L’aide sociale à l’enfance à bout de souffle / Professionnels malmenés, enfants en danger / Les pauvres : le prix de la crise

« L’aide sociale à l’enfance à bout de souffle »

Surcharge administrative, turnover dans les structures, fermeture de places et augmentation des mesures de placement… Si les difficultés des travailleurs sociaux datent d’avant le Covid-19, la crise sanitaire a considérablement dégradé les conditions de travail. Cet article du Monde particulièrement documenté a réuni autour de , plusieurs correspondants du journal , et . Ils ont recueilli des témoignages de professionnels et plusieurs d’entre eux ont requis l’anonymat au regard de ce qu’ils avaient à dire.

Les alertes et les arrêts de travail se multiplient sur tout le territoire. Les syndicats eux-mêmes sont inquiets et la mobilisation reprend. Dans les Bouches-du-Rhône, les organisations syndicales CGT et FSU ont appelé à une journée de mobilisation des salariés du public comme de ceux du privé, le 18 mai, pour alerter sur ce qu’elles définissent comme une « situation catastrophique ».

Les difficultés des travailleurs sociaux trouvent leur source dans des facteurs multiples, qui datent d’avant le Covid-19. Mais la crise sociale, qui percute de plein fouet les familles déjà fragilisées avec lesquelles ils travaillent, agit comme un révélateur des carences du système ». (lire l’article du Monde)


« Comment s’occuper d’enfants en danger si les professionnels sont malmenés ? »

Le journal les ASH publie une tribune  de plusieurs professionnels du service d’investigation éducative de Strasbourg en réaction du suicide de l’un de leurs collègues. Ils pointent des dérives en matière de protection de l’enfance, et en particulier la mesure judiciaire d’investigation éducative (MJIE).

«Le 8 mars 2021, notre collègue Denis, éducateur spécialisé, a mis fin à ses jours »… « C’était un professionnel qui avait à cœur de stimuler la réflexion partagée en équipe. Il était attentif à interroger les valeurs qui soutiennent notre pratique, au regard des évolutions de l’environnement sociétal et de la dégradation continue, depuis plusieurs années, de nos conditions de travail. La crise sanitaire que nous traversons a bien entendu aggravé cette situation » expliquent les auteurs de cette lettre qui raconte la spécificité des mesures judiciaires d’investigation éducative.

« Depuis plusieurs années, l’équipe dans son ensemble est soumise à une cadence de travail à flux tendu, qui génère un stress continu, un épuisement personnel, des arrêts de travail, parfois de longue durée. De plus, les professionnels présents n’ont d’autre choix que de compenser les absences, renforçant encore la charge de travail. (lire la tribune publiée par les ASH )


Les personnes pauvres payent l’addition de la crise économique

L’Insee vient de publier une série d’indicateurs sur l’évolution des revenus des Français en 2020. Certains indices laissent penser que la pauvreté pourrait augmenter fortement. Nicolas Raffin journaliste apporte des éléments inquiétants sur cette réalité dans le journal 20 minutes.

  • Fin décembre 2020, 2,06 millions de foyers percevaient le RSA, soit 143.000 de plus en un an,
  • Plusieurs autres prestations destinées aux bas revenus ont, elles aussi, enregistré un afflux de demandes : l’allocation de solidarité spécifique (ASS, + 6,1 % de bénéficiaires sur un an et + 2,5 % les aides aux logements)
  • Selon l’Insee, « parmi les ménages dont la personne de référence a entre 25 et 34 ans, 32 % déclarent une baisse de revenu d’au moins 50 euros [mensuels] »
  • « Au premier trimestre 2021, 22 % des ménages déclarent une baisse de revenus par rapport à mars 2020 »

 

Cette hausse des difficultés financières subies par de nombreux ménages peut en conduire beaucoup vers la pauvreté, voire la « grande pauvreté ». Dans cette catégorie définie par l’Insee, on trouve les personnes ayant des revenus inférieurs à 900 euros mensuels et déclarant subir de nombreuses privations : impossibilité de se chauffer correctement, d’acheter des vêtements neufs… L’institut estime qu’environ 2 millions de personnes sont actuellement en situation de « grande pauvreté » en France. (lire l’article de 20 minutes)

 


Des milliers de soignants spécialistes du handicap vont aussi être revalorisés

74.000 soignants ou auxiliaires de vie, principalement des salariés des établissements accueillant des personnes handicapées, vont bénéficier des revalorisations salariales du « Ségur de la Santé ».  La hausse de 183 euros net par mois sera élargie le 1er octobre à 9.000 salariés des établissements publics autonomes, puis le 1er janvier 2022 à 65.000 salariés du secteur privé à but non lucratif, a précisé le cabinet de la ministre chargée du Handicap, Sophie Cluzel.

Dans les deux cas, la mesure concerne les soignants, mais aussi les accompagnants éducatifs et sociaux et les auxiliaires de vie, dans les établissements financés par l’Assurance maladie. Mais il reste beaucoup de professionnels qui attendent aussi cette reconnaissance La dépèche AFP publiée par le Huffington Post indique par exemple que la rémunération des professionnels des services de la protection maternelle et infantile (PMI) ou de l’Aide sociale à l’enfance (ASE)  sera discutée dans le cadre d’une “conférence multipartite avec l’ensemble des financeurs”, que le gouvernement compte réunir d’ici décembre.  (lire l’article de l’AFP publié par le Huffington Post)


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La sélection des articles a été réalisée avec l’aide de Michelle Verrier Flandre. Merci à elle

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