Les assistants familiaux « au bout du rouleau » / « La nuit où il a neigé, ils étaient dehors » / Mieux détecter les violences faites aux enfants

Les assistants familiaux du Finistère «au bout du rouleau»

« Conditions de travail dégradées, faibles rémunérations : les assistants familiaux du Finistère ont exprimé au conseil départemental, leur ras-le-bol face à «un manque de considération». Le journal le Télégramme reprend les témoignages de plusieurs d’entre-elles.

La diminution des effectifs est continue car le métier n’est pas attractif. Il y a environ 1 500 enfants pris en charge par les assistants familiaux dans le département. C’est un fonctionnement qui est beaucoup moins coûteux que l’accueil en établissement». «Nous accueillons de plus en plus d’enfants avec des troubles du comportement, relevant d’un suivi en psychiatrie, car il n’y a plus de places pour eux dans les structures spécialisées. Les accueillir à notre domicile ne se fait pas sans dommages… »  (lire le reportage du  Télégramme)

Famille d’accueil : une vocation en crise ?

Ces difficultés liées à des conditions de travail qui se dégradent concernent d’autres départements. Beaucoup d’assistantes familiales partent à la retraite sans pouvoir être remplacées faute de candidatures. « En France, la moitié des 176 000 jeunes placés à l’Aide sociale à l’enfance (ASE) sont pris en charge par des familles d’accueil. Ces assistants familiaux étaient 50 000 en 2012 et sont environ 45 000 aujourd’hui. Une situation de pénurie se profile et les départements peinent à recruter ». Aurélie Kieffer et Lola Fourmy ont réalisé un grand reportage sur ce sujet. Il a été diffusé par France Culture (lire et écouter l’émission de France Culture)

« La nuit où il a neigé, ils étaient dehors » : À Lyon, des enfants et leurs familles sans-abri trouvent refuge dans des écoles

Dormir dans une salle de classe plutôt que dans la rue. « À Lyon, la crise de l’hébergement d’urgence perdure et des enfants sont contraints de dormir dehors. Selon le collectif « Jamais sans toit », plus de 80 familles, soit 160 enfants, n’ont pas de logement, même précaire ou temporaire. Face à cette situation, des enseignants et des parents d’élèves se mobilisent et occupent des écoles pour loger ces familles sans-abri ».

la journaliste Mathilde Imberty est allé à l’école Audrey Hepburn dans le 9e arrondissement de Lyon. Ce qu’elle décrit est impressionnant.  « La salle des maîtres se transforme en salle à manger le matin à l’heure du petit déjeuner. Il est 7 heures du matin, des élèves ont dormi dans la classe et Adélaïde, une enseignante, chauffe désormais le lait. « Ce sont nos élèves, dit-elle dépitée à l’idée de voir ces enfants dormir dans la rue. On le voit aux vêtements, aux odeurs et à la fatigue. Les parents nous ont dit qu’ils dorment dehors, donc on réagit ». Les enseignants se relaient avec d’autres pour les permanences de nuit.  (Lire l’article de Francetvinfo:)

Connaissez-vous le projet européen CAN-MDS II contre les violences et négligences envers les enfants ?

L’évaluation régulière des violences infligées aux enfants est essentielle pour « calibrer » les politiques publiques en la matière. Il s’agit non seulement de mesurer l’ampleur de ce fléau et d’enregistrer les progrès réalisés ou non dans la prévention et la protection, mais aussi d’essayer d’éviter la confusion entre augmentation de ces violences et accroissement de leur identification.

L’Observatoire nationale de la protection de l’enfance vient de rendre publique une note portant sur le projet européen CAN-MDS II (Coordinated response to child abuse & neglect via minimum data set) qui propose de mettre en place un système de surveillance des violences et négligences envers les enfants. Ce dispositif est composé d’une application informatique permettant d’enregistrer les actes commis, d’un protocole de collecte de données et d’un manuel d’utilisateur.

Pour que ce système fonctionne pleinement, il faut une décision politique. Elle doit être adoptée pour que la surveillance soit mise en place. Mais, il est tout autant nécessaire qu’il soit utilisé par un grand nombre d’acteurs impliqués devant en outre être formé à son utilisation, sans oublier les inévitables ajustements. Autant dire qu’il y a loin de la coupe aux lèvres ! (lire la note de l’Observatoire National de la Protection de l’Enfance)

Cette revue de presse a été rédigée en partie par mon collègue Tom Léducspé qui comme son nom l’indique est travailleur social… Merci à lui pour ce coup de main 

Revue de presse réalisée également avec le concours de Michelle Verrier Flandre

photo : Pexels.com  Kat Jayne Kat Jayne

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