Vos propositions et demandes pour faire face à la violence et au manque de reconnaissance

Il est fréquemment indiqué que les travailleurs sociaux font des constats, ils se plaindraient sans faire de propositions. Il n’en n’est rien et en voici la preuve avec l’ensemble des propositions que vous avez formulé dans vos commentaires sur ce blog pour faire face  à la violence et à un certain « délitement » de la société. Vous souhaitez et demandez…

– Une meilleure reconnaissance des  travailleurs sociaux et de leurs fonctions. Une assistante sociale indique : « il faut que les pouvoirs publics agissent et reconnaissent notre rôle de soupape dans une société en crise » . Gaelle confirme « J avoue qu il devient dur de faire notre si beau métier dans des conditions où même les politiques, ministère… Nous oublient et referment les robinets ».

– L’encadrement doit se positionner : ainsi suite à des coups reçus, Martine indique des  » Réactions très différentes de ma hiérarchie qui a littéralement ignoré ce fait de violence la première fois malgré mon arrêt ! Et qui là deuxième fois a réagi rapidement et de façon adéquate mais a fini par ne par renouveler mon contrat ». ce qui lui fait  conclure : « L’éducateur doit être pris avec plus de considération et obtenir plus de soutien par sa propres hiérarchie et collègues ». Nadège va plus loin encore :  » directeurs et chefs de service se soucient peu de la sécurité des éducateurs, et la pression est très grande. Les violences sont banalisées d’une manière inquiétante ». Ce que confirme à sa manière Gaelle : »Je suis éducatrice et j ai subi une agression verbale assez violente pour me mettre KO de la part d un parent et la réponse de ma direction est : il faut comprendre le papa est déficient … Et cela fait parti de votre métier. »  Maïté et Emilie disent toutes 2 que »La conjoncture actuelle de violence doit être entendue par nos employeurs afin de pouvoir continuer d’assurer notre mission de protection de l’enfance sans craindre pour notre sécurité« .

– Que l’on apporte plus de moyens ou les réorganise différemment : C’est une collègue TISF qui parlera la première des restrictions budgétaires qui impactent directement leurs conditions d’intervention au sein des familles. Cette question est régulièrement abordée également par des cadres et directeurs d’établissements.

– Que l’on ne transige plus lorsque des faits de violence sont avérés. Continuer de proposer des visites alors que les coups, les menaces existent et continue voilà ce qu’l ne faut plus du tout accepter  nous dit Véronique. « Les employeurs ont l’obligation de protéger leurs salariés. Ils peuvent être poursuivis pénalement s’il leur arrive quelque chose et que rien n’avait été mis en place pour l’éviter, ou insuffisamment ». mais cela est relativisé : « Il y a encore malgré tout des employeurs qui mettent en place un certain nombre de protections et proposent un dispositif de soutien en cas d’agression » En tout cas la responsabilité de l’employeur est interrogée.

– Mieux défendre l’intérêt des enfants face aux demandes des parents. Marieke  pense que nous sommes dans un monde qui va à l’envers  » le droit du parent a largement tendance à primer sur le soi-disant « intérêt supérieur de l’enfant ». » dit-elle.  « Le parent prend un avocat. Il exige des droits de visite. Les enfants n’ont généralement qu’un travailleur social pour les défendre. » C’est peut être un peu excessif et on ne peut systématiser les situations mais la proposition d’un avocat pour l’intérêt de l’enfant peut être posée.

– Reconnaître la technicité des travailleurs sociaux : .. « A  quoi servent les rapports travaillés en équipe?  » nous dit une assistante familiale. Sylvie, éducatrice nous interroge sur ce sujet  » Est-ce que quelqu’un se pose la question de savoir si notre avis est bien pris en compte et comment notre travail de terrain est considéré ? »

– Mieux prendre en compte le sujet de la violence dans les formations : « la problématique de sécurité dans le travail social n’est absolument pas abordée dans les centres de formation (ou de manière superficielle à la travers le document des risques professionnels, sur lequel on passe à la vitesse de la lumière) » nous indique une collègue qui prépare le CAFERUIS pour devenir chef de service ou directeur adjoint.

Force et courage : (FOS E KOURAJ !) Une  collègue de la Guadeloupe vous fait cette proposition. Nous  » devons retrouver une autre qualité de relation avec les usagers. » « Commençons par partager nos visions et nos pratiques de ce travail social »  nous dit-elle.

Pour conclure ce message de Gérard qui, avant de partir à la retraite, nous apporte lui aussi des propositions qu’il pose sous forme d’exigence et de devoir :

 » – Vous devez prendre soin de vous et les uns des autres car vous êtes un rouage indispensable à notre société en étant les portes paroles et les protecteurs des enfants, les personnes handicapées, toutes les personnes fragilisées par la vie,

– Je vous demande de vous mobiliser et vous regrouper pour mettre en lumière le fait que notre société les protège un peu moins à chaque fois que des moyens d’action vous sont retirés

– Je vous demande d’exiger de la formation, de la réflexion pour continuer à être, au mieux, prêts à recevoir cette détresse des autres

– Je vous demande de vous battre pour être entendus comme les meilleurs observateurs du délitement des relations sociales et de la violence sociale que vivent les plus démunis

Amis éducateurs ne baissez pas les bras, ils ont besoin de vous, la société à besoin de vous, de votre action pour protéger, de votre révolte pour avancer. »

Je vous rappelle la manifestation cortège à Nantes prévu demain matin à L’appel intersyndical à une marche : « Ce drame questionne les conditions d’exercice du travail social en France comme en Loire-Atlantique. » Cet appel concerne tous les salariés du public et du privé. Rendez vous est donné à 10h30 place François 2 à Nantes pour une marche à la mémoire de Jacques qui passera devant le Tribunal, la Préfecture et le Conseil Départemental

Photo : une assemblée attentive et concernée lors de la réunion à Rezé (Nantes) hier soir sur l’avenir des métiers du travail social à l’initiative du  collectif Etusocial et de l’Association des Acteurs du Social, avec le soutien de l’ANAS 44

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