Où en est la réforme des diplômes du travail social? L’ANAS appelle à la vigilance des professionnels et des formateurs

Comme l’indique le journal Lien Social c’est la dernière ligne droite pour la refonte des diplômes. L’ANAS s’inquiète du résultat final et apporte les éléments qui sont un peu inquiétants.  L’Association qui a participé aux travaux préparatoires n’est pas satisfaite et le fait savoir dans un communiqué publié sur son site. Elle en appelle à la vigilance des professionnel(le)s et des formateurs (trices). Cela vaut à mon sens aussi bien pour les diplômes d’assistant de service social que d’éducateur spécialisé ou de conseillère en économie sociale et familiale…

Dès le début du groupe de travail du Diplôme d’Etat d’ASS, l’association indique qu’elle a été confrontée à un calendrier très serré lié aux échéances fixées par le Plan en Faveur du Travail Social. Malgré ce calendrier très contraint, l’ANAS a été à chaque séance force de propositions. Mais elle constate que plusieurs points sont absents avec

  • la disparition de la notion d’expertise :  « Cette expression met en valeur le niveau de responsabilité à l’égard des personnes accompagnées et dans le travail partenarial. Elle nomme également le niveau des attendus dans la qualité des écrits professionnels, que ce soit à destination de l’autorité judiciaire mais également de bien d’autres instances. Or, l’expertise n’a été retenue ni dans la formalisation du référentiel de fonctions/activités, ni dans le référentiel de compétences. Pourtant, cette notion  paraît en particulière adéquation avec la valorisation du diplôme et répond aux attentes des personnes accompagnées, des institutions employeurs, de nos partenaires ou encore des financeurs » .
  • La notion de «service social» (et « d’éducation spécialisée ») disparaissent des référentiels pour être remplacé par le terme générique de travail social.  « Cette distinction garde pourtant aujourd’hui tout son sens car, au-delà de l’histoire, le service social œuvre d’une façon bien spécifique, avec les autres champs du travail social, au lien social et à l’accompagnement des personnes malgré les contraintes financières ou organisationnelles de tous ordres. Il est donc regrettable que l’intitulé des domaines de formation d’assistant de service social fassent partout référence au « travail social » plutôt qu’au « service social », au risque une nouvelle fois de sa perte de sens ».  précise l’ANAS
  • Le maintien de la spécificité des métiers n’est pas vraiment assurée alors qu’elle est une véritable richesse. « L’ANAS s’inquiète du risque de glissement vers un «travailleur social unique». Comme énoncé lors du dernier communiqué sur le sujet, « si la suppression des titres n’a finalement pas été retenue suite aux États Généraux du Travail Social, nous savons cependant que ce projet reste porté par certains centres de formation et institutions employeurs ». l’association réaffirme que la diversité des formations en travail social accroît l’efficacité de l’action sociale pour un meilleur service au bénéfice des personnes accompagnées.
  • L’ANAS exprime aussi ses plus grandes réserves quant à notion de socle commun.  Ce point a été  traité de manière résolument opaque. L’association  réaffirme le principe de 30 % de socle commun au maximum tel que préconisé par Brigitte BOURGUIGNON dans son rapport «Reconnaître et valoriser le travail social ». En fait les compétences incluses dans le socle commun ont été uniquement débattues au sein d’un groupe «ad-hoc» sans qu’y soient associés les groupes-métier qui ont réalisé le travail en amont. Cela a mis à l’écart des discussions les associations professionnelles qui savent elles aussi de quoi elles parlent en s’appuyant sur des pratiques de terrain. Toujours sur ce sujet ,dans une tribune publiée sur le site de Lien Social, Véronique Jacquet de la Fédération nationale des éducateurs de jeunes enfants (FNEJE), Christine Sovrano (CGT) et Gabrielle Garrigue (Avenir Éducs) s’étaient alarmées d’un « manque de vision d’ensemble de la méthodologie utilisée » pour construire ce fameux socle commun.
  • La certification : l’ANAS s’est positionnée en faveur d’un contrôle continu au long de la formation et meilleur équilibre au sein du dossier de pratiques professionnelles (DPP) entre l’intervention sociale d’aide à la personne (ISAP), l’intervention sociale d’intérêt collectif (ISIC) et l’auto-évaluation de l’étudiant. « Pour l’ensemble des épreuves de certification, nous avons travaillé au maintien d’une cohérence et proposé des notes de contrôle continu de façon plus équitable par DC ». précise le groupe formation qui a suivi les travaux

.Je vous invite à lire en détail le contenu du communiqué de l’ANAS car il apporte d’autres précisions et éclairages. Enfin rappelons comme l’indique Lien Social qu’à « l’approche de cette phase finale des travaux de refonte, certains professionnels et formateurs avaient fait part de leurs inquiétudes ». un collectif de formateurs se mobilise également.  L’Inter-REgionale des formatrices et formateurs en travail social avait écrit une lettre ouverte aux directions des centres de formation et à l’UNAFORIS pour tenter de faire entendre son point de vue. Elle craint la disparition des stages longs et le contact direct avec les usagers alors que c’est justement une condition de la formation en alternance qui permet une réelle maturation des étudiants dans leurs parcours de formation.

 

 

Photo  prise à l’ARIFTS à Rezé lors d’une réunion  lors du mouvement en 2014 « Debout pour nos métiers »

 

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