Revue de presse | Il était une fois les ASH / Des services sommées de fermer leurs portes / ASFAM : « on touche le fond »

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Bonjour et bienvenue à cette revue de presse qui nous emmène d’abord dans des coulisses de l’histoire chaleureuse et mouvementée des ASH, passées d’un petit bulletin familial à un média toujours aussi engagé.  Nous pensons fortement à tous les salariés des services qui tels à Nantes, à Montpellier, dans le Vaucluse ou dans le Pays Basque qui baissent le rideau. Elles laissent des jeunes sans abri, des familles en grande précarité et des équipes démunies face à l’effritement des financements et des soutiens institutionnels. Avec ce cri d’alarme, il y a aussi le malaise des assistants familiaux du Lot et Garonne qui disent ne plus pouvoir accueillir les enfants dans des conditions dignes. Sans oublier les multiples liens susceptibles de vous intéresser… Bonne lecture​ !

 


Il était une fois les ASH

Cet article retrace avec une certaine tendresse et lucidité l’histoire de ce journal singulier, né en 1955. Il fête aujourd’hui ses 70 ans. Pensé à l’origine comme un bulletin juridique et institutionnel destiné aux assistants de service social, le titre s’est développé dans une ambiance quasi familiale, avec une petite équipe d’une dizaine de personnes travaillant dans un appartement parisien. Des feuilles volantes roses et bleues et une patronne qui ferme la porte à 18 heures tapantes, que les articles soient terminés ou non. Cette culture artisanale n’empêche pas le journal de devenir très vite une référence professionnelle.  Les ASH ont structuré nos formations et nos pratiques, entre veille juridique minutieuse, dossiers thématiques très attendus et ce fameux « aide-mémoire du travailleur social » que tout le monde (et moi aussi) gardait  sur son bureau comme une boîte à outils indispensable.

À partir des années 1990, l’hebdomadaire entre dans une nouvelle phase, marquée par la reprise du titre. D’abord par le neveu des fondateurs, Michel Trésarieux, et son épouse Cécile, puis en 1994 par le groupe Wolters Kluwer. La ligne éditoriale s’élargit alors au droit des étrangers, à la justice des mineurs, à l’exclusion ou à la recherche. Sa promesse éditoriale se résume alors en trois mots : rigueur, exhaustivité, réactivité. Les abonnements grimpent jusqu’à 47.500 à la fin des années 1990, soutenus par la création de suppléments juridiques et d’un site Internet.

L’article  insiste aussi sur l’esprit de la rédaction, fait de professionnalisme exigeant et de forte implication personnelle, qui vaut aux ASH une reconnaissance rare dans le secteur social. Conseillers d’État, hauts fonctionnaires ou directeurs d’administration, comme Pierre Gauthier, évoquent un « Journal officiel du social » dont ils ne peuvent se passer. Céline Gargoly journaliste à l’époque décrit un collectif soudé, travailleur, mais aussi joyeux, où la fibre sociale est une condition d’entrée autant qu’un moteur quotidien. Cette identité, sera mise à l’épreuve par l’arrivée d’Internet et les coupes d’abonnements dans les services sociaux, vécues par les professionnels comme une atteinte à leur capacité de réflexion collective.

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Photo : compte Twitter des salariés des ASH en 2018

Enfin, l’article nous parle de la période récente plus tourmentée. Elle  a été  marquée par la vente du titre par Wolters Kluwer au groupe ATC (devenu Tema) en 2016. les tensions avec la nouvelle direction, l’hémorragie des effectifs et des conditions de travail devenues intenables pour une rédaction sommée de faire toujours plus avec toujours moins.

Malgré les remous, les ASH se réinventent en juillet 2023 en passant au mensuel avant d’être rachetés en 2024 par Alaloop Média. Portée par le désir de rendre visibles des métiers souvent ignorés et de faire vivre un espace de pensée exigeant, l’équipe continue de s’appuyer sur les réseaux sociaux pour donner la parole aux acteurs de terrain et aux chercheurs.  L’équipe en place aujourd’hui reste convaincue que l’histoire de ce journal vénérable est loin d’être achevée. Elle est même encore en train de s’écrire. (Lire l’article des ASH)

 


Associations en péril : à Nantes et Montpellier, deux structures d’aide aux plus précaires contraintes de fermer leurs portes

À Nantes, le service social “La Fabrique 16-25”, dédié à l’accompagnement des jeunes sans-abri, va bientôt fermer ses portes. Cette structure, qui accueillait une cinquantaine de jeunes chaque année, ne parvient plus à maintenir son activité en raison d’un contexte budgétaire tendu et d’un manque de soutien institutionnel. Pour beaucoup d’usagers, cette fermeture représente une rupture brutale, car il s’agissait parfois du seul soutien disponible pour avancer vers une insertion sociale et professionnelle. Ce service du centre éducatif nantais Tréméac, maison d’enfants à caractère social est pour ainsi dire sacrifié. Les jeunes accompagnés, sans abri le plus souvent, se retrouvent sans rien.

À Montpellier, l’association Area, présente depuis une dizaine d’années dans plusieurs bidonvilles de la métropole, annonce également qu’elle doit mettre fin à ses activités dès janvier 2026. Le non-renouvellement de la convention annuelle par l’État, principal financeur, condamne l’association malgré son expertise reconnue et son engagement pour les droits des habitants des bidonvilles. Area explique que la décision serait motivée par ses prises de position publiques sur le respect des personnes accompagnées. Elle affirme que l’État sanctionnerait leurs critiques des politiques publiques, plus qu’un contexte budgétaire. Au quotidien, cette fermeture aura des conséquences directes : plus de 170 familles précaires ne recevront plus d’accompagnement, et les dix salariés de l’association seront licenciés.

Ces deux situations rappellent pleinement la précarité des dispositifs associatifs face à l’incertitude du financement et aux choix politiques. J’ai aussi été alerté par les professionnels de 2 services qui interviennent dans le Vaucluse :  la Direction du C.D.E.F 84 (Centre Départemental Enfance et Famille du Vaucluse) a annoncé aux professionnels la fermeture de leurs deux services publics au 31 décembre 2025 : le S.A.P.S.A.D (Service d’Accueil de Protection de Soutien et d’Accompagnement à Domicile) et le Centre Maternel. Deux structures essentielles qui accompagnent 73 enfants et familles en situation de vulnérabilité.

 

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« On n’a jamais touché le fond comme ça » : les assistants familiaux, à bout, dénoncent les conditions d’accueil des enfants

Les assistants familiaux du Lot-et-Garonne, à Agen, dénoncent un accueil des enfants qu’ils jugent indigne, faute de moyens. Ils dénoncent aussi une manque de relais et de soutien réel de la part des services de l’Aide sociale à l’enfance. Ces professionnels, qui accueillent chez eux des enfants placés, décrivent leur réalité où la fatigue, l’isolement et le sentiment de ne plus pouvoir assurer correctement leur mission s’installent durablement. Ils alertent sur les conséquences directes pour les enfants, qui devraient être au cœur du dispositif, mais se retrouvent, selon eux, les premiers à pâtir de cette situation.

Les assistantes familiales mettent en avant le manque de relais pour souffler et l’insuffisance de moyens concrets pour accompagner les enfants. Elles dénoncent une pression permanente liée à des placements parfois complexes, sans réelle écoute de leur expertise quotidienne. Elles disent avoir le sentiment d’être considérées comme une variable d’ajustement, alors qu’elles exercent à domicile un métier très prenant, avec des horaires sans limite claire entre vie personnelle et professionnelle. Cette impression d’abandon institutionnel nourrit un profond malaise et une grande lassitude, dans un contexte où le nombre d’enfants confiés augmente alors que le nombre de familles d’accueil se raréfient.

Au fil des témoignages, se dessine une profession en souffrance, qui se sent peu reconnue, mal intégrée aux équipes. Les ASFAM comme on les appelle, sont trop souvent laissée seule face à des situations lourdes, y compris sur le plan de la santé ou des troubles psychiques des enfants accueillis. Il est aussi pointé la peur constante de la mise en cause et la précarité de leur statut. Des professionnelles qui ont l’impression que leur parole pèse moins que celle d’autres acteurs, alors même qu’ils vivent avec les enfants au quotidien. Cette accumulation de tensions alimente l’idée, chez certaines, de quitter un métier auquel elles restent pourtant attachés par conviction et par souci des enfants dont elles ont la charge. (lire l’article de France 3 Région)

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Vous êtes allé(e) au bout de cette revue de presse ? Bravo et merci ! Merci aussi à Michelle Flandre qui m’a aidé à la réaliser.

Illustration : Une des ASH en mars 2022

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