Revue de presse | Budget à risques pour les pauvres / Réforme des DE : la FNEJE très déçue / De fortes tensions sur les recrutements

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Bonjour et bienvenue à cette revue de presse ! Cette semaine, elle explore les effets sensibles du projet de budget 2026 sur les familles les plus modestes. Nous parlons aussi de la réaction des éducatrices et éducateurs jeunes enfants face à  la réforme des diplômes de niveau 6. Il est aussi question cette semaine des tensions croissantes pour recruter dans nos métiers.. Sans oublier les multiples liens susceptibles de vous intéresser. Bonne lecture !

 


Budget 2026 : les domaines à risque pour les plus pauvres

C’est un article signé par six journalistes du Monde. Il est particulièrement bien documenté : Trois mois après la publication par l’Insee d’une hausse record de la pauvreté en France, le budget 2026 présenté par le gouvernement ravive les craintes d’un creusement des inégalités. Les mesures d’économie inscrites dans les projets de lois de finances et de financement de la Sécurité sociale risquent d’affecter de plein fouet les ménages les plus modestes.

Certaines hausses symboliques sont prévues pour l’aide alimentaire, la lutte contre le sans-abrisme ou le pacte des solidarités. Mais il faut compter sur le gel de l’ensemble des prestations sociales — RSA, retraites, APL, AAH, allocations familiales — représenterait à lui seul près de 3,8 milliards d’euros d’économies. Selon l’économiste Pierre Madec (OFCE), ce gel ferait diminuer le revenu des plus pauvres d’environ 1 %, aggravant un décrochage déjà sensible entre le niveau de vie de ces ménages et celui du salaire minimum.

Cet article du journal Le Monde pointe aussi la vulnérabilité de certains publics, à commencer par les étudiants étrangers extracommunautaires non boursiers, qui perdraient leur droit aux aides au logement. Près de 266.000 jeunes, souvent parmi les plus précaires, seraient concernés. Pour L’Union étudiante, cette exclusion viendrait s’ajouter à des frais d’inscription déjà bien plus élevés que pour les étudiants européens, et pourrait pousser certains à l’extrême précarité, voire à la rue.

Autre sujet d’inquiétude : le doublement des franchises médicales. Ces restes à charge, déjà augmentés en 2024, toucheraient davantage les foyers modestes, avec le risque de renoncements aux soins. Bien que 18 millions d’assurés soient théoriquement exonérés, la couverture reste incomplète : seuls 56 % des éligibles bénéficient effectivement de la complémentaire santé solidaire. Pour de nombreuses personnes handicapées ou aux revenus très faibles, la hausse de quelques euros sur chaque acte médical pourrait peser lourd dans un budget déjà contraint.

Enfin, cet article décrit une série de coupes budgétaires qui affecteraient les dispositifs d’insertion et le logement social. L’aide à l’insertion par l’activité économique reculerait de 200 millions d’euros, entraînant la perte de parcours d’accompagnement pour 60 000 personnes. Les bailleurs sociaux, eux, alertent sur un manque à gagner estimé à 750 millions d’euros, au détriment de la rénovation et de la construction de logements à loyers accessibles. Autant de décisions qui, selon les associations, fragiliseraient encore un tissu social déjà sous tension.  (Lire l’article du Monde)

 


Réforme des diplômes du travail social : « la fin du diplôme d’État des EJE », dénonce la FNEJE

La FNEJE dénonce une réforme du diplôme d’État d’éducateur de jeunes enfants (DEEJE) menée selon elle sans réelle concertation. Le journal « les pros de la petite enfance » résume la déception et la colère de l’association professionnelle. La Fédération constate que la formation perd en spécificité : le nombre d’heures dédiées à l’accompagnement du jeune enfant est considérablement réduit. Le référentiel professionnel, bien qu’organisé en quatre blocs de compétences, tend à diluer les compétences propres au métier au profit d’une approche plus généraliste du travail social.

La Fédération reconnait le maintien partiel de la spécificité de la formation grâce à la mobilisation collective, empêchant une dispense totale des cours pour les titulaires d’autres diplômes du travail social. Toutefois, elle pointe une « injustice persistante » : les professionnels diplômés avant 2021, malgré leur expérience, ne bénéficient pas du grade licence, alors que certains universitaires extérieurs à la profession sont dispensés de parties du cursus.

Enfin, la FNEJE s’alarme de la transformation de l’épreuve finale, le mémoire professionnel étant remplacé par un dossier réflexif nettement moins exigeant et ni formateur. Elle y voit une perte de rigueur intellectuelle et une remise en cause de la reconnaissance nationale du diplôme. Elle dénonce ainsi un véritable retour en arrière pour le métier d’éducateur de jeunes enfants et plus largement pour les formations en travail social. (lire l’article des pros de la petite enfance) (télécharger le communiqué de la FNEJE)

L’Association Nationale des Assistant(e)s de Service social avait de son côté élaboré une série de propositions. Elles n’ont pas été retenues. L’ANAS dénonce un déni des expertises professionnelles (lire les propositions de l’ANAS)

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Les tensions au recrutement particulièrement fortes pour les assistants sociaux et les cadres socio-éducatifs

Cet article signé Benjamin d’Alguerre publié par Les ASH, s’appuie sur une étude de la Drees. Elle confirme « les fortes tensions de recrutement » dans le secteur social. En moyenne, il faut 1,4 offre d’emploi pour réussir une seule embauche, soit près de trois fois plus que dans d’autres secteurs.

Huit recrutements sur dix y sont jugés « difficiles ». Cette pénurie durable de candidats, concerne notamment dans les métiers du domicile et de l’aide sociale à la personne. Leur manque d’attractivité se conjugue à des salaires bas et à des conditions de travail éprouvantes.

Les professions les plus affectées sont celles d’aides à domicile, d’aides ménagères et de techniciens de l’intervention sociale et familiale. Ces métiers concentrent la plus grande part des offres non pourvues, particulièrement dans certaines régions comme la Bretagne ou la Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Les cadres socio-éducatifs et les assistants sociaux sont également touchés : leur recrutement affiche un taux de tension presque aussi critique que celui des aides à domicile. Les assistants de service social et les conseillers en économie sociale et familiale connaissent eux-aussi de grandes difficultés, surtout en Île-de-France.

DREES tension de recrutement

À l’inverse, les professions d’accompagnement éducatif, comme celles d’éducateurs spécialisés, d’éducateurs techniques ou de moniteurs-éducateurs, apparaissent globalement moins fragilisées. Leur indicateur de tension correspond  un marché de l’emploi plus fluide. Les éducateurs spécialisés, en particulier, semblent mieux résister grâce à une meilleure stabilité de l’emploi et une attractivité relative du métier. Toutefois, malgré ces disparités, l’article insiste sur un constat général : le travail social est globalement en sous-effectif, avec des recrutements majoritairement qualifiés de difficiles, révélateurs d’un déséquilibre structurel entre besoins sociaux croissants et reconnaissance professionnelle encore insuffisante.  Mais attention, les données de la DREES datent de 2022. La situation semble s’être dégradée depuis. (lire l’article des ASH – accès libre)

 


 

Dans le journal Le Monde ces derniers jours, il y a plusieurs articles susceptibles de vous intéresser.  (articles réservés aux abonnés).

 


 

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Vous êtes allé(e) au bout de cette revue de presse ? Bravo et merci ! Merci aussi à Michelle Flandre qui m’a aidé à la réaliser. 

 

Photo : Dmyrto_Z sur DepositPhotos

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Une réponse

  1. Oui est annoncée une réforme des diplômes et formations des métiers du travail social qui baisse le niveau des formations et présage un avenir sombre pour l’ensemble de l’exercice de ces professionnels. C’est très inquiétant.

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