Didier Dubasque
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« On n’en peut plus » va avec extrême droite / Pour un devoir de visite des pères ? / Atteinte aux droits des mineurs isolés

Bonjour et bienvenue à cette revue de presse. Aujourd’hui, nous plongeons au cœur de sujets de société. De l’analyse de Maeva Durand sur l’impact des restrictions des prestations sociales sur la montée de l’extrême droite en Europe, à la proposition controversée d’Emmanuel Macron sur le « devoir de visite » des pères, chaque article donne à réfléchir. Nous aborderons également la situation des mineurs isolés , un sujet de préoccupation majeur pour plusieurs associations de renom. Ces sujets ne sont pas seulement actuels ; ils sont aussi essentiels pour comprendre les dynamiques complexes de notre époque. Bonne lecture !

 


« On n’en peut plus ! » Comment la réduction d’accès aux prestations sociales alimente l’extrême droite.

Les tensions sociales et politiques sont de plus en plus palpables. Maeva Durand, Docteure en sociologie, à l’Université Paris Dauphine  explore dans cet article publié par The Conversation comment la réduction de l’accès aux prestations sociales peut alimenter la montée de l’extrême droite en Europe. L’auteure met en lumière une corrélation inquiétante entre les coupes budgétaires affectant les aides sociales et le sentiment de frustration croissant au sein des populations les plus vulnérables

Elle décrit le mécanisme par lequel les restrictions imposées aux systèmes de soutien social exacerbent les inégalités et le mécontentement. En privant certains citoyens de l’accès à des ressources essentielles, les gouvernements risquent non seulement d’aggraver la précarité matérielle, mais aussi de nourrir un terreau fertile pour les discours populistes et extrémistes. Ces derniers, exploitant le désarroi et la colère, trouvent un écho particulièrement fort chez ceux qui se sentent délaissés par les politiques traditionnelles.

Son article illustre ce propos en citant des exemples concrets de régions où les coupes dans les prestations ont mené à une hausse notable du soutien aux partis d’extrême droite. Ces mouvements, souvent perçus comme une alternative par les électeurs frustrés, promettent de rétablir une forme de justice sociale ou de prioriser les « natifs » du pays face aux immigrants, dans un discours clairement xénophobe.

En outre, Maeva Durand aborde la dimension psychologique de ce phénomène. La peur de l’avenir, le sentiment d’injustice et l’isolement social peuvent pousser des individus auparavant modérés vers des idéologies plus radicales. Cette transition est généralement exacerbée par une rhétorique politique qui divise encore plus la société, en catégorisant les citoyens entre ceux qui méritent l’aide et ceux qui en seraient indûment bénéficiaires. On a le sentiment que quoi que l’on fasse, la montée de l’extrême-droite est devenue inéluctable. (lire l’article de The Conversation)


« Devoir de visite » des pères : une idée accueillie tièdement au Sénat

Cet article signé Mathilde Nutarelli pour Public Sénat revient sur la proposition récente d’Emmanuel Macron concernant l’instauration d’un « devoir de visite » pour les pères dans les familles monoparentales. Il a glissé cette idée lors d’une interview avec le magazine « Elle ». Le président de la République suggère ainsi que les pères devraient avoir non seulement un droit, mais aussi un devoir de visite, de suivi et d’éducation de leurs enfants, même après la séparation du couple. Cette idée vise à renforcer la responsabilité parentale et à assurer un développement affectif et éducatif plus stable pour les enfants. (Elle a aussi l’avantage de ne rien coûter). 

Oui, mais comment fait-on avec les pères violents ?  La proposition a suscité une vive réaction de la part de diverses associations et acteurs sociaux. Plusieurs groupes féministes et des collectifs de protection de l’enfance ont exprimé des préoccupations, arguant que forcer les interactions entre des pères potentiellement abusifs ou désengagés et leurs enfants pourraient être préjudiciable, voire dangereux.

Ils suggèrent que des mesures comme le devoir de thérapie pour les pères défaillants pourraient être plus appropriées. D’autres soulignent que la proposition pourrait ignorer les réalités des violences intrafamiliales et des dynamiques de pouvoir déséquilibrées dans certaines familles

En réponse aux critiques, des clarifications ont été apportées par des membres du gouvernement. Il est affirmé que la proposition ne viserait pas à forcer des interactions en cas de risque de violence.  Toute mesure devrait avant tout prendre en compte l’intérêt supérieur de l’enfant et la sécurité de toutes les parties impliquées. Le débat continue de se développer, avec des appels à une discussion plus large sur la parentalité et l’égalité des genres dans le contexte familial. Du côté du Sénat, ce n’est pas l’enthousiasme qui domine. 

L’ancienne ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, Laurence Rossignol, a pris position : « Dire qu’il suffirait d’un père pour que tout aille bien, c’est ce qu’on retrouve chez tous les penseurs conservateurs. Or, dans bon nombre de familles monoparentales, la mère incarne très bien l’autorité aussi. Il n’y a pas besoin d’être un homme pour ça ». L’élue demande d’ailleurs l’organisation d’un débat au Parlement sur ce sujet. (lire l’article de Public Sénat)

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Atteintes aux droits des mineurs isolés en France : 27 associations saisissent le Conseil d’État

Dans un élan de solidarité sans précédent, 27 associations françaises ont décidé de saisir le Conseil d’État pour dénoncer les violations des droits des mineurs isolés en France. Parmi les organisations impliquées, on retrouve des acteurs majeurs tels qu’UNICEF France, la Ligue des droits de l’Homme et Médecins du monde. Ces associations alertent sur les conditions précaires et souvent inhumaines auxquelles sont confrontés les jeunes migrants arrivant seuls dans le pays.
Le dossier soumis au Conseil d’État décrit plusieurs cas où les droits fondamentaux de ces jeunes, tels que le droit à la protection et à l’éducation, sont bafoués. Les associations critiquent notamment les évaluations de minorité et d’isolement, jugées expéditives et peu fiables, qui conduisent à des erreurs judiciaires graves. En conséquence, de nombreux jeunes se retrouvent sans l’assistance légale et la protection qu’ils sont censés recevoir en tant que mineurs.
Les organisations appellent à une réforme urgente des procédures d’accueil et d’évaluation. Elles insistent sur la nécessité d’approches plus humaines et conformes aux standards internationaux de droits de l’homme. Elles espèrent que l’intervention du Conseil d’État provoquera des changements significatifs et immédiats dans la manière dont la France traite ces jeunes particulièrement vulnérables. (lire le communiqué d’Unicef France)

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photo : Marine Le Pen au Parlement Europeen Certains droits réservés

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