Revue de presse | Mal logement : ça va très mal / « On a honte de notre situation ! » / On a retrouvé les 4O Milliards ! / La fin de l’ETSUP

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Bonjour et bienvenue à cette revue de presse ! Aujourd’hui, je vous propose un tour d’horizon de l’actualité sociale qui ne laisse pas indifférent :  Ce sont surtout les parcours de vie, les témoignages et les mobilisations qui donnent à réfléchir. Des familles sans toit, des salariés qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts, des associations qui tirent la sonnette d’alarme, des débats sur la redistribution des richesses et la place des services publics…  Sans oublier les multiples liens susceptibles de vous intéresser… Bonne lecture !

 


Mal logement : tous les voyants sont au rouge !

logo dossier presse mal logementLe dernier dossier de presse du Collectif des Associations pour le Logement (CAL), publié le 2 juillet dernier, dresse un constat inquiétant sur la situation du mal-logement dans notre pays. Selon les associations, tous les indicateurs sont « au rouge » : le nombre de personnes sans solution d’hébergement explose, les expulsions locatives atteignent des niveaux records, et la production de logements sociaux s’effondre. Le 26 mai 2025, 7.239 personnes ayant sollicité le 115 sont restées sans réponse. Cela concerne près de 2.214 enfants, un chiffre en hausse par rapport à l’année précédente.

L’été n’apporte aucun répit : les vagues de chaleur s’ajoutent aux dangers de la rue, rappelant que le besoin de protection est permanent, indépendamment des saisons. Les associations dénoncent l’inaction de l’État, qui ne respecte ni le droit au logement opposable (DALO) ni le droit à l’hébergement d’urgence. Les procédures d’expulsion, accélérées par la loi Kasbarian-Bergé et renforcées par la récente loi contre le narcotrafic, se multiplient : plus de 24 000 ménages ont été expulsés avec le concours de la force publique en 2024, soit deux fois plus qu’il y a dix ans.

Les alternatives d’hébergement sont de plus en plus rares, et la sévérité administrative s’accentue, même envers les familles les plus vulnérables.  La situation des enfants et des femmes à la rue est particulièrement préoccupante. Les collectifs d’enseignants et de parents, qui tentent de pallier les carences de l’État en hébergeant des familles dans les écoles, sont parfois poursuivis en justice. À Lyon, le nombre d’enfants sans toit a été multiplié par dix en trois ans.

Les femmes, notamment les mères isolées ou en sortie de maternité, sont de plus en plus nombreuses à errer sans solution, parfois durant des mois. La saturation chronique des dispositifs d’hébergement, combinée à une production de logements sociaux en chute libre alimente une spirale d’exclusion et de tri illégal des publics. Dans les territoires d’outre-mer, la précarité est massive, avec près de 600 000 personnes mal-logées, un déficit structurel de logements abordables et des politiques publiques jugées inadaptées. Bref vous l’avez compris, c’est la « cata » (lire le dossier de presse du collectif)

 


« On a honte de notre situation, même si l’on n’y est pour rien » : les « travailleurs pauvres » sollicitent de plus en plus les associations de solidarité

logo le mondeLe phénomène des « travailleurs pauvres » prend une ampleur préoccupante dans notre pays, comme le montre l’enquête de la journaliste Claire Ané pour « Le Monde ». Selon les chiffres de l’Insee, 8,3% des personnes en emploi étaient pauvres en 2023, contre 7,3% en 2021. Derrière ces statistiques Il y a des vies bouleversées. Par exemple, Carole Jacon, mère isolée vivant près de Bourg-en-Bresse. Elle cumule smic, prime d’activité et pension alimentaire, mais reste sous le seuil de pauvreté. Après déduction des charges, il lui reste moins de 20 euros par jour pour vivre avec sa fille, une situation qui l’a poussée à solliciter des associations solidaires pour subvenir à ses besoins essentiels.

Le recours aux associations de solidarité s’intensifie, y compris pour ceux qui travaillent. À l’image de l’association SOS Familles Emmaüs dans l’Ain, qui a vu doubler le nombre de ménages aidés en un an, ou du réseau des épiceries solidaires Andès, où plus de 17% des bénéficiaires occupent un emploi. Les témoignages recueillis par  la journaliste révèlent la diversité des profils concernés : travailleurs indépendants en difficulté, mères de famille, intérimaires, salariés précaires. Magali, mère de cinq enfants, raconte comment l’épicerie solidaire lui permet de nourrir sa famille malgré un budget serré, tandis que Stéphane, intérimaire, souligne combien ces structures sont devenues vitales pour maintenir une alimentation correcte.

L’article nous montre aussi la précarité croissante de certains salariés qui, malgré un emploi, peinent à accéder à un logement ou à couvrir les dépenses du quotidien. Des dispositifs d’aide existent, comme les avances sans frais pour les réparations ou les frais juridiques, mais ils ne suffisent pas toujours à sortir ces familles de la spirale de la précarité. Bruno, ancien conseiller en patrimoine aujourd’hui en contrat d’insertion, résume ce sentiment d’impuissance : « Si votre salaire ne suffit qu’à manger et dormir, ce n’est pas un travail ; autrefois, on appelait cela de l’esclavage. » Il a tout dit.  (lire l’article du Monde  – abonnés)

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On a retrouvé les 40 milliards ! avec le rapport d’enquête du Sénat sur les aides publiques aux entreprises

Logo Changer de capVoilà une nouvelle qui devrait réjouir tous ceux qui, depuis des années, entendent que « l’État est en faillite » et qu’il n’y a plus un sou pour lutter contre la pauvreté ou financer les services publics. Le collectif « Changer de cap » nous explique dans un communiqué que le rapport d’enquête du Sénat, publié le 8 juillet dernier, tombe à point nommé. Chaque année, ce sont entre 150 et 220 milliards d’euros d’aides publiques qui sont versés aux entreprises, principalement les plus grandes. Mais attention, pas question de demander des comptes sur l’utilisation de cette manne, ni de s’interroger sur son efficacité. Ce serait, selon Bercy, une hérésie budgétaire.

Le plus inconséquent dans cette affaire, c’est que ni le gouvernement, ni le ministère du Budget, ni même les directions des entreprises bénéficiaires ne savent précisément combien elles reçoivent, ni à quoi servent ces aides. On compte 2200 dispositifs différents, sans obligation de déclaration, ni contrôle rigoureux. Et si jamais les engagements ne sont pas tenus, pas de souci : personne ne réclame le remboursement. Pendant ce temps, on explique sans sourciller qu’il faut économiser 40 milliards sur le dos des plus fragiles, car « il n’y a pas d’argent magique ».

Ironie du sort, alors que l’on traque le moindre euro chez les allocataires des minimas sociaux, soupçonnés d’être des « assistés » ou des « fraudeurs », les véritables « assistés » sont bien ailleurs. L’argent public, loin de servir prioritairement à l’investissement ou à la compétitivité, finit souvent dans la poche des actionnaires ou dans des opérations de rachat d’actions. Mais là, pas de contrôles, pas de stigmatisation, juste le doux parfum de l’intérêt général… pour quelques-uns.

Ce constat, mis en lumière par le Sénat, invite à repenser la notion même de justice et d’égalité devant la dépense publique. Les 40 milliards qui manquent au budget de l’Etat sont là ! Le collectif « Changer de cap » propose ainsi de réorienter une partie significative des aides vers des politiques publiques en faveur de la justice sociale et de la transition écologique. Pour « Changer de Cap », il ne s’agit pas seulement de mieux contrôler les flux financiers, mais de repenser la finalité même de l’intervention publique. « L’argent public doit servir l’intérêt général, pas les intérêts privés », insiste le communiqué, qui évoque aussi la nécessité de renforcer les services publics et de garantir une redistribution plus équitable des richesses. (lire le communiqué de Changer de cap)

 


Crève-coeur :

L’Etsup ferme ses portes

L’Etsup, l’École supérieure de travail social fondée en 1917 à Paris, ferme définitivement ses portes.  Le tribunal judiciaire de Paris a prononcé la liquidation judiciaire de l’établissement, qui a cessé toute activité le 11 juillet. Cette décision marque la fin d’une institution historique du secteur social, qui a formé des générations de travailleurs sociaux.

Depuis janvier 2025, l’Etsup était placée en procédure de sauvegarde, cherchant activement un repreneur pour éviter la fermeture. Plusieurs candidats, dont l’Agirfase (via l’Irfase dans l’Essonne) et l’EPSS (École pratique de service social), s’étaient manifestés, mais aucun n’a pu aboutir à une reprise. Cette issue entraîne le licenciement de la trentaine de salariés de l’établissement, laissant un vide pour les professionnels du secteur et les étudiants en cours de formation[1][2].

Pour les étudiants, des solutions de réorientation ont été mises en place. Ils seront accompagnés vers d’autres établissements afin de poursuivre leur parcours, même si cette transition s’annonce complexe. La fermeture de l’Etsup soulève de nombreuses interrogations sur l’avenir de la formation dans le travail social et sur la capacité du secteur à préserver ses institutions historiques. L’émotion est palpable parmi les anciens, les enseignants et les étudiants, tous attachés à une école qui a marqué l’histoire du travail social dans notre pays.

De nombreux centres de formation sont en grande difficulté financière. Faut-il y voir là une autre conséquence du désengagement de l’Etat et des Régions, même s’il y a eu des erreurs de gestion ? Pour ma part , je le crois (lire l’article des ASH – abonnés)

 


Les réactions suite à la réforme sur la formation des travailleurs sociaux de niveau 6

 

 


ecom CNFPTCette semaine sur l’ e-communauté « inclusion sociale » du CNFPT (travailleurs sociaux territoriaux – CCAS et Départements –  inscrivez-vous c’est gratuit)

 


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Vous êtes allé(e) au bout de cette revue de presse ? Bravo et merci ! Merci aussi à Michelle Flandre qui m’a aidé à la réaliser.

Photo : paxiax sur dépositphotos

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