Confinement : comment les « aemo » été assurées ? / La « vision sociale » de la ministre de l’insertion / Le social et le handicap relégués ?

Protection de l’enfance, un pont jeté par-dessus le confinement

Pendant deux mois, les travailleurs sociaux de la protection de l’enfance n’ont pas pu passer au domicile de certaines familles dont les enfants sont pourtant protégés, sur décision de justice explique le journal La Croix. Mais cela n’a pas empêché certaines associations d’innover.

La journaliste Emmanuelle Lucas a rencontré les éducateurs de l’ADSEA77, une association basée à Dammarie-les-Lys en Seine-et-Marne. Neuf travailleurs sociaux sont chargés d’assurer le suivi de 250 enfants dans le cadre de mesures d’action éducative en milieu ouvert (AEMO). Comment ont-ils travaillé pendant la période de confinement ? L’équipe s’exprime à micro ouvert et nous raconte de belles expériences

« Nous avons suivi toutes les familles par téléphone, avec plusieurs appels par semaine pour certaines. Et quand elles ne répondaient pas, il nous est arrivé d’aller frapper aux portes », détaille le chef de service. « Il a aussi fallu remédier aux difficultés matérielles. « Nous avons vite compris que l’organisation des repas, et leur coût, pouvait être source de tensions. Ce n’est pas du tout notre travail, mais nous avons fait le choix de louer un camion, composer des paniers de produits donnés par la Banque alimentaire, et commencé les distributions sur les paliers et le seuil des pavillons », explique Emmanuel Postigo. « Ensuite, le CCAS a pris le relais ».

Les initiatives ont porté leur fruit. La glace s’est un peu rompue et certaines familles d’abord méfiantes, se sont progressivement ouvertes. « En plus, comme on télétravaillait, elles se sont rendu compte qu’on avait des enfants nous-mêmes. On s’est retrouvées sur un pied d’égalité, avec les mêmes problèmes de devoirs à faire », sourit Delphine, l’assistante sociale. (lire l’article de la Croix)

« Virage social » : Brigitte Klinkert, la ministre de l’Insertion qui voulait conditionner le RSA à du bénévolat

Le journal Marianne rappelle que « la nouvelle ministre de l’Insertion, Brigitte Klinkert, s’est distinguée en tant que présidente du conseil départemental du Haut-Rhin en instaurant un dispositif imposant, puis incitant les bénéficiaires du RSA à travailler bénévolement pour toucher leurs allocations ».

Elle avait instauré un dispositif intitulé « RSA et bénévolat ». Il devait initialement être obligatoire mais, il ne respectait pas la loi et cet engagement est devenu facultatif. Le journaliste  Louis Nadau rappelle qu’à l’époque Le préfet l’avait estimé cette décision illégale et l’avait attaquée devant la justice administrative, qui lui avait donné raison en octobre 2016 et annulé la délibération du conseil départemental, tout comme la cour d’appel de Nancy en avril 2017.

Mais un arrêt du Conseil d’Etat du 15 juin 2018 avait finalement autorisé le département à exiger une contrepartie des bénéficiaires du RSA. L’article ne précise pas que le Conseil d’Etat avait constaté une erreur d’appréciation du préfet qui n’avait pas utilisé le bon argument alors qu’il aurait été suivi s’il avait simplement expliqué dans son recours le caractère obligatoire, systématique, non personnalisé, sans tenir compte de l’avis de la personne de cette obligation de bénévolat. Cela aurait alors permis de justifier cette annulation.

Quoi qu’il en soit il y a dans cette façon d’agir de la présidente du Département une volonté de contraindre à une  activité des personnes qui sont considérées comme « assistées » et non comme des personnes en capacité de se positionner elles mêmes. L’insertion de cette façon là, ça ne marche pas.  (lire l’article de Marianne)

Gouvernement Castex : le social et le handicap relégués

Ce titre d’un article des ASH peu paraitre un peu prématuré tant que les secrétaires d’État n’ont pas été nommés. la journaliste Sophie Massieu constate toutefois que « la formation du premier gouvernement Castex a livré ses premiers enseignements. L’ordre protocolaire égrené depuis le perron de l’Élysée témoigne que la question sociale risque de ne pas être au premier rang des préoccupations des deux dernières années de mandat d’Emmanuel Macron »

« Nul ne sait pour l’heure si les personnes handicapées conserveront un représentant. C’était jusqu’à présent Sophie Cluzel qui portait le dossier. Elle était rattachée au Premier ministre, signe de la dimension transversale de sa mission »…/… Le sort réservé aux personnes âgées, qui n’avaient pas de responsable gouvernemental dédié, reste lui aussi en suspens. (lire l’article des ASH)

.et aussi

 

photo : freepik.com

Cette sélection d’articles a été réalisée avec l’aide de Michelle Verrier Flandre

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