Coronavirus : attention à la contagion des émotions

« La crise du coronavirus a mis à nu les injustices de la société. Maintenant, notre seule issue est de nous unir – en restant séparés » nous explique

La contagion des émotions

Il y a d’un côté ceux qui sont angoissés de continuer à aller travailler en contact avec d’autres. Ils pensent se mettre en danger dès lors que la population est invitée à rester chez elle. Or s’ils continuent de travailler dans le domaine du soin et de la protection notamment, c’est bien parce que leur travail est socialement essentiel  pour les autres.

D’un autre côté, il y a ceux pour qui ces mesures de confinement  provoquent  un stress important qui peut dégénérer en angoisse difficile à contrôler. Le simple fait d’être isolé sans agir, les fait tourner en rond et les renvoient à des idées négatives. Leurs angoisses peuvent devenir tout autant insupportables.

Effectivement nous sommes tous fragiles à un degré ou à un autre face à une menace que l’on a le sentiment de ne pas maîtriser.

Nous sommes aussi soumis à la « contagion des émotions » qui amplifie  mais provoquent aussi les réactions impulsives. Lorsque la raison nous échappe, nous cherchons un coupable. Les réseaux sociaux sont à ce sujet un grand révélateur et amplifient ces mécanismes. Faut-il continuer de les consulter sans cesse ? Je ne le crois pas. Il faut en faire un usage modéré.

J’entends en même temps que j’écris ce texte une auditrice de France Inter qui nous demande s’il n’est pas temps de renouer avec la sagesse. Comment être capable de changer notre comportement face à ce que nous subissons qui  parait si insupportable…

Comment agir face à une telle crise ? Lutter.

Le médecin chirurgien et neurobiologiste Henri Laborit nous explique que face à une agression et à un problème que nous percevons comme insurmontable, l’humain que vous êtes n’a que 3 solutions : laisser faire et supporter sa condition face  au problème, lutter pour que ce problème soit résolu, ou fuir c’est à dire ne pas affronter le problème mais l’éviter.

Si l’on regarde ces 3 possibilités, il parait illusoire de fuir une réalité qui s’impose à tous. Laisser faire consisterait à agir comme si le virus n’existait pas, ce qui favorise alors sa diffusion. Nous n’avons pas d’autre solution  que de lutter : chacun à sa manière.

Lutter c’est  aussi  agir autant que nous le pouvons pour limiter des liens sociaux car nous savons que cela  freine l’expansion du virus. Mais quand on travaille dans le soin, lutter est autre chose : c’est agir sans relâche pour aider et soutenir les plus fragiles, ceux qui sont malades mais aussi celles et ceux qui peuvent rapidement le devenir simplement parce qu’ils n’ont pas les moyens de se protéger.

C’est ce que font nos soignants, médecins infirmières, aides soignantes, mais aussi tous les professionnels de l’aide dont les aides à domicile et les travailleurs sociaux qui sont chaque jour en contact avec la population la plus démunie.

Pour autant il ne faut pas que ceux qui aident ne soient pas protégés eux-mêmes. Certes les gestes barrières sont essentiels mais sont-ils suffisants quand on est en contact au plus près de personnes qui ne se protègent pas ? Je ne le sais pas

Ceux qui maitrisent leurs émotions s’en sortiront mieux. Ceux qui ont de meilleures conditions de vie sans doute aussi mais il y a aussi celles et ceux qui en toute conscience savent vivre et gérer le manque. Eux aussi seront sans aucun doute plus forts pour répondre à un tel défi.

Note : si vous êtes parfois « envahi(e) » par vos émotions, une application peu vous aider à les gérer de façon assez efficace : téléchargez l’appli Docteur Mood sur votre smartphone et testez la. Elle peut être aidante.

image : Designed by Freepik

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3 réponses

  1. Un bel article qui fait contrepoids avec tous les discours fatalistes et défaitistes qui ne conduisent qu’à effrayer
    Si vous êtes d’accord, nous allons le relayer sur notre réseau (en mentionnant la source comme d’habitude)
    http://www.gesivi.fr a décidé (le centre de formation est en télétravail) de contribuer en diffusant des articles pour positiver et renforcer la combativité face à ce fléau
    « Les avions décollent face au vent » Ford

    1. bonjour, encore une fois merci pour la profondeur de vos articles et les sites de référence. effectivement j’arrive à la fin de ma carrière professionnelle et je n’ai jamais eu à faire face à toutes ces émotions face aux infos en continue qui annonce le décompte des décès des malades; comment parvenir à rester calme devant ces événements et poursuivre notre d’accompagnement des plus faibles, des personnes précaires tout en sachant que nous ne disposons pas de masques même si nous restons à la distance convenue et il faut faire face en plus aux fausse informations qui circulent !
      très chaleureusement

      1. Merci à vous aussi !
        La consultation de ce blog montre un réel intérêt sur ces questions
        (8000 consultations dimanche et 4000 à 4500 chaque jour depuis)
        Cela correspond à mon avis à un besoin

        Bien Cordialement
        Didier D.

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