Violences sexistes : Polémique après les propos de Marlène Schiappa

Meutre d’une femme  : La secrétaire d’Etat à l’Egalité femmes-hommes est accusée de s’immiscer dans une affaire judiciaire.  Mardi soir, quand l’avocat de Jonathann Daval annonçait que son client avait tué sa femme « par accident », Marlène Schiappa a aussitôt fustigé ces propos. Dans un tweet elle a jugé « scandaleuse » la défense du mari d’Alexia Daval. Tuer sa femme dans un accès de colère et de dispute violente sous prétexte que la victime avait une personnalité écrasante peut-il être considéré comme un accident ? Cela n’accrédite-t-il pas que finalement cette affaire commence avec le procès de la victime ?

Marlène Schiappa, a précisé sur RTL qu’elle ne veut pas rentrer dans cette affaire judiciaire, mais qu’elle lutte contre la banalisation des violences conjugales. Les médias ont une responsabilité. dit-elle.  « Rien ne justifie, n’excuse que l’on frappe, tue sa femme! Rien! » et j’ai envie de lui donner raison. En effet la violence sexiste est quand même une réalité et il ne faut pas être dupe. Même si certains hommes vivent eux-aussi des violences (souvent froides) de la part de leurs femmes (ça aussi ce sont des violences sexistes) cela ne peut à mon sens excuser la violence en retour qui peut aller jusqu’à la mort du conjoint.

Car il faut bien le reconnaître. L’immense majorité de ces violences particulières sont à l’encontre des femmes. C’est un phénomène international qui ne date pas d’hier même si aujourd’hui nombreux sont celles et ceux qui souhaitent une tolérance zéro sur ce sujet. Pour preuve, «submergée», l’association européenne contre les violences faites aux femmes au travail ferme son accueil téléphonique » nous informe Libération. l’AVFT n’est plus en mesure de répondre à tout le monde et d’assurer son travail de défense de nouvelles victimes», indique dans un communiqué la déléguée générale de l’association, Marylin Baldeck. L’association prend «une décision aussi difficile qu’inévitable : «Trois mois» après l’affaire  Weinstein, 223 femmes ont saisi cette association «alors que l’AVFT fonctionne sans augmentation de subventions et donc d’effectifs depuis 13 ans, il n’est pas difficile de comprendre que notre situation est absolument intenable», poursuit le communiqué. Selon l’association qui emploie cinq salariées, dont l’une en CDD jusqu’en novembre, «il faudrait une année entière pour tout faire».

Les services sociaux sont très concernés par cette réalité. Je ne connais pas d’assistante sociale qui n’a pas été confrontée à un moment ou à un autre par les violences sexistes qu’elles soient ou non conjugales. Certaines rencontrent des situations de violence de ce type toutes les semaines. Il y a de quoi banaliser mais ce n’est pas pour autant une raison pour en conclure  que toutes les femmes sont des victimes et que tous les hommes sont des abuseurs potentiels

Quand la fac forme à dépister les violences faites aux femmes : Lancé en 2015 par l’université Paris 8, en partenariat avec l’Observatoire des violences envers les femmes du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis, ce DU est le seul diplôme, avec celui de Paris 7, à être consacré aux violences de genre. En ce vendredi de janvier, dans une salle du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis, près de Paris, se côtoient travailleurs sociaux, personnels d’association, une avocate, des puéricultrices, sages-femmes, une femme médecin… La troisième promo compte 27 femmes pour un homme. C’est une initiative très intéressante mais il est dommage que l’on ne parle que des violences faites aux femmes, comme s’il n’y avait qu’elles qui seraient victimes de ce que je préfère pour ma part appeler les violences sexistes car évidemment, il existe aussi des hommes qui sont dans leurs couples victmes de violences. Mais cela reste tabou et mal placé lorsque l’on souhaite aborder aussi ce sujet.

Pour aller un peu plus loin, je vous invite à prendre connaissance d’un article que j’avais rédigé intitulé « Violences et conjugalités : Lorsque le sentiment amoureux unit celles et ceux qui se déchirent » J’avais pu assister à une conférence très intéressante de Cécile Condominas éducatrice et auteur de l’excellent ouvrage « sentiment amoureux et conjugalité violente  : du meilleur au pire » . L’occasion de rappeler comment nous «tombons amoureux», et comment une certaine «gestion des sentiments» peut transformer une belle histoire en véritable calvaire dont il est bien difficile de se dégager.

 

Photo : FO  Marlène Schiappa lors de son intervention au CESE le 23 janvier 2018 Certains droits réservés

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