Revue de presse d’été : « on arrête (enfin) de virer les femmes enceintes en période d’essai » et autres infos intéressantes

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Bonjour et bienvenu à ce qui veut ressembler à une revue de presse en cette période d’été où les travailleurs sociaux en panne de clim mouillent leurs chemises pour ne pas dire plus. Voici quelques échos de notre époque, non pas lus à travers le prisme froid de la performance, mais à la lueur vacillante de ce qui nous fait humains même lorsque le drame survient. Plus que jamais, la vraie richesse de notre société est dans ces gestes infimes, ces résistances de la vie quotidienne qui nous rappellent que l’éthique n’est pas un concept froid. C’est tout simplement l’art de prendre soin.


On arrête (enfin) de virer les femmes enceintes en période d’essai

Une « breaking news » comme disent certains journalistes qui vous mettra un peu de baume au cœur : la Cour de cassation vient de rendre une décision qui secoue un peu le monde de l’entreprise. The Conversation nous apprend que la haute juridiction vient de sécuriser la période d’essai des femmes enceintes.

Pour faire simple : on ne peut plus vous licencier comme une malpropre sous prétexte que vous attendez un enfant. Merci la justice, on n’osait plus espérer un tel niveau d’empathie de la part des juges. Quelques explications vont vous éclairer :

Jusqu’à présent, la période d’essai était un peu le far-west. Une zone de non-droit où la loi du plus fort (l’employeur) pouvait s’exprimer sans trop de filtre. Le résultat ? Une magnifique « pénalité de maternité ». Un concept aussi élégant qu’un message d’une élue paraguayenne en direction de notre héros national Kilian Mbappé. La candidate à un poste devait littéralement camoufler sa grossesse, comme si c’était une anomalie honteuse à cacher pour espérer être recrutée et passer le cap des trois mois. « Et hop, un coup de vêtement large, on ne dit rien, on croise les doigts pour que personne ne remarque rien avant la fin de la période d’essai ». Du grand art.

Sauf que la Cour de cassation a décidé de sortir le gros marteau jurisprudentiel pour taper sur les doigts de cette pratique institutionnalisée. La protection de la femme enceinte pendant le contrat de travail s’applique désormais à la période d’essai. Fini le « on rompt la période d’essai, car vous n’êtes pas assez opérationnelle ». En clair, la justice a fait un peu de maintenance préventive sur le Code du travail pour mettre fin à une faille éthique qui aurait dû être corrigée il y a plusieurs décennies.

Parce que voilà la vraie blague de notre époque : Quand une entreprise vous exlique pendant trois heures ses « valeurs », sa « culture » et son projet associatif pour un ‘ »engagement humain », ça ne veut pas toujours dire grand-chose. Mettre un baby-foot et des fruits frais dans l’open-space, ce n’est pas de l’éthique. L’éthique, c’est de considérer que  les salariés sont des êtres biologiques. Et que la biologie, parfois, ça fait des bébés. Étonnant, n’est-ce pas ?

Bref, c’est une petite victoire à mettre au frigo vu la chaleur. On applaudit la Cour de cassation pour ce rappel à l’ordre éthique et moral.

Maintenant, on attend la grande mise à jour où le salaire des femmes sera égal à celui des hommes. Mais bon, ne rêvons pas trop, il y a quand même le système de mâlocratie qui résiste.

 


Le festival du film social fêtera ses 7 ans en octobre

festival du film socialCe Festival ne peut que vous intéresser. Il prépare sa huitième édition qui se tiendra du 5 au 8 octobre 2026 sur l’ensemble du territoire national. L’événement est né d’une initiative portée par plusieurs instituts de formation en travail social, notamment l’URIOPSS Île-de-France ainsi que par l’IRTS (Institut régional de travail social) de Montreuil-Neuilly-sur-Marne-Meaux. Ce centre de formation avait déjà organisé pendant deux ans « une belle semaine du film social interrompue en 2015 », avant de décider de créer un véritable festival cinématographique à dimension nationale, porté par une association baptisée « la 25ᵉ Image ». Cette appellation n’est pas anodine : elle renvoie à la fameuse « 25ᵉ image » du cinéma, celle qui ne se voit pas à l’écran, mais qui conditionne toute la perception du spectateur. À travers ce nom, les fondateurs affirment leur volonté de révéler ce qui reste habituellement invisible dans notre société : les réalités vécues par les personnes en situation de vulnérabilité.

La mission centrale du festival s’exprime en ces termes dans le dossier de presse : « Sensibiliser le plus grand nombre au vécu des personnes en difficulté » à travers des documentaires et des fictions de qualité qui rendent visibles celles et ceux que l’on ne voit pas suffisamment dans l’espace public. Mais il ne s’agit pas simplement de montrer : il s’agit de faire comprendre, de provoquer ce que les organisateurs appellent « la puissance de l’image, de sensibiliser le plus grand nombre au vécu de ces personnes ». Cette démarche implique un travail exigeant de sélection cinématographique : pour cette édition, seuls 21 films ont été retenus parmi 600 visionnés, témoignant d’une exigence tant sur la forme que sur le fond. Les projections sont suivies de débats avec les réalisateurs et les acteurs, permettant au public d’aller au-delà de la simple présence passive pour entrer dans une véritable dynamique d’échange et de réflexion critique.

L’ancrage territorial du festival constitue l’un de ses atouts majeurs : l’événement se déploie sur une quarantaine de villes réparties dans neuf régions françaises, dans une diversité de lieux qui comprend des cinémas, des organismes de formation, des centres culturels, des collectivités publiques et des établissements sociaux et médico-sociaux. Cette présence permet d’atteindre un public varié : étudiants en travail social et médico-social, lycéens, mais aussi des habitants des quartiers, des professionnels du secteur, des bénévoles. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la fréquentation est passée de 3 000 entrées en 2020 à plus de 11 000 entrées aujourd’hui, soit une multiplication par près de quatre en six ans. (en savoir plus sur le site du festival)


ça bouge à l’ANAS

Celine Lembert
Céline Lembert sur son compte LinkedIn

L’association nationale des assistant(e)s de service social a désormais un nouveau bureau. Sa présidente est dorénavant Céline LEMBERT. Assistante sociale à Pau en Pyrénées Atlantique, elle est accompagnée d’un nouveau bureau avec comme vice-président : Simon BOUNOURE, Brigitte PORTAL est la secrétaire générale. Son adjoint est Franck BOURDIEL. La trésorière est Sandra DOMENGE et son adjointe est Frédérique SYLVAIN. Bref une nouvelle équipe de choc pour (re)mobiliser la profession.

L’ANAS est une association chère à mon cœur.  Elle défend et promeut des valeurs. Elle ne fait pas que contester, elle produit un savoir essentiel pour le métier à travers le Revue Française de Service Social. Comme l’écrit la nouvelle équipe : « Nous repartons pour une nouvelle mandature, conscients de la charge qui nous attend mais confiants dans la force du collectif en construction, pour continuer à animer l’association dans les défis qui l’attendent » Bon courage les ami(e)s ! (lire le communiqué de l’ANAS)

 


Six travailleurs sociaux tués dans un centre de protection de l’enfance et de la jeunesse dans la ville de Stade en Allemagne.

C’est un drame absolu qui secoue actuellement nos collègues allemands. Il s’est produit dans la ville de Stade (en Basse-Saxe, en Allemagne), où un homme de 45 ans a abattu six travailleurs sociaux au sein d’un centre d’aide à l’enfance. Les victimes, qui œuvraient pour la protection de l’enfance, ont été tuées par balles lors d’une réunion de travail. L’association professionnelle des travailleurs sociaux (DBSH) a rendu un vibrant hommage à leurs collègues et a relancé le débat sur la sécurité des travailleurs du secteur social.

Les faits se sont déroulés lors d’une « réunion de planification d’aide » (Hilfeplangespräch). Ce type de réunion est courant dans le travail social et implique la coordination entre les employés d’un centre d’aide à la jeunesse et les travailleurs sociaux du bureau de l’aide sociale à l’enfance (Jugendamt) de la région de Hanovre. Il s’agissait d’évaluer la situation pour la garde d’un nourrisson dans le cadre de leur mission de protection de l’enfance.

Au cours de cette réunion, l’auteur de ces meurtres a soudainement sorti une arme à feu qu’il avait apportée avec lui. Il a ouvert le feu sur les participants dans l’intention explicite de les tuer, prenant de court les travailleurs sociaux présents. La fusillade a fait six morts (quatre femmes et deux hommes). Il s’agit de trois employés du bureau de l’aide sociale à l’enfance de Hanovre (deux femmes et un homme) et de trois employés de l’institution d’accueil de Stade (deux femmes et un homme).
Évidemment, c’est la consternation. Le fait que l’auteur soit d’origine étrangère pourrait relancer une vague de racisme après avoir été récupéré politiquement. Pour l’instant, il n’en est rien. L’association professionnelle allemande pour le travail social (DBSH) écrit dans un communiqué qu’elle pleure leurs collègues de Stade. « La violence, les menaces et les comportements blessants sont des situations dangereuses auxquelles les travailleurs sociaux sont confrontés dans la vie professionnelle quotidienne en fonction de leur champ d’intervention ». Elle pose la question de la sécurité et du respect des professionnels trop peu reconnus dans leurs missions. La fédération internationale du travail social (IFSW) a elle aussi réagi dans un communiqué.

Lire aussi :

 

Et dans la presse professionnelle (sélection)…

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