Blanche Gardin – Educ’ de rue / La protection des mineurs sinistrée / Plus de 20.000 assistants sociaux dans les Départements…

Blanche Gardin : Educ’ de rue

Un peu d’humour pour commencer : ce témoignage ne nous fera pas de mal. « J’ai arrêté le social parce qu’on boit trop de café… Une cafetière qui tombe en panne dans le social ?  C’est trois semaines de grève, on bloque tout, les avions restent au sol. Et puis moi ce que je n’aimais pas c’était d’emmener les gamins au tribunal, ça me fendait le cœur… »

https://www.youtube.com/watch?v=kt0hk7026Zs

Plus sérieusement :

La protection des mineurs sinistrée

Cet article du Monde confirme ce que beaucoup savent déjà : Juges et associations (mais aussi les travailleurs sociaux)  s’alarment des délais de prise en charge lorsque des cas de maltraitance sont signalés. L’appel au secours lancé le 5 novembre par les juges des enfants du tribunal de Bobigny dans Le Monde a mis la justice des mineurs sous les projecteurs. Ils écrivaient dans une tribune être « devenus les juges de mesures fictives ». Ce texte avait été relayé le 26 novembre par une tribune dans La Croix signée de 183 juges des enfants de tout le pays. Mais c’est l’ensemble du dispositif, en amont comme en aval, qui est en difficultés. Le journaliste Jean-Baptiste Jacquin a recueilli le témoignage de Catherine Bailly, chef de service en charge de la mise en œuvre les mesures -civiles décidées par les juges des enfants de Bobigny. Elle résume le parcours d’un enfant de trois ans : la PMI ou l’école qui soupçonnent des mauvais traitements ou des carences éducatives dans la famille alertent la cellule de recueil des informations préoccupantes du département ; celle-ci, débordée, peut prendre plusieurs semaines pour traiter une alerte, et saisir l’Aide sociale à l’enfance ; l’ASE fait une évaluation de la situation et peut proposer une mesure administrative d’aide éducative à domicile, ce qui prend six à douze mois.  Si la famille n’est pas réceptive à la démarche, l’ASE informe le procureur, qui saisit le juge des enfants ; celui-ci ordonne dans un premier temps une mesure judiciaire d’investigation éducative (MJIE), enquête pluridisciplinaire (éducateur, psychologue, assistante sociale) sur la situation de l’enfant et de sa famille qui permettra d’éclairer sa décision ; la MJIE, confiée à la PJJ ou aux associations habilitées, est souvent prolongée au-delà des six mois légaux compte tenu du nombre de dossiers à traiter. Le juge statue ainsi au fond parfois un an après avoir été saisi, et décide alors la mise en place d’une action éducative en milieu ouvert, qui est un accompagnement des parents et de l’enfant pour une durée de six mois à deux ans renouvelables. Avec les dix-huit mois de délais évoqués par les juges avant la mise en place effective de la mesure, un enfant signalé à l’âge de 3 ans risque donc de bénéficier d’une réelle prise en charge adaptée alors qu’il aura peut-être déjà 7 ans… Que dire après cela ? D’abord que les travailleurs sociaux notamment de secteur ne restent pas inactifs. Dans de très nombreuses situations ils continuent d’intervenir malgré les difficultés. Il n’en n’est pas fait grand cas dans cet article et c’est un peu dommage.

Plus de 20 000 assistants sociaux mobilisés pour l’action sociale des départements

On savait que la profession d’assistant(e) social(e) faisait partie des « invisibles » dans la fonction publique mais pas à ce point là ! Les statistiques de la DRESS ont minoré pendant plusieurs années le nombre d’assistants sociaux en France tout simplement parce que ceux ci étaient classé indistinctement dans le chapitre des « assistants sociaux éducatifs » qui n’est pas un métier mais un grade de la fonction publique. Olivier Bonnin, qui a étudié les chiffres pour le Guide Familial, nous explique cela très bien : La Drees a pu  discerner les trois professions qui composent le groupe des assistants sociaux éducatifs des collectivités. Et  là « surprise » 😉 « les assistant.e.s de service social en constituent le plus gros bataillon, avec 76 % des effectifs – soit près de 20 230 «AS» engagé.e.s dans l’action sociale et médico-sociale départementale. Les autres assistants socio-éducatifs sont, pour 18 %, des éducateurs spécialisés (c’est-à-dire près de 4 790), et pour 6 %, des conseillers en économie sociale familiale (soit presque 1 600) ». Les chiffres  publiés par cette même Drees en 2014 comptait alors seulement 6 500 assistants de service social, employés non seulement par les collectivités locales, mais aussi par l’Etat ou les agences publiques – contre 29.600 éducateurs spécialisés également fonctionnaires… Cherchez l’erreur… Olivier Bonnin conclue son article en précisant que « pour autant, la Drees observe que l’organisation de l’action sociale et médico-sociale « diffère grandement selon les départements » : « Certains d’entre eux sont organisés autour d’un service social polyvalent, alors que d’autres ont préféré mettre en place des services spécialisés ». Et en comptant également les administratifs, psychologues ou paramédicaux, la densité de ces personnels varie, selon les départements, presque du simple au double…

 

Revue de presse et sélection des articles réalisée avec l’aide de Michelle Verrier Flandre

Photo : Blanche Gardin en spectacle extrait de la vidéo youtube 

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