Revue de presse | Non-assistance à jeunesse en danger / Un champion au RSA / Les pauvres face à la crise climatique

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Bonjour et bienvenue à cette revue de presse qui nous emmène à la rencontre d’une jeunesse qu’on dit parfois « paresseuse » mais qui apparaît surtout épuisée par l’accumulation des crises, inquiète pout son avenir, tout en restant très attachée au travail et à l’idée de trouver du sens dans sa vie. Vous y découvrirez aussi comment le changement climatique frappe d’abord les plus fragiles et tisse une véritable spirale de vulnérabilités sociales, que le Secours Catholique invite à regarder sérieusement. Et pour finir, cap sur la piste glacée avec le parcours étonnant de Lucas Defayet, athlète de skeleton vivant au RSA, dont l’itinéraire bouscule nos représentations de l’insertion par le sport et de ce que peut être une trajectoire « réussie » quand on part de peu. Sans oublier les multiples liens susceptibles de vous intéresser… Bonne lecture !

 


Non-assistance à jeunesse en danger : l’alerte du Cercle des économistes

alerte jeunesTendons l’oreille à ce que nous dit la jeunesse, telle qu’elle apparaît dans l’étude « Jeunesse(s) » du Cercle des économistes, réalisée avec Elabe auprès de 5000 jeunes âgés de 15 à 29 ans. Ses auteurs démontent le cliché de l’image paresseuse d’une génération « de la flemme ». Ils montrent au contraire  des jeunes ancrés dans le réel et attachés au travail. Ces jeunes sont « ballottés » par l’accumulation des crises économiques, sociales, écologiques et géopolitiques. Santé mentale fragilisée, solitude, addictions, difficultés financières et peur de l’avenir composent un décor qui, pour beaucoup, transforme l’entrée dans la vie adulte en parcours d’obstacles.

Les chiffres mis en avant sont particulièrement parlants : 3 jeunes sur 10 déclarent des problèmes réguliers de santé mentale, 64% se sont déjà sentis seuls – dont 29% pour qui cette solitude est permanente – et 34% disent avoir déjà connu une addiction, y compris parmi les 15‑17 ans.

À ces fragilités s’ajoutent les tensions budgétaires : 3 jeunes sur 4 surveillent leur budget en permanence, près d’un sur deux craint de ne pas boucler ses fins de mois et 29% estiment que leurs revenus ne couvrent pas leurs besoins, avec des situations plus dures encore pour les jeunes d’origine sociale défavorisée, les 20‑24 ans et les jeunes femmes.

Cet article nous montre aussi une jeunesse qui se replie sur l’intime pour tenir bon : quête d’une vie « calme et sereine », priorité à la santé, petit cercle d’amis très proches, fort attachement à la France et à leur territoire, pendant que réseaux sociaux et intelligence artificielle deviennent des appuis pour s’informer, apprendre, se faire conseiller ou chercher un soutien émotionnel.

Enfin, Le Cercle des économistes insiste sur le rapport au travail et aux institutions : l’entrée sur le marché du travail est vécue comme difficile et angoissante. Le travail reste central – plus de 8 jeunes sur 10 le voient d’abord comme un moyen de gagner sa vie et d’être indépendant – mais la réussite ne se résume plus à la carrière ou au salaire : elle inclut désormais la sérénité, la qualité de vie, l’autonomie et le sens.

Les jeunes attendent des entreprises qu’elles assument un rôle social en réduisant le stress et en facilitant l’insertion par le recrutement des premiers emplois et des stages. Le monde politique est jugé largement déconnecté, même si près de la moitié des répondants continuent de considérer que le vote a un «vrai impact». Au fond, ce texte sonne comme une mise en garde : il ne s’agit pas d’une génération désengagée, mais d’une jeunesse à qui on n’offre pas encore vraiment les moyens de prendre sa place. (lire l’article du cercle des économistes)

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La crise climatique vue par les personnes qui la vivent

crise climat pauvreteLe Secours Catholique vient de publier une étude menée avec trois partenaires  pour documenter l’impact des dérèglements climatiques sur les populations vulnérables « en France et dans le monde ». L’idée directrice de ne « laisser personne de côté » et de construire des sociétés plus justes et plus résilientes. Dans son communiqué de presse lié à cette publication, l’organisation insiste sur un mécanisme qui revient dans les récits : les chocs climatiques (inondations, canicules, sécheresses, tempêtes) frappent d’abord celles et ceux qui ont le moins de moyens pour se protéger et s’adapter. Ces crises « aggravent les précarités » tout en faisant basculer de nouveaux ménages fragiles vers des vulnérabilités inédites.

​Dans son article, le Secours Catholique décrit des politiques d’adaptation qui « passent à côté des besoins des plus précaires ». Elle pointe une préparation jugée faible, une culture du risque limitée, et des choix d’aménagement souvent décidés sans concertation réelle avec les habitants. Pourtant, ce sont bien eux qui disposent d’une connaissance fine des lieux et des besoins.

Le communiqué rappelle que les conséquences ne se cantonnent pas au logement ou aux biens matériels : les témoignages évoquent une accumulation de problèmes (accès à l’eau, à l’alimentation, aux soins), une santé dégradée (maladies liées à l’eau ou à la chaleur), une scolarité d’enfants perturbée, et parfois de vraies ruptures de vie (déménagement, abandon d’un métier). Cette une « spirale de vulnérabilités » réduit la liberté de choix. L’organisation formule enfin trois grandes recommandations : des politiques d’adaptation « ambitieuses, inclusives et justes », la garantie de l’accès aux droits et aux besoins essentiels, et un accompagnement de la reconstruction « sur le long terme » au-delà de l’urgence. (lire le communiqué du Secours Catholique) (lire et télécharger le rapport)

 


JO d’hiver 2026 : cet athlète français vit du RSA depuis quatre ans, il est le premier représentant de la France en skeleton depuis 2010

lucas defayet
Instagram – @lucas_defayet

La journaliste Inès Souifi raconte pour La Dépêche du Midi le parcours singulier de Lucas Defayet, 28 ans, premier Français à représenter l’Hexagone en skeleton aux Jeux d’hiver depuis 2010. Le jeune Breton a mis fin à seize ans d’absence tricolore dans la discipline. Cette participation est présentée comme une véritable consécration pour cet athlète venu de Rennes, qui arrive au haut niveau dans un sport ultra-exigeant tout en restant très loin du confort financier habituellement associé à l’image olympique.

En effet Lucas Defayet vit du RSA depuis quatre ans, après avoir enchaîné les petits boulots saisonniers dans le bâtiment et le paysagisme pour financer sa pratique avant 2022. L’athlète explique que le RSA lui permet aujourd’hui tout simplement de vivre à l’année, pendant que sa fédération et ses sponsors couvrent le coût de sa préparation, estimé à plus de 30.000 euros par saison en comptant matériel, déplacements et hébergement.

Bien évidemment, les commentaires des lecteurs ne se sont pas fait attendre. Ceux de la Dépêche du Midi fustigent le fait que cet athlète puisse percevoir le RSA. Pour ma part je trouve qu’est un bel exemple d’insertion par le sport réussi. (lire l’article de la Dépêche)

 


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Vous êtes allé(e) au bout de cette revue de presse ? Bravo et merci ! Merci aussi à Michelle Flandre qui m’a aidé  à la réaliser.

 

Photo : Depositphotos

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