Bonjour et bienvenue à cette revue de presse ! Aujourd’hui, des jeunes de l’aide sociale à l’enfance montent sur grand écran et montrent que leurs histoires méritent d’être vues et entendues. Les Petits Frères des Pauvres alertent sur une société qui parle de « bien vieillir » mais laisse grandir la pauvreté et la solitude des aînés. Les repas à 1 euro pour tous les étudiants arrivent et posent la question des moyens pour tenir la promesse dans les restaurants universitaires. Boris Cyrulnik nous invite à retrouver les petits rituels du quotidien pour apaiser l’anxiété et réapprendre à vivre ensemble. Enfin, une série de faits graves liés au racisme et aux violences rappelle l’urgence de faire de l’égalité et de la lutte contre toutes les discriminations un combat quotidien. Sans oublier les multiples liens susceptibles de vous intéresser… Bonne lecture !
Les jeunes de l’ASE Césars de l’espoir
Voilà une bien belle initiative ! Ce projet mené en Seine-Saint-Denis a donné la parole à des jeunes accompagnés par l’Aide sociale à l’enfance, en leur proposant d’écrire, réaliser et tourner leurs propres courts-métrages. Encadrés par la réalisatrice Ludmila Donn Fleurent et leurs éducateurs et éducatrices, les jeunes se sont pleinement investis dans ce projet…
Ils sont partis de leur vécu (l’isolement, les galères d’insertion, les deuils, les mauvais choix). Ils en ont fait des histoires mises en scène, pensées et portées par eux. Séance après séance, ils ont travaillé l’écriture, le jeu, la mise en scène, jusqu’à parvenir à filmer en plan séquence, dans des conditions très exigeantes.
La concrétisation de cette aventure, c’est une véritable « première fois » de cinéma : projection publique au cinéma Alice-Guy de Bobigny, présence en salle, fierté de voir leur nom au générique et d’entendre les réactions. Chacun des quatre films porte la trace de ce chemin : un message de demande d’aide et de dignité, un hommage aux proches à la rue, une histoire de résilience après un accident, un récit sur les choix de vie et la sortie de l’illégalité. Au-delà des images, cette expérience vient renforcer la confiance en soi, ouvrir des envies de théâtre ou de cinéma, et montrer que la parole et le regard de ces jeunes comptent pleinement dans l’espace public.
Voilà une belle action collective à saluer ! Elle est à mettre à l’actif de l’aide sociale à l’enfance du Conseil Départemental de Seine-Saint-Denis. Ces quatre courts métrages sont à découvrir sur YouTube et ici :
Regarde-moi :
Le dilemme :
La fin est le début de quelque chose :
Dignité :
(Lire l’article du Conseil départemental)
« Notre société revendique le “bien vieillir” mais nos politiques publiques produisent du “mal vieillir” »

Dans cette tribune publiée par La Croix, Yann Lasnier, délégué général Petits Frères des Pauvres part d’un constat démographique indiscutable : plus de 28% de la population a aujourd’hui 60 ans ou plus. D’ici 2050, près d’un tiers des Français auront dépassé cet âge, avec un doublement attendu du nombre de personnes de plus de 85 ans selon l’Insee. Il est rappelé que le système de retraite universelle et la création du minimum vieillesse en 1956 ont, pendant longtemps, permis de faire reculer fortement la pauvreté des personnes âgées. Oui mais voilà, cette dynamique s’est inversée depuis une dizaine d’années. Entre 2016 et 2022, le taux de pauvreté des 65 ans et plus a ainsi augmenté de plus de 50% pour atteindre 10,6%, et grimpe jusqu’à 18,8% pour les personnes âgées vivant seules.
Yann Lasnier décrit une fragilisation sociale tout aussi marquante, en évoquant le phénomène de « mort sociale » : en 2017, environ 300.000 personnes de 60 ans et plus vivaient sans aucun contact. Ce chiffre atteindrait 750.000 en 2025, avec la perspective d’un million de personnes en isolement extrême à l’horizon 2030 si rien ne change. Nous sommes face à un écart grandissant entre une société qui affiche le slogan du « bien vieillir » et des politiques publiques qui, faute de moyens, de cohérence et d’ambition, produisent du « mal vieillir ».
Evidemment cette situation affecte d’abord les personnes les plus pauvres, les plus fragiles et les plus isolées. Cette situation n’est ni une fatalité, ni le simple résultat d’un vieillissement inéluctable, mais bien le résultat d’arbitrages collectifs et politiques.
L’auteur dénonce une forme de procrastination de l’État. Il relègue la question du grand âge au second plan tandis que les inégalités se creusent et que les solidarités familiales s’épuisent. La société reste mal adaptée aux besoins des plus âgés. Petit frère des pauvres appelle à une loi de programmation pluriannuelle dédiée au grand âge. Elle devrait être dotée de calendriers précis et de budgets clairs. L’association invite chaque citoyen à prendre part à la lutte contre l’isolement en retissant les liens familiaux, de voisinage et de proximité. (lire la tribune dans la Croix )
Repas à 1 euro pour tous les étudiants : la bascule du 4 mai 2026

Cette mesure, issue de la loi de finances 2026, concerne plus de 3 millions d’étudiants, mais aussi les apprentis, doctorants et volontaires en service civique. Ils paieront tous le même tarif symbolique pour un repas complet. Elle se veut une réponse directe à l’augmentation du coût de la vie étudiante et aux difficultés d’accès à une alimentation équilibrée.
Cet article détaille les modalités très concrètes de ce repas social : il sera proposé midi et soir, dans tous les restaurants du réseau Crous, dans la limite d’un repas à 1 euro par service et par personne. Le menu comprend un plat principal et deux accompagnements au maximum (entrée, produit laitier, dessert, fruit, etc.), avec la possibilité d’acheter des suppléments à un tarif variable selon les Crous. Pour en bénéficier, les jeunes devront disposer d’un compte Izly actif, qui servira à la fois de moyen de paiement et de justificatif de leur statut étudiant au passage en caisse.
Pour cela l’État prévoit une enveloppe de 50 millions d’euros en 2026 pour accompagner la montée en charge, puis 90 millions d’euros par an lorsque la mesure sera stabilisée. Les Crous se préparent à une fréquentation en hausse importante, et les personnels alertent déjà sur les risques de saturation des restaurants et sur la nécessité d’adapter les moyens humains, les équipements de restauration et la maintenance pour tenir le rythme sans dégrader la qualité des repas.(lire l’article sur Info.fr)
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« Quand une société est désorganisée, les gens sont anxieux », affirme le neuropsychiatre Boris Cyrulnik

Dans l’émission « L’invité de 8h20, le grand entretien » sur France Inter, diffusée jeudi 16 avril le neuropsychiatre Boris Cyrulnik est reçu pour parler de son nouveau livre. Il s’intitule « Au saccage des petits bonheurs ». Cet entretien, mené par Florence Paracuelos, tourne autour de la place des rituels dans notre rapport au vivre‑ensemble et de ce que cela dit de nos sociétés contemporaines.
Boris Cyrulnik insiste sur le lien entre fragilité psychique et désorganisation de la vie sociale. Il rappelle que « quand une société est désorganisée, les gens sont anxieux ». Dans ce cadre, il met l’accent sur les « petits bonheurs » ordinaires : les salutations, les sourires, le tour de parole mais aussi les marques de politesse. Tous ces petits faits structurent la vie commune et participent à la construction d’un sentiment de sécurité. Pour lui, ces micro‑rituels ne sont pas anecdotiques : ils sont des pierres de touche de la civilité et font partie intégrante de ce qu’il appelle la « civilisation ».
Son livre s’inscrit dans la réflexion que le neuropsychiatre poursuit depuis longtemps sur la résilience. Mais il nous oriente ici vers une méditation collective sur la perte de ritualisation dans notre société. L’ateur décrit une société dé‑ritualisée, où les repères du quotidien se diluent. Cela affecte la manière de se parler, de se respecter et de se contenir mutuellement. Il suggère que restaurer ces gestes simples, parfois considérés comme archaïques, peut être une manière de réduire la tension et de réapprendre à vivre ensemble avec plus de bienveillance. (écouter le podcast de France Inter)
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Vous êtes allé(e) au bout de cette revue de presse ? Bravo et merci ! Merci aussi à Michelle Flandre qui m’a aidé à la réaliser.
Photo en une : Capture d’écran vidéo © Département de Seine-Saint-Denis



