Violences conjugales : pourquoi est-il si difficile de partir ? / La fin de la Commission Centrale d’Aide Sociale / Tensions dans la polyvalence

Violences conjugales : pourquoi est-il si difficile de partir ?

« J’allais au travail avec des bleus, des fractures, côtes cassées, clavicule… » Face à une telle violence, pourquoi Julie est-elle restée quatre années avec un mari qui la battait ? « Je lui trouvais des excuses, raconte-t-elle, je me disais qu’il avait un passé difficile, qu’il avait été maltraité par son père. Je ne pouvais pas l’abandonner, il était le père de mes enfants. C’est horrible parce que c’était moi qui souffrais, mais je pensais plus à son bien-être qu’à moi-même. ». Son histoire est symptomatique de l’installation progressive d’une relation d’emprise… (lire l’article de psychologie magazine) vous pouvez aussi sur ce sujet lire un autre article : « Couple : avant la première gifle« 

La disparition silencieuse de la Commission Centrale d’Aide Sociale (CCAS)

C’était la juridiction des pauvres, des vieux, des handicapés : la Commission Centrale d’Aide Sociale a tenu le 26 septembre sa dernière séance. Elle  a disparu sans faire de bruit. Méconnue, cette juridiction d’appel créée en 1905 gérait le contentieux des commissions départementales d’aide sociale (CDAS), qui seront elles-aussi être supprimées à la fin de l’année. Ses dossiers seront répartis entre les juridictions judiciaires et les juridictions administratives, ce qui ne laisse pas d’inquiéter les spécialistes. Jean Michel Belorgey,  le dernier président de la CCAS,  est pessimiste. L’ancien conseiller d’État concède que les CDAS et la CCAS n’étaient pas idéales mais craint qu’à l’avenir, les dossiers qui vont échoir au tribunal administratif, notamment les différends entre les départements et l’État, ne soient enterrés. «Les petits justiciables devront faire un “recours administratif préalable obligatoire”, ce qui va en rebuter plus d’un » explique Jean-Michel Belorgey. En outre, les tribunaux administratifs ne sont pas équipés pour traiter ce contentieux-là, et ont souvent peu d’appétence pour le social et les pauvres. (lire l’article sur Médiapart qui soulève cette affaire)

  • Tensions sur le terrain :

Lot-et-Garonne : un préavis de grève dans les centres médico-sociaux

Le syndicat Sud dénonce, entre autres, les « économies faites sur la protection de l’enfance ».  Il parle de « la perte de qualité du service rendu et la violence institutionnelle subie : économie faite sur le dos de la protection de l’enfance, contrats précaires, suppression de postes, cœur de métier nié, conditions de travail dégradées. » Du coté de la vice présidence du Conseil Départemental le malaise n’est pas lié au désengagement du Département mais d’une évolution des métiers : « Aucune économie n’est faire sur le dos de la protection de l’enfance, puisque le budget qui y est consacré a augmenté de deux millions d’euros. Pas de suppression de poste non plus puisque nous avons renforcé les effectifs. S’il y a mal-être c’est à mettre sur le compte de l’évolution nécessaire du métier ainsi que de l’évolution du cadre légal » a précisé Christine Gonzato-Roques, vice-présidente au Conseil départemental.

Dans la Manche la réorganisation des centres médico-sociaux est devenue une question politique

Le conseil départemental de la Manche a fait le choix, il y a maintenant 3 ans, de décentraliser la gestion de plusieurs politiques sociales au plus près des usagers en la transférant, du siège à Saint-Lô, aux neuf centres médico-sociaux répartis sur le territoire départemental. « La souffrance des équipes est une réalité sur le terrain » indiquent les élus de l’opposition qui demandent la mise en place d’un audit. « L’enjeu est double » précisent Karine Duval et Sébastien Fagnen, Conseillers départementaux   » Il doit permettre de rétablir des conditions d’exercices professionnelles compatibles avec les missions pesant sur chaque agent de la direction des solidarités. Il doit également permettre d’améliorer la  réponse de la collectivité vis-à-vis des citoyens mais aussi, vis à vis des partenaires.

et aussi

Human Rights Watch dénonce :

« La scandaleuse loterie parisienne » en protection des enfants migrants

« Lorsque les enfants livrent des récits jugés trop détaillés de leur périple, cela peut être considéré comme un signe de maturité et jouer contre eux. Paradoxalement, là encore, des récits jugés imprécis, par exemple comportant des erreurs mineures sur les dates, jouent aussi en leur défaveur. De plus, bon nombre des lettres de refus que nous avons examinées se fondent sur l’appréciation par les examinateurs de l’attitude ou du comportement du jeune pour conclure qu’il n’a pas moins de 18 ans. Cette appréciation est purement subjective. Lorsque nous avons demandé sur quels critères elle était fondée, le représentant de la Croix-Rouge que nous avons rencontré a admis qu’il n’existait pas d’instrument validé ou d’autre base objective pour évaluer l’âge par le comportement ». lire l’article détaillé de Michael Garcia Bochenek  conseiller juridique senior, division Droits des enfants.

Paris : Situation toujours critique pour les adolescents migrants arrivant seuls

« A l’instar de la situation décrite dans son rapport en juillet 2018, Human Rights Watch a constaté que les autorités procèdent toujours à des évaluations sommaires de l’âge des jeunes migrants pour déterminer leur éligibilité à des services, enfreignant les normes internationales et la réglementation française. Des enfants sont ainsi privés des services essentiels auxquels ils ont droit, comme l’accès à l’hébergement, à l’éducation et à la santé. En conséquence, beaucoup d’entre eux sont forcés de dormir dans la rue ». (lire l’article)

Un travailleur humanitaire condamné pour un tweet. C’est la première condamnation de ce type en France

« La condamnation pour diffamation, le 25 septembre, d’un travailleur humanitaire pour un tweet ironique représente une dangereuse escalade dans le harcèlement officiel d’associations fournissant une aide cruciale aux migrants », a déclaré Human Rights Watch.   Loan Torondel a été jugé coupable de diffamation pour un tweet qu’il avait publié début janvier. Il a été condamné à une amende avec sursis et à verser des dommages et intérêts. Sous une photo montrant deux policiers debout au-dessus d’un jeune homme assis dans un champ, le travailleur humanitaire avait imaginé que le jeune homme protestait du fait que la police lui ait confisqué son sac de couchage alors que la température extérieure était de 2 degrés Celsius, il a fait alors répondre à l’officier :  «Peut-être, mais nous sommes la nation française, monsieur». Cela a suffi à le faire condamner.

 

 

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