Parcoursup : L’« employabilité » organise un nouveau déclassement des travailleurs sociaux

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surpris

canard enchaineUn article récent signé Lauriane Gaud et publié dans Le Canard enchaîné, étrille la façon dont Parcoursup traite les formations en travail social. Elles sont reléguées en queue de vœux comme un lot de consolation pourrait-on dire. On y retrouve les filières d’éducateur spécialisé, d’accompagnant en crèche, de conseiller en économie sociale et familiale ou d’assistant de service social, essentielles auprès des enfants placés, des jeunes en difficulté et des personnes en situation de handicap. Mais pour nombre de lycéens et d’étudiants, ces cursus n’arrivent qu’en dernier, au terme d’un parcours d’orientation qui ressemble davantage à une pénitence qu’à un choix.

Depuis 2018, les centres de formation voient défiler des cohortes d’étudiants qui décrochent dès le premier stage. C’est le moment où pour la première fois ils sont confrontés à la dureté du quotidien sur le terrain. Résultat des courses, entre faiblesse des recrutements et abandons : plus de 30.000 postes restent vacants dans les établissements sociaux et médico-sociaux, signe d’un secteur épuisé. Parcoursup ne contribue guère à rendre attractif. Il faut inclure dans cette réalité les professionnel(le)s diplômé(e)s qui partent en silence et abandonnent leur métier.

Une alerte avait pourtant été lancée en avril 2025 par la députée PS Isabelle Santiago. Rappelez-vous, elle demandait, dans un rapport au vitriol sur l’aide sociale à l’enfance, que ces filières soient purement et simplement retirées de la plateforme. Ignorée, sa recommandation n’a pas été suivie d’effet.

Une mission sans moyens (et une de plus !)

Interpellée le 7 janvier à l’Assemblée nationale sur le devenir du rapport sur l’ASE, la ministre de la Santé, de la Famille et de l’Autonomie, Stéphanie Rist, a annoncé avoir « lancé une mission » sur la réforme. Elle n’a apporté une nouvelle fois aucun détails sur ses objectifs ni sur les moyens alloués. Un silence qui pèse lourd, un peu comme une situation de plus à classer au fond d’un tiroir administratif. Histoire qu’on l’oublie.

Que peut apporter de plus une telle mission ? Après un livre vert, un autre blanc issus tous deux du Haut Conseil du Travail Social , un rapport parlementaire sur l’aide sociale à l’enfance, celui de l’avis du Conseil Économique Social et environnemental (CESE) sur les métiers de la cohésion sociale… C’est à se demander qui se moque de qui.

 

 


Photo : Freepik

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2 réponses

  1. Merci pour votre remarque. Effectivement je corrige ! j’étais trop collé à l’article, j’aurais dû mieux le relire !

  2. L’Unaforis n’est pas la « principale association d’employeurs du social et du médico-social », mais « Le réseau national des acteurs de formation et de recherche en intervention sociale ». Erreur faite effectivement par la journaliste dans son article…

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