Revue de presse | aides à domicile : la galère / Mémoires : appel aux travailleurs sociaux / Assistante de service social en feu

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Bonjour et bienvenue à cette revue de presse ! Cette semaine, nous vous proposons de plonger au cœur des réalités du secteur social et médico-social. Découvrez le quotidien méconnu des 600.000 aides à domicile, ces femmes invisibles qui accompagnent nos aînés malgré des conditions de travail éprouvantes et une précarité persistante. Vous êtes invité(e) à vous prononcer sur la disparition de l’épreuve de mémoire aux DE de niveau 6. Enfin, vous plongerez dans le témoignage d’une assistante de service social qui dénonce l’épuisement d’une profession submergée par les demandes et les restrictions budgétaires. Sans oublier les multiples liens susceptibles de vous intéresser… Bonne lecture !

 


600.000 aides à domicile : précarité, kilomètres non payées… le quotidien de ces femmes invisibles mais essentielles

aide a domicileCet article signé Muriel Fauriat et Caroline Celle pour Le Pèlerin, nous présente le quotidien méconnu des 600.000 aides à domicile en France, dont 93 % sont des femmes. Ces professionnelles, âgées en moyenne de 45 ans, exercent un métier indispensable en accompagnant les personnes âgées, malades ou handicapées. Pourtant, leur réalité est marquée par des conditions de travail éprouvantes : salaires inférieurs au SMIC pour les deux tiers d’entre elles, contrats à temps partiel, et des journées rythmées par des trajets non rémunérés.

L’économiste François-Xavier Devetter souligne que ce métier, qui exige des compétences techniques et relationnelles, expose aussi à des risques physiques et psychologiques comparables à ceux du BTP, avec un taux d’accidents du travail élevé. L’article nous parle de Manuela Cabot Salar qui est auxiliaire de vie depuis vingt-cinq ans. Elle a lancé une pétition pour dénoncer l’injustice des indemnités kilométriques, figées à 40 centimes par kilomètre, alors que les prix du carburant ne cessent d’augmenter. Les trajets entre les domiciles des bénéficiaires, souvent non comptabilisés, alourdissent une charge de travail déjà intense. « On court tout le temps », confie-t-elle, décrivant des semaines où elle peut atteindre près de 600 kilomètres.

L’article révèle aussi un phénomène de « glissement des tâches » : les aides à domicile se retrouvent fréquemment à effectuer des soins normalement dévolus aux aides-soignantes, sans reconnaissance ni rémunération supplémentaire. Malgré ces difficultés, beaucoup restent animées par une vocation profonde, comme Lila, 42 ans, qui explique : « Je fais un peu l’infirmière, ici comme auprès de ma famille au pays. »

« On est en train de nous déshumaniser, et la maltraitance que nous subissons va se répercuter sur les personnes âgées. »

Entre précarité et modèles éthiques ce sont des femmes qui résistent. Le secteur, sous-financé depuis le transfert de compétences aux départements dans les années 2000, peine à offrir des conditions décentes. Certaines structures, comme Alenvi tentent de proposer un modèle plus humain, en permettant aux salariées de s’organiser et en évitant les pratiques d’isolement des équipes. D’autres, comme Z’aides Services en Seine-et-Marne, misent sur la bienveillance et la polyvalence. Pourtant, les témoignages convergent : la précarité et le manque de considération menacent la qualité de l’accompagnement. (Lire l’article du Pèlerin)

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La réforme 2026 et la disparition du mémoire : un questionnaire pour les travailleurs sociaux

Toni Grimaldisocial crew et Léo Le Guen Coat, formateurs dans le champ du travail social, ont lancé une enquête pour mesurer l’impact de la réforme 2026 sur la place du mémoire dans les formations de niveau six. Cette évolution suscite des interrogations parmi les professionnels, les étudiants et les formateurs. C’est pourquoi vos collègues ont mis en ligne un questionnaire destiné à recueillir vos avis et expériences. L’objectif est d’éclairer un débat qui touche l’ensemble de la profession, des cadres de direction aux praticiens de terrain.

Après une première diffusion sur les réseaux sociaux, les auteurs constatent que certains métiers, comme les assistants de service social (ASS) ou les éducateurs de jeunes enfants (EJE), restent sous-représentés dans les réponses collectées. Pour affiner leurs résultats, ils ont besoin d’une large participation.  C’est aussi pourquoi, ils vous invitent à relayer leur initiative. Le questionnaire, accessible en ligne, reste ouvert à tous les travailleurs sociaux concernés par cette réforme.

Cette démarche s’inscrit dans une volonté de donner la parole aux professionnels et d’alimenter la réflexion collective sur les transformations en cours. N’hésitez pas à répondre notamment si vous êtes assistant(e) sociale et éducatrice jeunes enfants. Léo Le Guen Coat et Toni Grimaldi espèrent ainsi contribuer à une analyse plus fine des enjeux liés à la formation et à l’évolution des pratiques. On ne peut que les encourager et les soutenir dans leur démarche. Merci à eux  (Pour accéder au questionnaire, cliquez ici ).

 


« Assistante de service social en feu »

Dans ce billet de blog, Llu, assistante de service social, décrit un métier au bord de l’implosion. Elle peint le tableau d’une profession submergée par la paperasse, les restrictions budgétaires et l’augmentation des demandes d’aide. Le tout dans un contexte de précarité sociale grandissante. Les travailleurs sociaux, explique-t-elle, sont pris en étau entre des usagers en détresse et des institutions qui leur demandent toujours plus avec toujours moins de moyens. Les délais d’attente pour un rendez-vous s’allongent, les dossiers s’empilent, et les professionnels, épuisés, finissent par craquer, d’où le titre évocateur de son article.

« On nous demande d’être des machines à traiter des dossiers, pas des humains »

Llu dénonce une logique gestionnaire qui transforme le travail social en une course contre-la-montre. Les assistantes sociales sont contraintes de prioriser les urgences, au détriment d’un accompagnement global et humain. Elle raconte, par exemple, comment une famille en difficulté doit parfois attendre six mois pour obtenir une aide alimentaire, ou comment des personnes âgées se voient refuser un placement en Ehpad faute de places. Les réformes successives, comme la recentralisation des services sociaux ou la dématérialisation des démarches, ont aggravé la situation en éloignant les professionnels des usagers. (en lire plus sur Mediapart.)

 


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Dans la presse professionnelle :

 


Vous êtes allé(e) au bout de cette revue de presse ? Bravo et merci ! Merci aussi à Michelle Flandre qui m’a aidé à la réaliser.

Photo : wayhomestudio – fr.freepik.com

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