« Colère sociale, on peut faire autrement » / « Rien pour les plus démunis » / Des démarches administratives trop complexes /

« Face à la colère sociale, on peut faire autrement »

Dans une tribune, Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé-Pierre, liste une série de mesures pour lutter contre les inégalités et « régénérer notre démocratie ». « La période d’instabilité majeure dans laquelle nous nous trouvons donne lieu à un vigoureux débat autour des inégalités qui se creusent. Il recoupe la question de l’accentuation de la grande pauvreté qui laisse en état de survie une part importante de nos concitoyens, au point que l’on finit par s’habituer à voir des personnes vivre à la rue. C’est le cas aussi de la fragilisation des personnes à revenus modestes qui, sans être pauvres, ne parviennent pas à boucler les fins de mois »….  Christophe Robert plaide pour une plus grande redistribution, une « fiscalité plus redistributive » notamment à l’égard des 1 million de personnes pauvres.  Faire autrement ce ce serait renoncer aux coupes sur les APL et le logement social. Ce serait revenir sur certaines baisses de ressources pour les finances publiques : renoncer à une partie du CICE, qui doit davantage être ciblé et accompagné de contreparties (embauches, investissement productif) ; renoncer à la suppression de la taxe d’habitation pour les 20 % de ménages les plus aisés, qui va coûter près de 10 milliards d’euros par an à la puissance publique…. (Lire la Tribune parue sur le JDD)

« Rien pour les plus démunis »

Yves Faucoup sur son blog Médiapart indique qu’Emmanuel Macron, « dans un contexte quasi-insurrectionnel, a fait, avec componction, quelques concessions. Mais il ne propose rien pour les plus démunis : RSA, ASS, chômeurs » …/… « Pierre Rosanvallon a décrit cette révolte : « Elle est composite. Ce n’est pas la société des exclus, des chômeurs, des RMistes qui est dans la rue et qui occupe les ronds-points. » Et de rappeler qu’il y a 4,5 millions de personnes qui vivent des minima sociaux : « cette société de survie n’est pas aux premières loges ». Pour l’essentiel, il a raison mais c’est un peu plus complexe précise Yves Faucoup. « En effet, pour avoir échangé avec des Gilets jaunes engagés dans le blocage, souvent filtrant, d’un rond-point et avoir écouté de nombreuses interviews, je sais qu’il y a des personnes au RSA, au chômage. Ce ne sont pas les plus démunis, qui manquent de ressorts culturels pour donner corps à une révolte mais des personnes qui ont connu d’autres périodes, où ils avaient un salaire, un autre statut puis ont plongé dans ce déclassement, tant redouté. Ils sont donc présents, même minoritaires, dans la lutte ». Et que dire du traitement médiatique des annonces du président de la République ? Y. Faucoup a scruté pour vous le petit écran,  et ce n’est pas glorieux… (lire l’article d’Yves Faucoup)

« Les démarches administratives sont d’une complexité inimaginable »

TSA-quotidien a mis en ligne une série d’articles dans une rubrique intitulée « En quête de sens ». Elle s’intéresse à la trajectoire singulière de travailleurs sociaux désireux de partager leurs découragements et leurs enthousiasmes. Assistante sociale en psychiatrie, Cathia Morzadec regrette que des procédures toujours plus anonymes et impersonnelles complexifient son travail d’accompagnement social. Cette réalité est bien partagée. L’exemple des demandes d’hébergement via le SIAO (Service Intégré d’Accueil et d’Orientation) est révélateur. Il en est de même pour les autres demades : »La sécurité sociale, par exemple, a cessé d’être un partenaire pour moi » précise Cathia Morzadec. « Avant, je pouvais téléphoner et débroussailler une situation en direct avec un interlocuteur que je connaissais. Il manquait un papier, je l’envoyais, ça se réglait. Aujourd’hui, bien qu’une permanence de la sécurité sociale soit assurée à l’hôpital une fois par semaine, ce n’est pas aidant. Les agents ne sont pas en mesure de démêler une situation, mais seulement de me dire où en est le dossier d’un patient donné ». (Lire l’article de TSA)

A Marseille, deux travailleurs sociaux en garde à vue après avoir alerté sur des dysfonctionnements

Deux salariés de l’association Fouque, qui accueille des mineurs et jeunes majeurs placés à Marseille, se sont retrouvés en garde à vue après avoir dénoncé des dysfonctionnements internes. Convoqués pour une simple audition en tant que témoins à la brigade des mineurs de la sûreté départementale de Marseille, le 12 septembre 2018, une veilleuse de nuit de la maison d’enfants à caractère social (Mecs) et  Christian Barbe, délégué central CGT, ont été placés en garde à vue pour dénonciation mensongère ayant entraîné des recherches inutiles. Une infraction qui peut être punie de six mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende. Selon le délégué central, l’audition était plutôt à charge…./…Veilleuse de nuit depuis 2010, la salariée surveillait seule une vingtaine d’enfants âgés de 8 à 17 ans, dont certains présentant des troubles psy à connotation sexuelle, séjournant dans deux bâtiments séparés de 50 mètres. L’affaire est relatée en détail sur le site de Mediapart qui a aussi contacté le directeur général de l’association qui a « œuvré » par le passé à Saint Nazaire en tant que directeur d’Enfance Famille. Cette affaire est parti d’un échange de mails et de la visite d’une inspectrice du travail qui a alerté le procureur de la République. Le dossier est toujours en cours d’instruction.

et aussi

Comment les discriminations minent-elles la cohésion sociale ?

Les ruptures d’égalité transforment les comportements de tous ceux qui appartiennent au groupe des personnes discriminées, analyse l’économiste Stéphane Carcillo dans le journal Le Monde. « Le politiste américain Robert Putnam est le premier à avoir identifié, au début des années 2000, un lien entre la pratique des discriminations et l’émergence de la défiance. Parce que les ruptures d’égalité sont perçues comme des mécaniques profondément injustes, elles minent la cohésion sociale – et ce à grande échelle » …/… « Les discriminations nuisent aux personnes qui en sont victimes, mais elles perturbent aussi plus largement le jeu social : ­elles transforment les comportements de tous ceux qui appartiennent au groupe des personnes discriminées. Des études américaines et françaises mettent ainsi en évidence le mécanisme de la « menace du stéréotype »…/…  . Les préjugés pèsent aussi lourdement sur les filles : parce qu’elles sont censées avoir moins de dispositions pour les mathématiques que les garçons, elles réussissent mieux le même test d’arithmétique quand il n’y a pas de garçons dans la salle…(lire l’article du Monde -abonnés-)

Réinventer notre Etat-providence

Le dernier rapport de l’OCDE sur la pression fiscale couronne la France comme la championne du monde des taxes, impôts et cotisations sociales. Si la France avait le même taux de prélèvements obligatoires (46,2 % du PIB) que ceux de la moyenne des pays de l’OCDE (34,2 %), les impôts baisseraient de plus de 200 milliards d’euros. Ces chiffres dans un contexte de révolte fiscale menée par les « gilets jaunes » appellent notre pays à se réformer pour repenser un modèle social à bout de souffle…./… Les revendications des « gilets jaunes » démontrent toutefois l’inefficacité du système, avec une demande croissante pour des services publics de qualité alors que la France possède déjà le record de prélèvement obligatoire. mais pour avancer il faudrait se soustraire aux exigences  du Traité de Maastricht… (lire l’article des Echos)

 

photo : Gilets Jaunes à Belfort Thomas Bresson – Own work, CC BY 4.0

Revue de presse et sélection des articles réalisée avec l’aide de Michelle Verrier Flandre

 

 

 

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