Revue de presse | Les associations coûtent chers ? / Départements en état de choc / Le service social et « la bricole »…

[current_page_url]

Bonjour et bienvenue à cette revue de presse. Cette semaine, il est question du financement des associations et de la solidarité à un moment où les collectivités voient leurs marges de manœuvre se réduire encore plus. Les alertes des professionnels racontent les conséquences très concrètes de ces tensions pour les équipes. Certains syndicats  n’hésitent plus à saisir le tribunal pour défendre la santé des agents. Nous nous intéressons aussi aux solutions « bricolées » au quotidien par les assistants sociaux qui ont « théorisé » sur ce sujet. Il est question aussi des inégalités d’accès aux soins. Des sujets préoccupants et surtout essentiels pour comprendre ce qui se joue sur le terrain… Un terrain malmené qui nous invite à la résistance. Sans oublier les multiples liens susceptibles de vous intéresser… Bonne lecture !

 


« Non, le monde associatif ne coûte pas 60 milliards à la France : il lui évite d’en dépenser le double »,

image associationLe monde associatif se retrouve sommé de justifier son existence par l’extrême droite. Tout est parti d’un article du Journal du Dimanche, média de la galaxie Bolloré. Il met en cause le financement des associations dans notre pays. Cette charge préfigure ce qui pourrait advenir en cas d’arrivée du Rassemblement National au pouvoir.

L’accusation est lourde et le journal n’y va pas par quatre chemins : « Subventions aux associations : 60 milliards d’argent public et beaucoup d’opacité« . Voilà une info qui s’apparente à une fake-new propre à enflammer les réseaux sociaux. Il y est cité une étude d’un obscur observatoire (Hexagone). Cette structure a été créé il y a deux ans et est soutenu financièrement par Périclès, le projet politique du milliardaire Pierre-Édouard Stérin.

Dans une tribune publiée par Rue89 Bordeaux, Rébecca Bunlet, directrice régionale de l’Uriopss Nouvelle-Aquitaine, conteste avec efficacité et méthode ce chiffre de 60 milliards d’euros d’argent public qui seraient « engloutis » chaque année par les associations. Elle rappelle qu’une large part correspond à des commandes publiques : crèches, hébergement d’urgence, accompagnement à domicile, insertion. Autrement dit, des prestations rendues, et non une subvention sans contrepartie. Le reste finance des missions que les pouvoirs publics ont choisi de confier à des structures non lucratives.

La distinction est essentielle. Présenter toute cette somme comme une charge opaque revient à effacer ce qu’elle produit : des services, des emplois, une présence locale, mais aussi une capacité à représenter des personnes qui ont peu d’accès aux lieux de décision. Cette tribune ne récuse pas le besoin de transparence ; elle met en garde contre une transparence transformée en procès politique. (lire la tribune publiée sur rue 89 Bordeaux)

 


Les Départements en état de choc

Il n’y a pas que l’extrême droite qui est à la manœuvre pour remettre en cause le financement de la solidarité : L’association des Départements de France le constate elle aussi.  Alors que le Gouvernement dit reconnaître leurs difficultés, il annonce un prélèvement de 551 Million d’euros, non remboursables, qui sera prélevé sur 60% d’entre eux.

Ajoutez à cela la disparition d’un fonds de sauvegarde et une baisse du remboursement de TVA et la situation devient intenable face à la hausse des dépenses sociales et les besoins liés au vieillissement. C’est la version institutionnelle du même paradoxe : les collectivités sont chargées de répondre à des besoins croissants, mais leurs marges de manœuvre se réduisent et l’État les taxent en reconnaissant qu’elles sont en difficulté. Il faut comprendre que cette « tension » aura un effet direct sur les services sociaux dont ils ont la charge. (lire le communiqué)

Sebastien LecornuSébastien Lecornu a indiqué, dans un courrier adressé aux présidents de départements, qu’il prévoyait des propositions nouvelles du côté du gouvernement sur le financement de la politique sociale et des Sdis. Dans les faits Le journal Le Monde confirme que le gouvernement va demander « un effort » de 5,4 milliards aux collectivités locales.  Les communes, les départements et les régions sont bien appelés à se serrer la ceinture en 2027, à la lecture du projet de loi de finances qui a été dévoilé hier (Lire l’article du Monde)

 


Le Conseil départemental du Val-de-Marne visé par une plainte pour éviter un « nouveau France Télécom »

Voilà quelque chose de gravissime qui éclaire aussi un serrage de ceinture sans précédent des services de ce Département. France Inter nous informe sur la plainte visant le conseil départemental du Val-de-Marne. Les syndicats dénoncent la disparition de 474 équivalents temps pleins entre janvier 2024 et janvier 2026.

Conséquence : les agents restants récupèrent les dossiers, les permanences et les urgences ; les délais s’allongent, tandis que les alertes sur la santé au travail s’accumulent. Les syndicats ont porté plainte. « Trois suicides en un an et des fonctionnaires qui expriment ouvertement leur envie d’en finir, des agents retrouvés en pleurs, des indicateurs de santé au travail en rouge écarlate, et parfois des conséquences pour les usagers ». La coupe est pleine et les professionnels sont en danger.

L’article fait aussi état des informations préoccupantes concernant des enfants et des mesures d’aide éducative en attente. La collectivité conteste les mises en cause et affirme que les moyens consacrés à la protection de l’enfance progressent. Entre ces versions, il y a des agents épuisés et des usagers qui attendent. (lire l’article de France Inter)

Mais il n’y a pas que dans le Val de Marne que des travailleurs sociaux galèrent : dans les Vosges aussi. Vosges Matin rapporte que des agents de la Protection judiciaire de la jeunesse cessent certaines activités pour protester contre le manque de moyens. De nombreuses mesures sont en attente faute d’éducateurs, Les professionnels annoncent notamment ne plus participer à certaines audiences et activités. Ils ont été rejoints par des personnels de l’ASE (Aide sociale à l’enfance) et de l’Éducation nationale. « Nous sommes impactés de plein fouet par le non-renouvellement des postes de contractuels d’éducateurs » disent-ils

Ce n’est pas une grève contre les jeunes : c’est une alerte sur l’impossibilité de faire correctement un travail . Quand les équipes doivent choisir ce qu’elles ne feront plus, le service public a déjà commencé à trier. (lire l’article de Vosges Matin)

 


Le travail social, version système D

Couv RFSS et bricole
Photomontage ANAS

Ne manquez pas ce numéro de la Revue française de service social, intitulé « Le service social et la bricole ». Ce bricolage n’est pas qu’une jolie métaphore pour faire oublier le manque de moyens. C’est le travail réel : Il s’agit de savoir ajuster les règles à des situations singulières. La revue de l’ANAS nous donne à voir ces mille et une façon de « bricoler » : tout un art !

Même si ce terme de bricole ou de bricolage peut déranger, c’est bien de cela qu’il s’agit :  inventer des solutions, réparer les trous entre les dispositifs. Une expertise, donc, mais une expertise qui pose question lorsque cet art de l’improvisation cesse d’être un recours ponctuel et devient le mode normal de fonctionnement. En tout cas je retrouve bien là dans ce numéro ce qui fait aussi la richesse et la créativité de la profession d’assistante sociale. (Accéder au numéro de a RFSS « le service social et la bricole »)

 


Une chasse aux arrêts maladie abusifs ouverte sur le dos de salarié·es en souffrance

Au travail, la souffrance est de plus en plus souvent abordée par son coût. Dans Politis, des médecins racontent des patients qui refusent un arrêt, même lorsqu’il est recommandé, parce qu’ils craignent de perdre du salaire ou de laisser leurs collègues seuls face à la charge que représente leur absence. L’article rappelle que les troubles psychologiques représentent près de 40 % des arrêts de plus de 30 jours dans le secteur privé, selon une étude citée.

Le gouvernement veut réduire la dépense liée aux arrêts maladie ; le débat se concentre alors sur les abus et les indemnités. Mais les témoignages rapportés par Politis posent une question moins confortable : que se passe-t-il dans les entreprises où les salariés attendent d’être au bord de l’effondrement pour s’arrêter ?

Réduire la prise en charge peut faire baisser une ligne budgétaire ne soigne ni l’organisation du travail ni les causes de l’épuisement. Et si les personnes malades renoncent à s’arrêter, la dépense ne disparaît pas forcément : elle peut même augmenter et revenir sous forme de santé dégradée, de désinsertion ou d’arrêts plus longs. (Lire l’article de Politis)

Les risques sur la santé sont aussi à l’ordre du jour dans un article de BFMTV sur le transfert envisagé de dépenses de santé vers les assurances complémentaires. France Assos Santé alerte sur les conséquences possibles d’un transfert de dépenses vers les mutuelles. Il faut savoir que 11 % des demandeurs d’emplois n’ont pas de complémentaire. Les cotisations augmentent, les franchises aussi, et les personnes qui dépassent les plafonds de la complémentaire santé solidaire sans pouvoir payer une bonne couverture restent ne sont plus pris en considération. La solidarité se rétrécit, la couverture privée est censée prendre le relais. Puis, on découvre que tout le monde n’a pas les moyens de se protéger. (lire l’article de BFM)

 


Lire aussi :

 

Dans la presse professionnelle :

Articles liés :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.