Les Départements face à 2 défis / Menaces sur le logement / Comprendre les violences sexuelles entre enfants

2023 : les 2 grands défis des services départementaux

Contrairement à ce qu’indique le ministère de l’Économie, les Conseils Départementaux sont financièrement à la peine et ont du mal à arbitrer face à des budgets contraints. C’est un des messages qu’a délivré le président de l’Assemble des Départements de France lors de sa cérémonie traditionnelle de vœux. François Sauvadet a expliqué que les dépenses explosent : l’augmentation du RSA, le Ségur, le point d’indice, l’aide à domicile, les coûts des matériaux, de l’alimentation, des matières premières et de l’énergie. Il a fait chiffrer le coût total des nouvelles charges pour les Départements : cela représente 2 milliards et demi d’euros. « La réalité », dit-il, « c’est que nous n’avons plus de marge, plus de leviers fiscaux ».

Le Média Social a retenu de ce discours, que désormais les élus vont devoir agir pour que les zones rurales ne se transforment pas en déserts sociaux à l’image des déserts médicaux qui existent actuellement sur le territoire. D’autres sujets ont été mis en avant par le président de l’ADF : Les Départements font dorénavant face à deux grands défis :

Celui du changement climatique. Des milliers d’hectares se sont embrasés cet été, pas seulement dans le sud, mais aussi en Gironde, dans le Morbihan, le Finistère, le Jura, les Vosges, le Maine-et-Loire…  Le thème plus large des catastrophes naturelles et de l’évolution des services d’incendies et de secours fait l’objet d’une mission pilotée par l’ADF. Elle vise à évaluer les nouveaux moyens à mettre en œuvre, notamment pour les SDIS (les services départementaux d’incendie et de secours)

Le second défi, est celui du vieillissement, de l’autonomie. « On traverse une véritable crise des vocations dans les métiers de la vie et du
soin » rappelle François Sauvadet. Il faut, dit-il, « que toute la société prenne conscience de l’action quotidienne qui est conduite par les agents et les salariés du champ social, 24 heures sur 24, 365 jours par an. Il faut aussi redonner confiance à ceux qui agissent au plus près pour s’occuper de nos aînés, pour protéger nos enfants confiés à l’Aide Sociale à l’Enfance ou pour prévenir les violences faites aux femmes ».

« Ils sont en première ligne, ils prennent de plein fouet la violence de la société et ils méritent la reconnaissance. C’est l’un des gros dossiers sur lesquels souhaite avancer pour 2023, pour ne pas voir arriver, dans un avenir proche, de nouveaux déserts sociaux » a-t-il conclu.

Lire :

 


Expulsions locatives : menaces sur le droit au logement

Le Collectif des associations unies, les organisations et syndicats de la plateforme Logement pour touTes demandent aux sénateurs de suspendre la proposition de loi visant à protéger les logements contre l’occupation illicite. La journaliste des ASH, Flora Peille, rappelle ce que la loi prévoie : »Adoptée à l’Assemblée nationale en première lecture le 2 décembre, le texte entend accélérer l’expulsion des locataires en impayés de loyers et condamner les personnes sans solution de relogement à des peines d’emprisonnement. Un locataire du parc privé qui ne quitterait pas de lui-même son logement à la suite d’une mesure d’expulsion prononcée par la justice se verrait ainsi exposé à une peine de six mois de prison et à 7 500 euros d’amende ». (Que ne faut-il pas faire pour faire plaisir aux propriétaires !)

Dans un contexte d’inflation du coût de la vie et d’augmentation des loyers et de l’énergie, les nouvelles mesures apparaissent comme inappropriées, voire dangereuses. « Rappelons que 65 % du revenu des ménages les plus démunis sont consacrés au paiement du loyer », souligne dans l’article des ASH Véronique Devise, présidente du Secours catholique, à l’occasion d’une conférence de presse organisée le 17 janvier dernier.

Le communiqué du collectif précise en outre que cette proposition de loi condamne ainsi à 3 ans de prison et à 45 000 € d’amende :

  • Les personnes sans bail : hébergées, victimes de marchands de sommeil, conjoint.e.s, bail verbal… ;
  • Les personnes sans-abri, qui occupent un bâtiment vide, des logements vacants, des friches industrielles ou des bureaux vides pour se protéger de la violence de la rue, alors que jamais notre pays n’a compté autant de logements et de locaux vacants ;
  • Les accédant.e.s à la propriété surendettés, qui perdent leur titre de propriété, ainsi que les petits commerçant.e.s et artisan.e.s dont le bail est résilié ;
  • Et même les grévistes occupant leur lieu de travail, ou établissant un piquet de grève…

 

Sous couvert de protection des petits propriétaires face au squat de leur domicile, pourtant déjà puni par la loi d’un an de prison, de 30 000 € d’amende et d’une expulsion sans jugement en 48h, la proposition de loi s’attaque en réalité potentiellement à toutes les personnes en situation de pauvreté ou de mal-logement, ou confrontées à un accident de la vie.

La présentation du texte de loi au Sénat est prévue le 31 janvier. Il s’attaque par ailleurs aux personnes sans-abri qui occupent des bâtiments vides, aux accédants à la propriété surendettés ainsi qu’à celles qui ne disposent pas de bail. La journaliste rappelle que 130.00 jugements d’expulsion ont lieu chaque année et  qu’un million trois cent mille logements restent vacants. Par ailleurs, la France recense 300.000 personnes sans domicile et 4 millions de personnes mal logées. Les deux collectifs organisent des rassemblements à Paris, les 25 et 28 janvier. (lire l’article des ASH)

lire aussi

 


Violences sexuelles entre enfants : les comprendre pour mieux les combattre

On en parle peu, mais la moitié des auteurs de viols sur mineurs ont eux-mêmes moins de 18 ans. Selon une note de l’ancien Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales publiée en juin 2020, 50% des mis en cause pour viol sur mineur (ce qui représente une hausse de 279% entre 1996 et 2018) et 43% des personnes accusées de harcèlement sexuel ou d’agression sexuelle sur mineur en 2018 avaient moins de 18 ans.

Selon Inès Straub, qui a rédigé cet article publié par Slate.fr, il est possible d’améliorer la situation. Comment ? Il faut d’abord comprendre le phénomène. Il ne faut pas minimiser les faits, tout en gardant en tête l’âge de l’auteur est un équilibre délicat. Elle rappelle que l’enfance est marquée par une période de découverte et d’exploration du corps pouvant conduire à des jeux relationnels. Mais alors comment faire la différence entre une simple curiosité inhérente à l’âge et une attitude problématique ? Dans tous les cas, les mineurs ne sont pas des délinquants sexuels comme les autres, puisqu’ils sont en pleine construction psychosexuelle. Leurs agissements ne peuvent donc pas être considérés par le prisme d’une sexualité adulte.

Une étude réalisée par la docteure Emmanuelle Piet et l’association Jean Coxtet sur une cohorte de mineurs auteurs montre ainsi que plus d’un quart des auteurs ont subi des violences sexuelles au sein de leur famille, et 87% des violences et des maltraitances au sens large du terme . «Un enfant délinquant est un enfant en souffrance. C’est un fondement de notre droit depuis l’ordonnance 45 [relative à l’enfance délinquante, ndlr]», rappelle la psychologue-sexologue Alice Chenu. (lire l’article de slate.fr)

lire à ce sujet :

 


Les liens qui nous relient

 


 

Vous êtes allé(e) au bout de cette revue de presse ? Bravo et merci ! Merci aussi à Michelle Flandre qui m’a aidé à la réaliser !

Photo : capture d’écran de la vidéo de l’Assemblée des Départements de France publiée sur YouTube

Partager

Articles liés :

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :