La protection de l’enfance est à réinventer mais elle manque de moyens. De plus en plus de travailleurs sociaux le disent

Réinventer la protection de l’enfance…

Philippe Gaberan nous propose sur son blog un billet intéressant qui nous rappelle, avec des mots forts et justes, combien les éducateurs sont mis en difficulté : « Les gamins accueillis  semblent ni admettre de limites à leur comportement ni reconnaître une autorité autre que leur désir ; que surgisse un obstacle à la satisfaction immédiate d’une envie et la situation vire au « pétage de plomb » ! Toute demande qui n’obtient pas une satisfaction immédiate se traduit par des accès de destructivité dont la puissance puise sa source aux fondements archaïques de l’être ».  » Ce sont donc des gamins incapables de s’inscrire dans le temps d’une histoire, celle de leur propre trajectoire du grandir qui se trouvent être accompagnés par des équipes qui, elles aussi acculées à l’urgence des prises en charge, ne parviennent plus à réinscrire la relation dans le forcément temps long de l’accompagnement au grandir. » La réponse par la psychiatrie ne résoudra pas le problème. Face à ces manques ‘Tout est à construire »… (lire ce texte sur le blog de Philippe Gabéran)

…Mais elle manque de moyens : les travailleurs médico-sociaux du Nord sont à bout.Ils dénoncent le manque de personnel et de place pour les enfants

Le mouvement a commencé début octobre à Tourcoing et prend de l’ampleur. Les travailleurs médico-sociaux se plaignent notamment du manque de personnel et de places pour les enfants qu’il faut protéger. Mardi, ils étaient près de 400 sous les fenêtres du Conseil départemental du Nord à Lille. « Lucas, né le 5 septembre et toujours à l’hôpital ». Cette affiche est portée à bout de bras par Christelle. Assistante sociale à Lille Moulins elle a choisi de dénoncer la situation de ce bébé qu’elle ne peut pas aider : faute de place en famille d’accueil, l’enfant n’a connu, depuis sa naissance, que la maternité, alors que ses parents ne sont pas en mesure de prendre soin de lui. Selon ces travailleurs sociaux, descendus dans la rue mardi à Lille, le département du Nord a supprimé ces trois dernières années 700 places en foyer et les budgets sont cesse revus à la baisse. Ce reportage de France Bleue est éclairant. 20 minutes est aussi allé sur place et indique : « entre 200 et 300 travailleurs sociaux manifestent contre leurs conditions de travail« .

Ceux du Puy de Dôme se mobilisent pour les mêmes raisons…

« Accordez-nous les moyens pour protéger les enfants. » la revendication du personnel du Centre départemental de l’enfance et de la famille (CDEF) est on ne peut plus claire. « Il nous arrive d’avoir 17 jeunes en même temps, avec un seul éducateur pour s’en occuper » dénoncent Aurélie et Pierre-Henri, qui travaillent avec des adolescents de 11 à 15 ans en situation d’urgence. « Ils ont besoin d’une relation duelle avec l’adulte, et on ne peut pas le leur assurer. Si nous ne sommes pas en mesure de leur proposer des solutions, les jeunes en trouvent dans la rue. Le risque quand il y a un manque au niveau de nos structures, c’est de voir des jeunes passer par toutes les étapes du social pour finir en prison. » Pour éviter ce genre de drames, les grévistes demandent, entre autres, la pérennisation du service d’accueil de jour destinés aux jeunes déscolarisés (SAJE). « Grâce à ce service, on a un éducateur qui assure un suivi quotidien des jeunes, pour les remettre sur les rails d’un projet scolaire ou professionnel. C’est un travail indispensable. » (Lire l’article sur le site alternatif mediacoop)+

Dans le Lot-et-Garonne : les agents des centre médico-sociaux ont eux aussi débrayé

La direction en charge de l’action sociale de ce Département (DGADS)  avait procédé à une réorganisation du travail il y a environ deux ans. « Mais cela a débouché plutôt sur une désorganisation, résume un agent. On n’est pas là pour les salaires ou autre. Nous sommes moins pour effectuer la même charge de travail. On se bat pour pouvoir travailler correctement auprès de nos publics, et surtout des enfants. Car au bout de la chaîne, ce sont eux qui sont pénalisés. »

à Neuilly-sur-Marne, c’est autre chose : les assistantes sociales ne supportent plus leurs conditions de travail

Elles interviennent dans des locaux inadaptés et ne dispose pas des outils nécessaires lors de leurs visites dans les familles. Alors les syndicats s’interrogent sur la stratégie de la direction. « Comment un employeur aussi puissant que le conseil départemental qui gère également un parc HLM aussi vaste est incapable de trouver des locaux ? », s’inquiète Idir Madadi, secrétaire du CHSCT…

 

 

Revue de presse et sélection des articles réalisée avec l’aide de Michelle Verrier Flandre

Photo Philippe Gaberan issue de son blog

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