Le cyber-harcèlement des enfants et adolescents dopé par la période de confinement

Avec la pandémie les différents usages des outils  numériques se sont déployés massivement dans tous les foyers exposant ainsi les enfants et  adolescents à de nombreux risques.  « Un adolescent sur dix déclare en effet avoir été victime de  cyber-harcèlement selon une étude réalisée conjointement par l’association e-Enfance, Lab Heyme et OpinionWay. L’association rappelle aussi à cette occasion que chacun à son échelle peut aider à se prémunir des dangers liés au numérique.

Pendant le confinement, les plaintes ont fortement augmenté. La plateforme d’écoute de l’Association e-Enfance, la référence pour la protection des mineurs sur Internet, a enregistré une augmentation de 30 % de ses sollicitations générant deux fois plus de signalements qu’à l’habitude. L’association e-enfance très active dans la lutte contre le harcèlement en ligne explique aussi que désormais 62 % des adolescents se disent incapables de vivre sans leur smartphone plus d’une journée.

Un problème international

L’UNESCO s’inquiète aussi de ce phénomène qui ne touche pas que la France. Les États membres de l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation la Science et la Culture ont déclaré que le  premier jeudi de novembre devait désormais être une journée internationale contre la violence et le harcèlement en milieu scolaire, « y compris le cyber-harcèlement ».

Le cyberharcèlement est un phénomène croissant depuis maintenant plusieurs années . Selon les données provenant de sept pays européens, la proportion d’enfants âgés de 11 à 16 ans qui ont été victimes de cyberharcèlement a progressé de 2010 à 2014, passant de 7% à 12%. (il n’y a pas d’autres données internationales depuis cette date mais il est certain que cette réalité à fortement progressé).

Le confinement n’a rien arrangé au contraire

Le confinement est une réalité dans bien des pays encore, et il a déplacé le harcèlement scolaire « en présentiel » vers un harcèlement en ligne beaucoup plus difficile à repérer car visible uniquement ou presque par celui qui le subit. Or on sait déjà que le cyberharcèlement, s’il a lieu dans des univers «virtuels», produit des répercussions bien réelles sur la santé des enfants explique Audrey Azoulay, la directrice générale de l’UNESCO. « Depuis le dé-confinement, les tendances enregistrées pendant le confinement sur Net Ecoute se confirment avec toujours une hausse des sollicitations liées au cyber-harcèlement (+ 26 % par rapport à septembre 2019) suivi par la violation des données personnelles. Le chantage sexuel à la webcam demeure encore le motif de signalement le plus fréquent qui touche souvent des garçons de 14 ans ».

Quelques éléments du rapport présenté sur le site de e-enfance :

Un adolescent sur dix déclare avoir été déjà victime de cyber-harcèlement. 21 % des jeunes interrogés déclarent connaitre un proche ayant déjà été victime de cyberviolences.

⮚ Les raisons principalement évoquées par les victimes sont :

  • Le physique (« Apparence physique » et « Look » vestimentaire) : 42 %
  • La « Jalousie / l’envie » : 39 %
  • La « Vengeance » : 22 %

⮚ Les premières raisons évoquées par les auteurs qui ont posté, partagé, liké un commentaire insultant sont « Pour rigoler » ( 27 % ) et « Faire comme les autres »  (26 %)

⮚ 15 % des adolescents estiment que « liker » un commentaire insultant n’est pas du cyber-harcèlement. Conséquence, ils ne s’en privent pas

Il est rassurant de constater que pour 9 adolescents sur 10 victimes de ces violences en ligne, le premier réflexe est d’en parler et majoritairement à leurs parents. Leur rôle est essentiel et il ne faut pas qu’ils hésitent à porter plainte.

Et les parents ?

Ils sous-estiment la capacité de leurs enfants à être auteurs de violences en ligne : leurs enfants sont 2 fois plus nombreux à déclarer avoir été auteur de violences en ligne que leurs projections.

56 % des adolescents auteurs de violences n’ont eu aucune sanction ni subi aucune conséquence suite à leur acte. Seuls 26 % ont été sanctionnés, et parmi eux 22 % l’ont été par leurs parents (seulement 4 % par l’établissement scolaire).

Quelles réponses possibles ? Il faut plus de règles et de sanctions à la clé

C’est aussi ce qui ressort de l’étude de l’association e-enfance : Pour limiter les violences en ligne, 41 % des adolescents eux-mêmes évoquent spontanément et massivement des méthodes coercitives avec un besoin de «Règles».

  • 24 % estiment qu’il faut  « Limiter l’usage / le temps de connexion »
  • 17 % pensent qu’il est nécessaire d’exercer  davantage de « Surveillance  Contrôle »

Parents et adolescents s’accordent sur un besoin de « Renforcer les sanctions à l’égard des auteurs de violences en ligne » 68% (parents), 65 % (adolescents).

Mais tout travailleur social sait que la sanction ne règle pas tout et que seule la prise de conscience des auteurs peut permettre d’endiguer le phénomène. En tout cas, il y a du pain sur la planche tant du côté du soutien des victimes que de celui de la prévention en direction des auteurs potentiels et avérés. Les travailleurs sociaux ont a prendre en compte ce phénomène même s’il est difficile d’intervenir à distance.

En tout cas vous voilà alerté(e) !

Lire le communiqué de presse de l’association e-enfance

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