aides de son foyer. Cela nous rappelle combien une rupture de situation peut faire basculer un budget déjà précaire. Ces épiceries, discrètes, apportent une réponse concrète ; leur utilité est immédiate. Mais leur existence ne devrait pas faire oublier la question politique qu’ils révèlent : pourquoi l’accès à une alimentation suffisante dépend-il, pour autant de familles, d’un réseau d’aide et de leur capacité à demander du soutien ?
Cet article signé Clément Giuliano montre que précarité alimentaire ne se réduit pas à la faim. Elle impose une charge mentale, affecte la santé et prive de choix. Action contre la faim plaide pour un droit à l’alimentation : elle a d’ailleurs lancé une pétition pour contraindre la Commission européenne à examiner le sujet.. (lire l’article du HuffPost)
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Travailleurs pauvres, mal-logement, souffrance psychique : les « nouveaux visages de la précarité » selon les CCAS
La Banque des territoires par la voix de sa journaliste Caroline Megglé, fait état d’une enquête de l’Union nationale des centres communaux d’action sociale (Unccas), publiée à l’occasion du centenaire de l’organisation. Parmi les 414 CCAS et CIAS ayant répondu, 63 % constatent une hausse du nombre de personnes qui ont un emploi, mais ne parviennent plus à payer leurs dépenses quotidiennes. Selon l’Unccas, ce phénomène, autrefois marginal, « se massifie » et touche les territoires ruraux, périurbains comme urbains. Autrement dit, avoir un travail ne suffit plus toujours à assurer une vie matérielle stable.
Les difficultés de logement et d’hébergement progressent également : 55 % des répondants signalent une forte hausse des demandes d’aide dans ce domaine. La souffrance psychique sans prise en charge est citée par 51 % des structures parmi les situations nouvelles ou en forte progression. L’enquête relève aussi des renoncements aux soins ou au chauffage chez des personnes âgées, des droits abandonnés parce que les démarches sont numériques, et des personnes qui ne demandent aucune aide. Elles sont parfois repérées grâce à un tiers.
Pour Luc Carvounas, président de l’Unccas, ces résultats sont des « signaux qui interrogent notre modèle de solidarité ». Les CCAS et CIAS souhaitent porter ces constats auprès des candidats à l’élection présidentielle au moyen d’un pacte élaboré à partir des remontées de leur réseau. Les réponses des candidats doivent être présentées sous la forme d’un « baromètre de l’action sociale locale », lors du congrès de l’Unccas à Lille, les 3 et 4 février 2027. (lire l’article sur la Banque des Territoires)
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La Journée mondiale du refus de la misère sera célébrée demain samedi 17 octobre dans plusieurs villes de France.
Pour l’édition 2026, le Collectif Refuser la Misère met l’accent sur la défense de la paix pour toutes et tous, en faveur d’un monde habitable. A Paris, tradition sera perpétuée avec un rassemblement sur le Parvis des Droits de l’Homme (Trocadéro). Cinquante-deux autres villes verront des rassemblements.
ATD Quart-Monde a coordonné un numéro spécial du journal « Résistances » consacré à cette manifestation. Pas moins de 26 organisations en ont signé l’éditorial. L’association publie en outre une carte de France interactive permettant de voir où se tiennent les rassemblements et ce qui va se passer. Alors si un rassemblement se déroule dans votre ville, n’hésitez pas, Allez-y ! Vous serez bien reçu(e) !
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- Manifestations du 17 octobre 2026 : où sont prévus les rassemblements à Paris, Rennes, Lille, Grenoble et Bordeaux ? | aladomLe samedi 17 octobre 2026, plusieurs manifestations sont annoncées partout en France. Portée initialement par des appels au retour des Gilets jaunes, cette journée pourrait réunir lycéens, étudiants, syndicats et citoyens mobilisés contre la vie chère. Paris, Rennes, Lille, Grenoble et Bordeaux figurent parmi les villes à surveiller.
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Vous êtes allé(e) au bout de cette revue de presse ? Bravo et merci ! Merci aussi surtout à Michelle Flandre qui m’a aidé à la réaliser en me fournissant tous ces liens !
Photo : manif des étudiants d’Angers en…. 2015 ! (avec des revendications similaires) Capture d’écran Angers Télé




Une réponse
Un grand merci à Didier Dubasque et à michèle Flandre pour toute ces infos, si précieuses et si bien recensées.