En 2026, 71% des établissements du secteur social peinent à recruter. Les IFTS et IRTS qui forment les éducateurs spécialisés comptent 14,5% d’inscrits en moins qu’en 2010. Et une grande partie de ceux qui ont tenu bon se retrouvent avec 1.944 euros brut hors primes en début de carrière pour accompagner, nuit et jour, des enfants traumatisés, des adultes en souffrance, des adolescents que la société ne sait plus où mettre. Quelque chose, dans ce tableau, ne va pas. Revenons au commencement.
Nés de la guerre, fils du scoutisme
L’éducateur spécialisé est un enfant de la Seconde Guerre mondiale. Paul Fustier (1937 – 2016 ), dans son ouvrage devenu une référence pour quiconque veut penser sérieusement cette profession, le disait sans détour : « L’éducateur est né en France entre 1941 et 1945 ». Ces premiers éducateurs qu’on ne nomme pas encore ainsi sont de jeunes hommes issus des mouvements scouts, mobilisés dans les centres de rééducation créés par l’État pour y accueillir les quelque 90.000 enfants perdus, orphelins ou en errance de l’Occupation. À Kergoat, en Bretagne, qui fait figure de modèle fondateur dès 1940, des jeunes scouts s’improvisent éducateurs auprès de mineurs judiciarisés. Ils n’ont pas de diplôme. Mais ls ont des convictions.
Ce qui les caractérise, c’est une posture qui mêle la fraternité du grand frère, la ferveur du militant et l’abnégation du novice religieux. Paul Fustier recense leurs propres témoignages dans les revues professionnelles de l’époque et en tire une liste de mots-clés saisissante : « servir, générosité, idéal, enthousiasme, pionniers, aventuriers, vivre avec ». Ces hommes ne pensent pas faire carrière. Ils se sentent mobilisés pour une cause, provisoirement, jusqu’à ce que la guerre se termine. Mais la souffrance des enfants dits « inadaptés » ne se terminera pas. En découvrant cela, après 1945, ils décident de rester. La profession est née d’un refus de l’abandon.

Parmi eux se trouve un jeune homme qui rejoindra le maquis à 17 ans. Il est trop jeune pour porter une arme, on le charge simplement de s’occuper des enfants. Ce jeune homme s’appelle Jacques Ladsous. Sa trajectoire va devenir emblématique de toute une génération. En 1947, il entre en formation d’éducateur et ne quittera plus jamais ce champ. En 1950, il part en Algérie diriger une communauté d’enfants en montagne, expérimentant les principes de l’Éducation nouvelle.
En 1965, il fonde le Comité de liaison des écoles de moniteurs-éducateurs. Plus tard, il sera vice-président du Conseil supérieur du travail social, lancera les États généraux du social en 2002 pour résister aux logiques gestionnaires et défendre avant tout l’homme dans sa dignité. Ses écrits, dont L’éducateur dans l’éducation spécialisée (1974), posent avec clarté la question politique du métier : qu’est-ce que la société demande, en réalité, à ceux qu’elle charge de s’occuper de ses enfants les plus abîmés ?
Jacques Ladsous ne séparera jamais la pratique de l’engagement éthique et politique. Je me souviens de ses prises de position lorsque j’étais au CSTS. Il était un homme entier qui ne transigeait pas sur les valeurs. Il mourra en 2017, à 90 ans, après 70 ans de militantisme. La profession lui doit une part de son âme.
Mais revenons à 1947 : c’est là qu’une quarantaine de directeurs de centres d’accueil et d’observation créent l’Association nationale des éducateurs de jeunes inadaptés (ANEJI) . Cette association va construire, sur une décennie, le socle de la profession : définir ce qu’un éducateur est et n’est pas, le distinguer de l’instituteur et du surveillant, unifier les salaires, créer les premières formations. Le 16 mars 1958, la signature d’accords collectifs entre l’ANEJI et les ARSEA (associations régionales de sauvegarde de l’enfance) constitue une étape décisive dans la structuration du champ. La convention nationale de 1966 viendra compléter l’édifice.
La question qui n’a jamais trouvé de réponse : qui suis-je ?
C’est là que Paul Fustier entre en scène, et son analyse reste, cinquante ans après la première parution de L’identité de l’éducateur spécialisé, d’une lucidité déconcertante. Son livre est né d’une thèse rédigée entre 1965 et 1966, au sein même d’un établissement pour enfants à caractère social appelé Le Rucher. Il part d’un constat simple : l’éducateur spécialisé souffre d’un problème d’identité qui lui est structurellement propre. Non pas parce que la profession est jeune. Mais parce que la position de l’éducateur, la nature même de ce qu’il fait, rend spécialement difficile la réponse à la question : qui suis-je ?
Dans son livre il constate que les groupes professionnels du secteur sont « handicapés par un manque de vraie définition de leurs fonctions ». Ils manquent » en grande partie de méthodes de travail spécifiques et recherchent activement leur identité professionnelle ». Il dépouille 27 fiches de terrain lors d’un congrès d’éducateurs en 1967 : dans vingt-quatre d’entre elles apparaît le mot malaise ou l’expression pas bien dans sa peau. La profession naissante est déjà une profession en difficulté notamment de reconnaissance.
Pourquoi cette fragilité identitaire ? Parce que l’éducateur n’a pas de matière à transmettre, contrairement à l’enseignant. Il n’a pas de territoire symbolique délimité, comme le psychologue ou le médecin. Son projet est globalisé : s’occuper de l’enfant comme un tout, dans sa totalité, dans » ces moments de banalité qui scand(e)nt les échanges ». Cette ambition même qui consiste à être là dans le quotidien, partager la vie ordinaire, et non résoudre un problème ponctuel, le prive de tout point d’appui pour définir clairement ce qu’il est. L’éducateur expose sa vulnérabilité personnelle la plus profonde dans chaque rencontre avec un enfant ou un adolescent difficile.
Deux identités impossibles à assumer seul
Dans ses travaux, Paul Fustier identifie deux modèles de référence que les éducateurs ont historiquement mobilisés. Ils y ont fait appel souvent sans le savoir, parfois en les combinant de façon instable.
Le premier est ce qu’il appelle le modèle charismatique-familial : l’éducateur s’identifie à une figure parentale dans une institution qui ressemble à une famille où l’on retrouve des professionnels qui interviennent en « couples éducatifs ». Ce modèle est apparu dès les origines : les premiers éducateurs des années 1940-1950 se décrivaient comme des pères ou des mères pour leurs jeunes. Il renvoie à une vocation au sens quasi religieux du terme : donner de soi, sans compter, sans séparation entre vie professionnelle et vie privée.Un peu comme les premières assistantes sociales.
Lors du cinquantenaire du Rucher en 2006, des anciens enfants placés viennent témoigner de l’admiration qu’ils vouent encore aux éducatrices de leur jeunesse, « totalem(ent) vouées à une cause », dont « toute la vie était dedans ». L’effet est saisissant, et Paul Fustier l’analyse avec une grande lucidité : ce modèle-là est porteur d’une culpabilité intense, car ces enfants ne sont pas les siens, et la position parentale est donc usurpée.
Le second modèle est celui du professionnel-technicien : l’éducateur cherche à se doter d’un savoir transmissible, d’une méthode, d’un territoire d’intervention délimité. Un peu comme l’animateur de loisirs, ou le technicien de l’insertion. Ce modèle protège de la relation duelle épuisante, mais au prix de l’abandon du projet initial : ne plus s’adresser à l’enfant comme un tout, mais seulement à une partie de lui. Pour Paul Fustier, cette voie-là équivaut, psychologiquement, à un changement de métier.
Au final, la vraie position de l’éducateur spécialisé se situe dans un va-et-vient perpétuel entre ces deux pôles. Paul Fustier la rapproche du psychothérapeute, qui doit pouvoir « goûter les conflits de l’autre tout en reprenant de la distance ». Mais l’éducateur, lui, n’a pas le bureau de consultation comme protection. Il rencontre l’enfant dans le réel, dans le quotidien, pour de longues heures, sans le filtre de la procédure clinique. C’est là, dans cette exposition sans armure, que réside à la fois la grandeur et la fragilité du métier.
L’acte éducatif, ou ce qui ne s’enregistre pas
C’est précisément dans cette tension que Joseph Rouzel s’inscrit. Il est d’abord éducateur spécialisé auprès de publics difficiles les enfants psychotiques, les jeunes toxicomanes ou encore les personnes en grande précarité. Il deviendra ensuite psychanalyste et formateur. Joseph Rouzel apporte au débat une boussole lacanienne que la profession n’avait pas encore osé revendiquer. Dans L’acte éducatif (1998, réédité en 2010), il pose une thèse qui dérange autant qu’elle éclaire : l’acte éducatif ne se voit pas. On ne peut pas l’enregistrer, le filmer. Ça n’imprime pas ! Il ne peut se réduire à la somme des actions entreprises au quotidien. Ce n’est pas l’agir, ni l’activité, encore moins l’activisme. Mais qu’est-ce alors ?
La profession trouve un langage pour dire ce que les managers de l’action sociale refusent d’entendre : que l’essentiel du travail éducatif se passe dans l’invisible, dans l’échange informel, dans le silence partagé, dans la continuité de présence. Les éducateurs sont, écrit-il, » des professionnels dans l’ombre, des travailleurs dans les soutes du lien social, des gueules noires des politiques sociales ». Joseph Rouzel est aussi cofondateur de la collection L’éducation spécialisée au quotidien aux éditions érès, qui deviendra un espace de réflexion et de publication essentiel pour le secteur, et dans laquelle Philippe Gaberan sera une voix majeure.
La rencontre avec l’adolescent : le cœur du réacteur
Revenons à Paul Fustier. Il consacre une partie décisive de son livre à la rencontre avec l’enfant inadapté et en particulier avec l’adolescent délinquant. Cette rencontre est, écrit-il, une mise en question de l’identité. Non pas une mise à l’épreuve technique, mais une mise en cause de la personne de l’éducateur lui-même.
Pour lui la raison en est simple et embarrassante : l’adolescent est un alter ego, un semblable-différent. Sa présence réactive, chez l’adulte, l’autre-en-moi que l’on croyait rangé dans l’oubli « cet autre que je n’attendais pas, et qui se manifeste brutalement, mettant en cause une identité dont je me croyais sûr ». Les jeunes dont s’occupent les éducateurs ne manquent d’ailleurs pas de le pointer : ils disent à l’éducateur qu’il n’a pas de métier, qu’il est là pour les surveiller, qu’il est payé à ne rien faire. Cette négation agressive de l’identité professionnelle est toujours violemment ressentie. Elle ne vise pas l’enseignant. Elle vise celui qui, précisément, ne peut pas se défendre derrière un savoir, derrière un diplôme à faire valoir dans la relation éducative elle-même.
Mais c’est là où Paul Fustier introduit son analyse la plus originale et la plus provocante : cette vulnérabilité identitaire n’est pas un défaut à corriger. Elle est l’indispensable gage d’une relation non stabilisée. C’est parce que l’éducateur ne peut pas se réfugier derrière un rôle étanche qu’il reste disponible, humain, dans une relation symétrique où chaque interlocuteur dépend de l’autre. L’éducateur accepte d’être bousculé mais il bouscule aussi le jeune le sollicitant dans ses retranchements.
Cette fragilité même devient une ressource. L’éducateur ne peut pas se réfugier derrière un rôle hermétique ou un savoir-faire technique. Il reste disponible à ce que l’autre lui apporte, y compris ce qui dérange, ce qui bouscule, ce qui ne rentre dans aucune case. C’est cette disponibilité-là qui rend possible une vraie rencontre, d’égal à égal dans la vulnérabilité partagée.
C’est précisément ce que Philippe Gaberan appelle le passage du vivre à l’exister. Vivre, c’est traverser les jours : subir son placement, enchaîner les structures, attendre que ça se passe. Exister, c’est autre chose : c’est commencer à se dire je suis quelqu’un, j’ai une histoire, j’ai des désirs. Prenons un adolescent en foyer qui n’a jamais tenu plus de trois mois dans une structure. Ce n’est pas en lui imposant un projet éducatif bien ficelé qu’il va exister. C’est peut-être lors d’une sortie en vélo où l’éducateur lui dit : « tu as du courage, tu n’as pas lâché dans la montée ». Cette phrase banale, dite en passant, plante quelque chose et redonnera confiance en soi.
L’acte éducatif n’est donc ni une thérapie ni une remise aux normes. Il accepte que certaines blessures ne guériront jamais tout à fait et il agit quand même. C’est ce paradoxe que Philippe Gaberan résume : « tenir ensemble le deuil de ce qu’on ne sera jamais et l’exigence de construire malgré tout ce qu’on peut devenir ».
Du vivre à l’exister
Philippe Gaberan a nommé avec précision ce que Paul Fustier avait pressenti. Docteur en sciences de l’éducation, éducateur spécialisé pendant plus d’une vingtaine d’années sur le terrain avant d’enseigner et de former, Philippe Gaberan a construit au fil de ses ouvrages une véritable épistémologie du métier une façon de penser ce qu’on fait quand on oeuvre sur le terrain de l’éducation spécialisée.
Sa formule centrale est devenue une boussole : la mission de l’éducateur est de promouvoir chez l’autre le passage du vivre à l’exister. Non pas guérir. Non pas normaliser. Non pas compenser des déficiences ou remplir des cases. Mais accompagner une personne enfant, adolescent ou adulte à renouer avec une trajectoire de vie. C’est vouloir aller vers une vie qui ne soit pas subie, parce qu’impactée par des traumatismes, mais choisie, parce que portée par un réel désir à être. Cela relève, dit-il, d’un art de la relation qui s’appuie sur la qualité de présence de l’adulte éducateur dans les petits riens du quotidien.
Son Court traité d’éducation spécialisée, paru en 2026, pousse la conviction encore plus loin : si n’importe qui peut « faire éduc », tout le monde ne peut pas « être éduc ». Dans un secteur où la pénurie de personnel tente certains gestionnaires de remplacer des diplômés par des non-qualifiés, la formule n’est pas un slogan — c’est un avertissement. Pour Gaberan, la crise actuelle n’est pas d’abord une crise de recrutement. C’est une crise de reconnaissance : la complexité d’un agir trop souvent masquée par la banalité d’un faire. L’éducateur accomplit son travail dans l’invisible, et c’est précisément cet invisible que la société ne sait ni voir, ni payer, ni valoriser.
Une profession qui s’est toujours débattue
Beaucoup s’est passé entre les premiers éducateurs-scouts de Kergoat et les diplômés qui s’apprêtent à entrer dans les écoles à la rentrée de septembre 2026. La formation s’est structurée : le DEES (diplôme d’État d’éducateur spécialisé) a évolué autour de quatre domaines de formation : la relation éducative spécialisée, la conception et conduite de projet éducatif, le travail en équipe pluriprofessionnelle, les dynamiques interinstitutionnelles.
La réforme entérinée par arrêté modifie profondément cette architecture à partir du 1er septembre 2026. Les anciens domaines de formation disparaissent au profit de quatre blocs de compétences dont trois sont communs aux cinq diplômes de niveau licence du travail social, ( deux blocs sont spécifiques à chaque métier ). La formation pratique est réduite de 2.100 heures à 1.925 heures.
Cette réforme comme les précédentes est controversée. Elle vise à faciliter les passerelles entre métiers, à construire une filière plus lisible. Mais beaucoup y voient une tentative d’uniformisation qui gomme les singularités de chaque profession. Paul Fustier aurait probablement reconnu là la tension structurelle qu’il avait identifiée dès 1972 : la tentation de résoudre l’identité incertaine de l’éducateur en lui donnant une identité de technicien spécialis(é), protégée et délimitée au risque de trahir le projet originel d'(être avec) l’enfant compris dans sa totalité. D’ailleurs aujourd’hui de nombreux éducateurs sont assignés à des tâches de coordination et d’organisation. Ils ont moins de temps disponibles pour être tout simplement avec les enfants.
Ce que les chiffres disent que les discours taisent
La crise actuelle du recrutement ne ressemble pas à n’importe quelle crise de ressources humaines. Elle ressemble à une crise de sens. Entre 2010 et 2023, les inscriptions dans les formations aux professions sociales ont chuté de 14,5%. En 2021, 90 000 professionnels ont quitté le secteur. En Suisse, une étude nationale de 2024 confirme le même phénomène : plus de 60% des départs dans le domaine enfants, jeunes et familles sont des démissions, souvent motivées par une charge de travail insupportable.
Les salaires sont ce qu’ils sont. En France, un éducateur spécialisé débutant peut espérer 1.944 euros brut en bas de grille. Dans le secteur associatif privé la Convention 66 est en cours de disparition.
Et pourtant, les postes sont là. Plus de 5.000 offres d’emploi circulent à tout moment. Environ 700 postes sont à pourvoir chaque année rien que dans le secteur public. La profession résiste bien. Les centres de formation ont leurs effectifs ce qui n’est plus le cas pour les assistantes sociales.
Ce qui reste, malgré tout
Paul Fustier termina son livre original en 1972 (réédité en 2020) avec une conviction qui a traversé les générations sans que personne ne l’ait démenti : la vulnérabilité nécessaire de l’identité personnelle (de l’éducateur) est l’indispensable gage d’une relation éducative. Au cinquantenaire du Rucher dont il était lui-même sorti, il observe les jeunes éducateurs en formation dans la salle, absolument silencieux lors des témoignages des anciens enfants placés. Ce silence, il l’interprète comme une sidération et non pas de l’indifférence. Il y a là un noyau invariant, dit-il. Un noyau qui traverse les générations et que les réformes de diplômes ne touchent pas.
Ce noyau, c’est peut-être simplement ceci : quelqu’un a décidé de ne pas laisser cet enfant-là seul dans sa nuit. Pas pour le guérir. Pas pour gérer des places ou des flux de jeunes. Mais pour être là, avec lui, dans le quotidien le plus ordinaire, jusqu’à ce que quelque chose, enfin, se déplace.
L’éducateur spécialisé n’est pas un auxiliaire technique du social. Il est quelqu’un qui accepte, chaque jour, de se laisser traverser par la souffrance de l’autre pour l’aider à trouver son propre chemin. Fustier, Ladsous, Rouzel, Gaberan et tant d’autres non cités ici mais qui le justifieraient. Plusieurs générations, une seule conviction : ce travail-là ne se délègue pas, ne s’externalise pas, ne s’improvise pas. Il se choisit. Une société qui confie ses enfants les plus abîmés à des professionnels qu’elle ne reconnaît ni dans leurs salaires, ni dans leur statut, ni dans la complexité de leur travail, n’a pas encore compris ce qu’elle leur demande. Il est temps qu’elle l’apprenne avant que plus personne ne soit là pour répondre.
Source :
- L’identité de l’éducateur spécialisé, Paul Fustier, Dunod (1re éd. 1972, réédition augmentée).
Photo : Paul Fustier sur Babelio