Est-ce que « devenir SDF, ça peut arriver à tout le monde » ? / à Paris, le Samu Social sans présidence / Un conseiller Pôle Emploi « dérangeant »

«Devenir SDF, ça peut arriver à tout le monde»  ?

Il est courant d’entendre dire tout le monde peut devenir SDF. Cette affirmation sonne comme un avertissement ou vise à dénoncer l’insécurité sociale grandissante. Thibaut Besozzi, Docteur en sociologie à l’Université de Reims-Champagne Ardenne, revient sur ce sujet à travers un article paru sur le site The Conversation.

Cet universitaire rappelle qu’il n’y a « ni fatalité ni hasard » dans le fait de devenir un jour sans domicile. « Force est alors de constater que plusieurs déterminants sociaux favorisent la possibilité statistique de se retrouver à la rue, à tel point qu’il devient abusif de dire que cette situation peut arriver à tout le monde. Du moins n’a-t-on pas tous les mêmes risques de connaître cette expérience de survie »

43 % des personnes sans-domicile n’ont jamais eu de logement personnel indépendant. Cela suggère, écrit cet auteur, qu’il a lieu de prendre en compte la précarité endémique (héritée socialement) qui touche près de la moitié des SDF, c’est-à-dire la pauvreté socialement reproduite.

23 % des sans-domicile nés en France sont d’anciens enfants placés. Les femmes sont surreprésentées parmi les sans-domicile qui ont été placés durant leur enfance

C’est l’absence de « filet de sécurité familial » qui semble être le premier déterminant. « La solidarité familiale est généralement un levier primordial de protection contre l’exclusion, l’absence ou la faiblesse de ce filet de sécurité augmente fortement la probabilité de se trouver un jour en situation de rue (et d’y rester un temps) ». Plus de 50 % déclarent que l’un de leurs parents a connu une maladie, un accident grave ou est décédé. Les liens familiaux sont distendus pour de multiples raisons… Le site diffuse en outre la bande annonce du film « un jour ça ira » mis en salle en février 2018

à Paris, le Samu Social sans présidence

Lien Social nous informe que depuis octobre, l’État et la Ville n’ont pas trouvé d’accord sur une nomination du nouveau président du Samu social. L’État ‘appelle de ses vœux celle d’un haut fonctionnaire, la Ville celle d’une personnalité indépendante. « Si le Samu social est un Groupement d’intérêt public (GIP), son président doit avoir une liberté de parole pour présenter de façon objective la situation du sans-abrisme  », estime Bruno Morel, directeur général d’Emmaüs solidarité.

Les associations de lutte contre l’exclusion s’inquiètent aussi de l’intervention du ministère de l’intérieur dans la nomination du président du Samu social de Paris. Il a contré celle de l’ancien directeur de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), jugé trop critique sur la politique liée aux migrants.

Le Samu social rappelle par ailleurs sur son site la 3ème édition de la Nuit de la Solidarité. Elle aura lieu dans la nuit du jeudi 30 au vendredi 31 janvier prochain. Les parisiens ont répondu présents pour participer à ce décompte et cette sensibilisation sur le situation des personnes à la rue. Les inscriptions sont closes car le nombre de bénévoles nécessaires a déjà été atteint

Retrouvez le dossier complet du numéro 1264 de Lien Social : tempête sur le 115

Yann Gaudin, le conseiller Pôle Emploi au zèle dérangeant

Quel  personnage, ce conseiller de Pôle emploi qui a décidé d’informer largement les personnes  sur leurs droits. J’applique la loi dit-t-il et la loi est supérieure aux consignes de la hiérarchie. Conséquence ses relations avec sa Direction sont « assez tendues » explique France 3 Bretagne. Sa Direction lui reproche « d’avoir dépassé son périmètre d’intervention ».

Mais qu’a fait ce conseiller pôle emploi ? Yann Gaudin a  contacté l’ensemble des intermittents pouvant recevoir l’Allocation de Solidarité Spécifique (ASS) en Bretagne. Par un mail, il leur a expliqué l’existence de ce dossier et les a invités à le remplir pour faire valoir leurs droits. Au final il estime avoir fait récupérer 115.000 euros d’indemnités aux chômeurs concernés.

Mais ce sont surtout ses accusations qui semblent déranger. Le conseiller  déclare avoir subi « 25 cas de harcèlement ». Il dénonce des pressions en interne pour que ses initiatives personnelles cessent. Il n’exclut pas d’intenter une action aux prud’hommes. En mai 2019, il a été mis à pied cinq jours, puis arrêté plusieurs mois par son médecin. Il a repris le travail en septembre. Depuis il a remis le couvert, Il publie des articles sur son blog sur Médiapart expliquant en quoi Pôle Emploi ne respecte pas les règles internes ou la loi. (lire l’article de France 3)

et aussi

Petite enfance : en quoi va consister le parcours « 1.000 premiers jours » ?

Le secrétaire d’État à la protection de l’enfance Adrien Taquet pilote ce dispositif pour accompagner les parents de la grossesse aux deux ans de l’enfant. Il est interrogé par RTL.

Le secrétariat d’État a mis en place  en septembre dernier une commission d’experts présidée par le pédopsychiatre Boris Cyrulnik afin d’évaluer l’état de la recherche à ce sujet. Celle-ci a auditionné plusieurs professionnels de la médecine et de la famille, et est actuellement en train de rédiger ses recommandations.

Une consultation en ligne a également été lancée, elle est toujours disponible sur le site du ministère de la Santé. Près de 9.000 personnes y ont déjà répondu.  (lire l’article de RTL)

 

 

Photo : capture d’écran présentation du film « Un jour ça ira » de Stan et Edouard Zambeaux

Revue de presse réalisée avec le concours de Michelle Verrier Flandre

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