Revue de presse | Formation : Catherine Vautrin impose une concertation / Les derniers chiffres de l’ASE / à 3 ans, le nez sur l’écran

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Bonjour et bienvenue à cette revue de presse ! Cette semaine, l’actualité du secteur social est particulièrement riche. Commençons avec la ministre Catherine Vautrin qui surprend tout le monde en ouvrant la porte à une grande concertation sur la réforme des diplômes du travail social. Découvrez ensuite les chiffres impressionnants de l’aide sociale à l’enfance dévoilés par la DREES. Enfin ne manquez pas cette étude qui alerte sur l’omniprésence des écrans chez les tout-petits de 3 et quatre ans. Volà de quoi nourrir la réflexion et les échanges. Sans oublier les multiples liens susceptibles de vous intéresser… Bonne lecture !


Réforme des diplômes du travail social : Catherine Vautrin impose une concertation

Celine Lembert
Céline Lembert, assistante sociale, membre de l’ANAS et du HCTS (compte LinkedIn)

Lors de l’assemblée plénière de juin du Haut conseil du travail social (HCTS), la ministre des Solidarités, Catherine Vautrin, a surpris son auditoire en ouvrant la porte à une concertation sur la réforme des diplômes du travail social. Interpellée par Céline Lembert, assistante sociale et membre de l’Anas, la ministre a accepté d’engager rapidement des discussions. Elle a ainsi répondu aux inquiétudes exprimées par un collectif d’opposants dénonçant le manque de dialogue et l’absence de bilan depuis la réforme de 2018.

Cette décision pourrait entraîner un report du calendrier initial.  Initialement, la commission professionnelle consultative devait examiner le texte dès le 3 juillet, en vue d’une application à la rentrée 2026. (note : Évidement, cette décision ne fait pas les affaires des centres de formation regroupés au sein de l’UNAFORIS. Ils voient mal comment s’organiser pour être opérationnel en septembre 2025. C’est ingérable. L’Unaforis avait négocié en direct avec la DGCS sur le contenu et le calendrier de la réforme.)

Les revendications des professionnels du secteur restent fortes. La Fédération nationale des éducatrices et éducateurs de jeunes enfants (Fneje), par exemple, insiste sur le maintien du nombre de semaines de stages et des heures de formation spécifiques au métier. Pour beaucoup, la réforme actuelle risque de réduire la qualité des formations et de ne pas répondre aux besoins du terrain, un point largement relayé par les organisations mobilisées qui poursuivent leur action collective.

L’article signé Noël Bouttier du Média Social nous apprend aussi qu’au-delà de la question des diplômes, cette réunion du HCTS a également permis de remettre sur la table l’idée d’un comité des métiers socio-éducatifs. C’était une proposition datant de 2022 sous Jean Castex, mais restée lettre morte jusqu’ici. Catherine Vautrin a relancé ce projet sans toutefois préciser de calendrier ou de méthode, suscitant des réactions prudentes chez les acteurs du secteur. Daniel Goldberg, président de l’Uniopss, a rappelé que les associations attendent des moyens concrets pour mettre en œuvre les politiques sociales, soulignant que la question du financement reste centrale.

L’avenir du HCTS lui-même serait incertain. Constitué jusqu’à fin 2025, son prolongement ou sa transformation n’a pas été tranché, même si la ministre a affiché son intérêt pour les travaux de cette instance. Dans ce contexte, les professionnels du social restent mobilisés, attentifs aux suites de la concertation et aux décisions à venir sur la réforme.  (lire l’article du Média Social).

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Dossier de la DREES : « L’aide sociale à l’enfance – Édition 2025 »

Logo Direction de la Recherche des Etudes de lEvaluation et des StatistiquesLa DREES a publié, le 26 juin dernier une nouvelle édition de son dossier consacré à l’aide sociale à l’enfance (ASE). Cette étude vise à dresser un panorama complet de la situation de l’ASE, en s’appuyant sur de récentes données consolidées. Elles sont issues notamment de l’enquête annuelle menée auprès des départements et des établissements de la protection de l’enfance.

Selon ce rapport, au 31 décembre 2022, environ 381.000 mesures d’aide sociale à l’enfance étaient en cours, concernant des mineurs et jeunes majeurs de moins de 21 ans. Ce chiffre est en progression constante depuis vingt-cinq ans ! Il nous montre l’importance croissante de la protection de l’enfance dans les politiques sociales départementales. La majorité de ces mesures correspondent à des prises en charge en dehors du milieu familial, tandis qu’une part significative concerne des actions éducatives menées auprès des jeunes ou de leur famille.

Alors évidemment, cela a un coût : les dépenses engagées par les départements pour la protection de l’enfance atteignaient près de 10 milliards d’euros en 2022. L’essentiel de ces crédits est consacré à l’accueil des enfants, qu’il s’agisse de placements en familles d’accueil, en établissements spécialisés ou en structures alternatives. Les actions éducatives à domicile, le versement d’allocations et la prévention spécialisée représentent également une part non négligeable de ces dépenses.

L’étude nous montre le profil des mineurs concernés : ils sont majoritairement des adolescents, avec une surreprésentation des garçons. On observe aussi une part importante de mineurs en situation de handicap parmi les enfants pris en charge. On apprend aussi que fin 2023, 30.800 jeunes majeurs bénéficiaient d’un accueil provisoire. Ce nombre est en baisse depuis fin 2021.

Le rapport souligne aussi l’évolution des pratiques et des besoins. Ils sont dus notamment l’augmentation du nombre d’adolescents et de jeunes majeurs accueillis. Sans surprise et quoi qu’on en dise, l’ASE demeure ainsi un pilier essentiel de la politique de protection de l’enfance, avec pour objectif de garantir la sécurité, le développement et l’épanouissement des enfants en danger. La DREES annonce aussi que les données provisoires sur les bénéficiaires de l’ASE au 31 décembre 2024  paraîtront, pour la première fois, en août 2025. (lire le communiqué de la DREES)

 


L’usage des écrans par les enfants de 3 à 4 ans

enfant enerve devant ecran
Photo créé par freepik – fr.freepik.com

Voilà une note qui n’a rien de rassurant ! L’exposition précoce des enfants de 3 à 4 ans aux écrans devient un phénomène massif. Selon une étude du ministère de l’Éducation nationale, en 2022, 75% des élèves scolarisés en petite section de maternelle regardent ou jouent sur des écrans. Près de la moitié (45%) disposent d’au moins un accès numérique qui leur est dédié,

15% possèdent leur propre tablette ! L’accès varie selon le milieu social : ainsi, 21% des enfants d’ouvriers non qualifiés possèdent une tablette, contre seulement 7% chez les enfants de cadres ou de chefs d’entreprise. Ces chiffres montrent que, dès le plus jeune âge, les écrans s’installent dans le quotidien des tout-petits, avec des usages qui dépassent largement la simple consommation de dessins animés.

Mais cette réalité soulève des inquiétudes majeures. L’étude révèle que les enfants qui jouent régulièrement sur des écrans les jours d’école affichent des scores nettement inférieurs en langage (22 points d’écart-type), en mathématiques (-14 points) et en compétences transversales (-12 points). Cela par rapport à ceux qui n’utilisent pas ou peu les écrans. Même le visionnage régulier d’écrans les jours d’école est associé à des performances plus faibles. Ces résultats confirment le lien préoccupant qui existe entre l’usage non encadré des écrans et le développement cognitif des jeunes enfants, notamment dans les domaines essentiels à la future réussite scolaire. Les enseignants vont avoir du pain sur la planche. Car les troubles portent aussi sur l’attention des tout-petits.

Les conséquences ne se limitent pas aux seuls apprentissages scolaires. Un temps d’écran excessif, non accompagné d’activités alternatives comme la lecture ou les jeux de société, risque de remplacer des interactions sociales et des stimulations indispensables au développement du langage. Les familles les moins favorisées, souvent plus exposées à l’usage intensif des écrans, voient ainsi se creuser les écarts de développement avec les enfants issus de milieux plus aisés. Les inégalités s’accentuent dès la maternelle. Les chercheurs insistent : l’encadrement parental et la diversification des activités sont essentiels pour limiter ces effets délétères. (télécharger la note d’information de la DEPP

 


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Photo : Catherine Vautrin lors d’une auditionen commission des affaires économiques de l’Assemblée. Mika levy Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0

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