Didier Dubasque
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Une réforme du RSA irréaliste / Comment sécuriser Internet ? / Alerte rouge pour les droits des femmes

La nouvelle réforme du RSA est « complètement irréaliste », estime François Lenglet

Dans un récent éditorial diffusé par RTL, le journaliste économique François Lenglet souligne que le Revenu de Solidarité Active (RSA) remplit certes son premier objectif de lutte contre la grande pauvreté, mais échoue dans sa mission d’aider les bénéficiaires à retrouver un emploi. Selon un rapport de la Cour des comptes, rappelle-t-il, seulement 34% des bénéficiaires sont en emploi au bout de sept ans, souvent dans des postes précaires. La majorité de cette population est peu qualifiée et éloignée du marché du travail. L’accompagnement prévu pour les bénéficiaires est insuffisant, avec un conseiller suivant parfois jusqu’à 144 personnes, rendant difficile le respect des rendez-vous d’orientation.

Le gouvernement propose de faire effectuer des travaux d’intérêt général aux bénéficiaires, de renforcer l’accompagnement vers l’emploi et de sanctionner ceux qui ne remplissent pas leurs obligations. Le journaliste considère à juste titre ces plans comme irréalistes et similaires aux illusions de l’époque de Nicolas Sarkozy. Trouver un million d’emplois à temps plein pour ces bénéficiaires semble impossible, et un encadrement adéquat nécessiterait des moyens considérables que les départements et Pôle Emploi n’ont pas.

Parmi les bénéficiaires du RSA, 54% sont des femmes et la tranche d’âge la plus représentée est celle des 30-49 ans. Les principales difficultés rencontrées par ces personnes concernent la santé ou le handicap, ainsi que le découragement et le manque de confiance en soi. Près de la moitié d’entre elles sont au RSA depuis plus de cinq ans, mettant en lumière la nécessité d’une approche plus efficace et réaliste pour les aider à sortir de la précarité. Et là, on en est loin ! Le gouvernement n’est pas prêt à financer les mesures d’accompagnement. Il se limitera comme toujours à quelques exemples non significatifs de la réalité. (lire l’édito de RTL)

Un effet d’annonce qui entretient la musique populiste

 Sur ce même sujet, Renaud Dély, dans son édito politique sur France Info, souligne que les annonces du gouvernement concernant le RSA ne sont accompagnées d’aucun budget supplémentaire. Cela les réduit à un simple effet d’annonce sans réalité budgétaire. Il pointe le danger d’une absence de résultats concrets qui pourrait alimenter un discours populiste.

Renaud Dély cite à cette occasion le dernier livre de François Ruffin. Le député de la Somme rapporte les propos de citoyens rencontrés dans sa circonscription, critiquant les bénéficiaires du RSA comme des « assistés ». Aborder le sujet du RSA sans réformer son fonctionnement ou son budget pourrait renforcer ce genre de discours et s’éloigner des solutions nécessaires pour améliorer la situation des bénéficiaires. (lire l’édito de France Info)

 


Arnaques, cyberharcèlement, pornographie… Le contenu du projet de loi pour « sécuriser » Internet

Cet article de la croix résume les éléments essentiels du projet de loi qui vise à rendre internet plus sûr. Il y en a besoin dans de multiples domaines. Parmi les mesures envisagées, un filtre anti-arnaques sera mis en place pour envoyer des avertissements aux utilisateurs qui tentent d’accéder à des sites malveillants. Ce filtre, promesse d’Emmanuel Macron, passera par l’établissement d’une liste de sites frauduleux et des accords avec les opérateurs d’accès à Internet et les éditeurs de navigateurs web.

Le projet de loi prévoit un bannissement des cyberharceleurs. Cette disposition concerne la transcription du règlement européen sur les services numériques (DSA). Le gouvernement souhaite accompagner ces mesures d’une peine de bannissement. Ainsi, un juge pourra demander à un réseau social d’empêcher pendant une période de six mois, voire un an en cas de récidive, la réinscription d’une personne condamnée pour cyberharcèlement. Le but est de lutter contre le sentiment d’impunité en ligne et protéger les victimes, souvent des femmes.

Enfin, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) se verra confier le pouvoir d’ordonner le blocage et le déréférencement des sites pornographiques sans intervention d’un juge. L’Arcom sera également chargée de publier des lignes directrices pour définir les contours d’un système de vérification d’âge. Par ailleurs, le texte donne à l’Arcom le pouvoir de bloquer la diffusion en ligne de médias interdits dans l’Union européenne, notamment des sites de streaming non européens ayant diffusé des chaînes pro-russes malgré leur interdiction. (lire l’article de La Croix)

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Alerte rouge pour les droits des femmes : un département entier en danger

Le Val-d’Oise, département pilote pour de nouvelles mesures de protection contre les violences conjugales, risque de se retrouver très prochainement sans structures efficaces pour leur mise en œuvre. En 2021, les violences conjugales ont augmenté de 30% dans ce département, et deux féminicides ont déjà été déplorés depuis janvier 2023. Plusieurs victimes témoignent de l’absence de réponse des structures locales et se disent littéralement abandonnées.

Les structures d’accueil du Val-d’Oise sont débordées. Certaines enregistrent une augmentation des demandes de 245%. Elles demandent de ne pas être mises en avant sur les réseaux sociaux pour ne pas être submergées. De plus, le Tribunal de Pontoise ne parvient pas à traiter les dossiers de victimes dans des délais raisonnables. À Argenteuil, 4e plus grande ville d’Île-de-France, la Maison des femmes ne compte plus qu’une seule salariée pour plus de 110.000 habitants, et aucun assistant social n’a été présent pendant un an au commissariat.

Isabelle Rome, représentante du gouvernement, annonçait pourtant le 27 avril de nouvelles mesures pour lutter contre les violences faites aux femmes, dont le dispositif « Nouveau départ » visant à aider les victimes à quitter leur foyer. Ironiquement, le Val-d’Oise est de nouveau choisi comme département pilote pour la mise en place de ce dispositif. Sans moyens supplémentaires pour soutenir les travailleurs sociaux et les associations locales, les victimes resteront sans aide.

du cote des femmes

Photo extraire de la vidéo du site de la commission mobilisation Île-de-France

Comment en est-on arrivé là ?

Le collectif Héro.ïnes 95 a lancé cette alerte, rédigée et signée avec le soutien de la Commission de mobilisation pour le travail social. Il explique que l’association Du Côté Des Femmes, membre de la Fédération Nationale Solidarité Femme et actrice majeure de l’accompagnement des femmes victimes de violences dans le Val d’Oise, est en redressement judiciaire depuis le 28 mars dernier.  L’association fait face à un déficit de 1,2 million d’euros. Un plan de licenciement collectif concernant 18 postes sur 57 et un plan de restructuration, incluant la fermeture de deux structures d’accueil pour les femmes en danger, ont été annoncés le 20 avril 2023. Les salariés dénoncent la mauvaise gestion de la direction et le manque de moyens financiers de l’État, ainsi que les conséquences désastreuses de cette restructuration sur la prise en charge des femmes et des enfants co-victimes.

Les postes au LEAO (Lieu d’Accueil d’Ecoute et d’Orientation), indispensables pour accompagner les familles dans leur protection, sont également menacés par une réduction de moitié de leurs effectifs. En 2021, ces services, déjà surchargés, ont reçu plus de 2 000 femmes. L’association, présente depuis 40 ans dans le département, est la seule de son genre sur le territoire, et sa disparition augmenterait le risque de féminicides pour les femmes victimes de violences conjugales.

Les salarié(e)s, qui se sentent abandonnés, déclarent n’avoir reçu aucun soutien de la Fédération Nationale Solidarité Femmes, de la Fondation des Femmes ou des pouvoirs publics. Ils – elles dénoncent cette situation comme scandaleuse, étant donné que les violences faites aux femmes sont une grande cause nationale des quinquennats présidentiels. Les licenciements envisagés ne feraient qu’accentuer la précarité des employés, majoritairement des femmes. Les salariés manifestent leur refus face à ce plan de licenciements et de restructuration.

 


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Vous êtes allé(e) au bout de cette revue de presse ? Bravo et merci ! Un grand merci aussi à Michelle Flandre qui m’a aidé à la réaliser.

Photo en une : capture d’écran de l’intervention vidéo de françois Lenglet sur RTL 

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